JO 2021 : défaites, blessures, changement de staff... Retour sur les deux ans qui ont mené Teddy Riner à la médaille de bronze à Tokyo

Il visait l'or, mais le judoka français a finalement décroché le bronze. Ce semi échec  au Japon est l'une des conséquences d'une préparation pleine de rebondissements.

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Teddy Riner savoure sa médaille de bronze, conquise à Tokyo le 30 juillet 2021, sa quatrième médaille olympique en carrière. (FRANCK FIFE / AFP)

Une quatrième médaille, mais pas celle espérée. Le sourire affiché par Teddy Riner à l'issue de son combat pour la médaille de bronze, le 30 juillet 2021 face au Japonais Hisayoshi Harasawa, était celui du soulagement. Tombé quelques heures plus tôt en quarts de finale du tournoi olympique face au Russe Tamerlan Bashaev, Teddy Riner a su se remobiliser. S'il n'a pas égalé le Japonais Tadahiro Nomura et ses trois titres olympiques, il est malgré tout devenu le judoka le plus médaillé des Jeux chez les hommes (deux médailles en or, deux en bronze). À l'image de cette compétition, les deux dernières années furent semées d'embuches pour le Guadeloupéen.

Fin 2018, la reprise après un an de pause

Depuis plus de dix ans et son premier sacre mondial, Teddy Riner se dédie corps et âme à son sport. Mais son corps commence à montrer des signes de fatigue. Alors fin 2017, le décuple champion du monde prend la décision de s'arrêter, de marquer une pause dans sa carrière, loin des tatamis. Il profite de ce temps suspendu pour profiter de ses proches et pour se reposer. Mais il a toujours en tête un objectif : la médaille d'or à Tokyo aux prochains Jeux olympiques.

Un an plus tard, le judoka renfile le kimono. La tâche est rude. Habitué à perdre des kilos après ses vacances, il doit en faire disparaître une bonne vingtaine (il faisait 166 kilos à cet instant, alors que son poids de forme tourne autour de 140 kilos) et doit se remettre en condition physique. Un immense chantier se dresse alors devant lui.

Juillet 2019, reprise de la compétition

Cela faisait vingt mois que le Guadeloupéen n'avait pas combattu en compétition. Vainqueur du Grand Prix de Montréal, son retour sur les tatamis est plutôt encourageant. Sa victoire lui permet de conserver son invincibilité, qui dure depuis dix ans. Mais il a conscience que le chemin vers Tokyo est encore long. Le judoka en a la preuve quelques mois plus tard, en octobre, au tournoi de Brasilia. Malgré sa victoire, il participe à son plus long combat en dix ans. "Ça a été une vraie alerte", a réagi son entraîneur Laurent Calleja, dans le documentaire produit par France Télévisions, Teddy Riner, la quête.

Février 2020, première défaite depuis dix ans

L'alerte de Brasilia s'est confirmée cinq mois plus tard. Au Master de Paris, Teddy Riner s'incline pour la première fois depuis dix ans. "Je n'étais pas bien, je n'étais pas prêt", a-t-il confié dans le même documentaire. Mais ce coup dur a fait partie de son chemin de préparation vers Tokyo. Et l'a reboosté… avant un nouveau coup de massue, celui du report d'un an des JO de Tokyo. Si la nouvelle est dure à encaisser, le judoka reste focalisé sur l'or olympique qu'il vise encore une fois.

Octobre 2020, un nouveau fonctionnement

À huit mois des Jeux olympiques, et après une deuxième défaite à Brest lors des championnats de France par équipes en octobre 2020, il opte pour une nouvelle organisation sportive. Un choix risqué si proche des JO. "Je me suis posé les vraies questions, et quand je suis revenu de cette longue retraite (il s'est isolé après sa défaite à Brest), j'ai dit que ça allait être comme ça, comme ça et comme ça si je veux être champion olympique. Si vous pouvez me suivre, très bien, si vous ne pouvez pas, alors je change", a expliqué Riner. Il décide ainsi de changer de préparateur physique et de sparring-partners, de consacrer moins de temps aux médias et de commencer une nouvelle méthode de travail, celle de l'activation neurologique. Celle-ci, réalisée avant chaque entraînement, est un enchaînement d'exercices qui a notamment pour objectif de travailler sur la concentration et la précision des gestes. 

Février 2021, la blessure au genou

À cinq mois des Jeux, fin février, alors qu'il participe à un stage technique au Maroc, Teddy Riner se blesse au genou. Cette blessure, provoquée par un randori (combat d'entraînement) de trop, déclenche la colère du Guadeloupéen envers son staff. "Je leur en veux car sur une reprise, on ne met pas six randoris, c'est débile", s'agace-t-il dans le doc Teddy Riner, la quête. Le verdict est lourd : le ligament croisé postérieur est déchiré. Deux mois d'arrêt sont nécessaires pour une cicatrisation complète. Une fois ce délai respecté, le judoka renfile le kimono et reprend sa préparation olympique tout en continuant une rééducation sérieuse.

Les semaines suivant sa blessure, Teddy Riner ruse pour la cacher et éviter ainsi que la nouvelle ne se répande chez ses adversaires. Mais ses efforts n'ont pas été suffisants pour l'emporter et égaler l'exploit du Japonais Tadahiro Nomura, le seul judoka triple champion olympique de l'histoire (1996, 2000 et 2004). Il devient néanmoins le judoka le plus médaillé de l'histoire chez les hommes, avec une quatrième médaille individuelle en autant de Jeux olympiques, le regard déjà tourné vers une cinquième édition des JO : dans trois ans, à Paris.

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