JO 2021 : la folle histoire de l’épéiste Romain Cannone, invité de dernière minute et champion olympique

Appelé de dernière minute en équipe de France d’escrime, Romain Cannone a créé la surprise en décrochant la médaille d'or en épée.

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France Télévisions
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Romain Cannone exulte avec ses entraîneurs après son titre olympique, le 25 juillet 2021. (MOHD RASFAN / AFP)

Au matin de ce 25 juillet, si vous tapiez "Romain Cannone" dans Wikipédia par curiosité, l'encyclopédie en ligne n'aurait rien affiché. Cela a-t-il donné des ailes au jeune escrimeur français qui, au terme d'un parcours d'anthologie, est allé chercher une médaille d'or inespérée en épée ?

Quoi qu'il en soit, le 47e mondial a pris son envol olympique au Makuhari Messe de Tokyo, de quoi ajouter une belle ligne à sa toute nouvelle page Wikipédia, créée dans la matinée après son exploit en quarts de finale. Pas mal pour un athlète qui n'était même pas sélectionné pour les Jeux il y a un mois de cela.

Le macaron et l'épée

S'il est né dans la périphérie parisienne, Romain Cannone n'a retrouvé la France qu'en 2016. Après avoir grandi au Brésil mais surtout aux États-Unis, où ses parents tenaient plusieurs "Macarons Cafés" à New York, l'épéiste a rejoint l'hexagone à l'adolescence avec un objectif : intégrer la prestigieuse équipe de France d'escrime, référence mondiale d'un sport découvert quelques années plus tôt chez l'Oncle Sam. Direction le CREPS de Reims donc, pour celui qui voit sa discipline comme un jeu d'échecs où l'intelligence est aussi importante que les aptitudes physiques.

En parallèle de ses études à la Skema Business School de Lille, le droitier Cannone a alors peaufiné sa formation d'épéiste. Mais c'est surtout en équipe qu'il brillait jusqu'ici, participant notamment au sacre de 2015 aux championnats d'Europe juniors. En 2019, l'épéiste confiait avoir franchi un cap après sa belle deuxième place lors d'une étape de Coupe du monde à Paris, mais le staff tricolore le jugeait encore un peu frêle. Pour les Jeux de Tokyo, c'était donc en qualité de remplaçant en vue des épreuves par équipes qu'il faisait partie des mousquetaires tricolores. Jusqu'à l'appel du 18 juin.

En coupeur de têtes

Ce jour-là, l'épéiste Daniel Jérent, sélectionné en individuel, a été écarté par la Fédération française d'escrime à un mois des JO en raison d'un contrôle positif à un diurétique (un produit masquant) en novembre 2020. Sur la touche, Romain Cannone s'est ainsi retrouvé qualifié pour les JO. Déjà belle, l'histoire a viré au rêve pour l'épéiste de 24 ans. D'entrée, Cannone a d'abord surpris en éliminant le Vénézuélien Ruben Limardo Gascon (15-12), champion olympique à Londres en 2012.

Pas rassasié par cette entrée en matière, le Français a enchaîné contre le Néerlandais Bas Verwijlen (15-11), tête de série n°7, avant d'écarter le Russe Sergey Bida, numéro 2 mondial, en quarts de finale, en se montrant offensif et audacieux. En demi-finales, c'est l'Ukrainien Igor Reizlin qui a subi la foudre de Cannone, encouragé par ses coéquipiers français en tribunes : "Ils me disaient 'Ne fais pas de saucisses !'. C'est marrant, c'est mon jeu, j'ai tendance à faire des saucisses de temps en temps mais quand je tiens bien, la pointe est là. J'y vais pour toucher et gagner".

Toucher, et gagner, c'est la recette qu'il a appliquée en finale face au Hongrois Gergely Siklosi, numéro un mondial, champion du monde et grand favori, mais balayé par Romain Cannone, qui réalise le gros coup de ce début de JO. 

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