JO 2021 - Athlétisme : Yohann Diniz et la fatalité olympique

Recordman du monde, champion du monde, champion d'Europe, Yohann Diniz a conclu ses quatrièmes et derniers Jeux olympiques dans la nuit de jeudi à vendredi de la même façon que les précédents : sans médaille et avec une désillusion à la clé.

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Yohann Diniz n'a pas réussi à aller au bout de son rêve olympique sur le 50 km marche, le 6 août à Tokyo.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Il avait tout mis en œuvre pour enfin décrocher sa première médaille olympique au moment de tirer sa révérence. Il avait même passé plusieurs mois à travailler en chambre thermique au Portugal pour préparer son corps aux conditions climatiques de Sapporo (85% d'humidité). Mais c'est encore la désillusion qui a accablé Yohann Diniz ce vendredi 6 août. Épuisé, ce dernier a jeté l'éponge à mi-parcours du dernier 50 km marche de l'histoire des Jeux olympiques.

Pékin, Londres, Rio et maintenant Tokyo

D'un signe des bras signifiant "c'est bon, j'arrête", le recordman du monde de la distance a mis fin à son calvaire après 2h15 passées à faire l'élastique entre le groupe de tête et l'arrière de la course. "J'ai essayé de ne pas trop partir comme un guerrier pour en garder pour la suite. Je ne me suis pas affolé quand je me suis fait décrocher du groupe de tête. Mais je subissais le bitume. Avant la course, j'avais mal au dos, au bassin et aux adducteurs. Je m'étais tellement fait mal à Rio et à Londres qu'avec le recul je n'aurais pas dû être là. Le corps ne voulait plus. C'était peut-être la compétition de trop", a-t-il réagi à chaud à notre micro, désabusé mais honnête.

Cette fois, c'est terminé pour Yohann Diniz qui s'assoit sur le bord de la route. Son aventure olympique et sa carrière vont s'arrêter là-dessus.

Du haut de ses 43 ans, le natif d'Épernay espérait avoir enfin éloigné ses démons. De son abandon dans l'humidité de Pékin en 2008, à ses ennuis gastriques de Rio en 2016 (8e à l'arrivée), en passant par sa disqualification à Londres, Yohann Diniz avait tout digéré. 

Le 13 août 2017, un an seulement après sa désillusion brésilienne, il avait dû attendre d'avoir 39 ans pour être sacré champion du monde pour la première fois. Son euphorie incontrôlable sur la ligne d'arrivée de Londres avait un air de déclic, comme le moment où il réussissait enfin à tordre le cou aux caprices du destin.

La dernière désillusion

Mais la résilience n'est pas toujours récompensée. Diniz en a eu la preuve lors des derniers Mondiaux à Doha en 2019, avec un autre abandon. Cette fois, c'est la chaleur extrême du Qatar qui avait eu raison de lui, après seulement 16 kilomètres de course. Malgré cette alerte, la volonté d'écrire la dernière page de sa carrière à Tokyo était trop forte, inaltérée malgré l'imbroglio du report. Tel Sisyphe, Yohann Diniz a retenté de porter son rocher jusqu'au sommet de la montagne pour encore dévaler la pente avant d'atteindre son objectif.

À la différence du fils d'Eole, la fatalité qui accable le marcheur tricolore n'est pas éternelle. Ce dernier a confirmé qu'il ne rechausserait plus les chaussures et n'épinglerait plus de dossard en compétition, éloignant toute perspective d'une nouvelle désillusion aux JO. "Des Jeux olympiques, je ne garderai pas un grand souvenir. Malheureusement, je n'écrirai pas une page de l'athlétisme olympique. Mais j'ai tellement vécu de hauts et bas que je sais que je vais m'en remettre", s'est rassuré celui à qui l'on n'enlèvera pas son titre de champion du monde 2017, ses trois médailles d'or européennes (2006, 2010, 2014) et qui reste l'homme le plus rapide de l'histoire sur 50 km marche.

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