Infographies JO de Tokyo 2021 : athlétisme, natation, cyclisme sur piste... Cette édition est-elle particulièrement riche en records du monde ?

Karsten Warholm et Sydney McLaughlin ont battu le record du 400 mètres haies chez les hommes et chez les femmes. Les chronos s'affolent aussi dans le vélodrome avec quatre marques mondiales effacées mardi 3 août... Cette avalanche de records aux Jeux est-elle courante ?

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Le Norvégien Karsten Warholm pose près de son chrono en finale du 400 m haies des Jeux de Tokyo, après avoir établi un nouveau record du monde.  (CROSNIER JULIEN / KMSP / AFP)

Il a essayé d'arracher son maillot, mais sa fermeture éclair a freiné son début de strip-tease. Le Norvégien Karsten Warholm, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte et le ventre à l'air, peine à réaliser l'étendue de sa performance, mardi 3 août, sur le tartan du stade olympique de Tokyo. Ce gaillard de 25 ans vient de pulvériser le record du monde du 400 mètres haies (45"94), qu'il avait lui-même établi le mois dernier, sur une distance où la marque de Kevin Young en 1992 semblait inaccessible quelques semaines plus tôt. 

Le lendemain, mercredi 4 août, nouvelle scène incroyable avec le temps canon chez les dames de l'Américaine Sydney McLaughlin (51"46). D'où une question évidente : cette pluie de records est-elle exceptionnelle ?

Réponse courte : non. Lors des Jeux olympiques, on tourne toujours autour d'une trentaine de records du monde battus, tous sports confondus, qu'ils soient soumis au verdict du chronomètre (athlétisme, natation, cyclisme sur piste, aviron) d'un cumul de masses ou d'un total de points (haltérophilie, tir à l'arc, tir). Tokyo 2021, avec encore quatre jours de compétition, s'inscrit dans la moyenne. 

Ces records se concentrent sur un petit nombre de disciplines, six à Tokyo à ce jour (tir à l'arc, athlétisme, cyclisme sur piste, haltérophilie, aviron, tir, natation), autant à Rio, huit à Londres ou à Athènes, ou encore cinq à Pékin. Parmi elles, la natation reste sur une série solide : selon le site spécialisé SwimSwam (article en anglais), des records planétaires ont été battus dans les bassins olympiques à chaque édition des Jeux depuis 1952. Les statisticiens du site relèven quelques années blanches, notamment 1936 et 1948. Et un cru exceptionnel : l'édition 2008 des Jeux dans le Water Cube de Pékin spécialement conçu pour favoriser les records, et où les nageurs arboraient tous (ou presque) des combinaisons en polyuréthane conçues par la Nasa. Certains jours, six records du monde étaient effacés des tablettes.

Quid de l'athlétisme, discipline reine des Jeux ? A Tokyo, c'est là où l'effet combiné de la piste conçue pour faire bondir les athlètes et les nouvelles chaussures avec lame de carbone pourraient marquer l'histoire des JO, si d'autres records étaient battus. Les sprinters sont en tout cas partis sur des bases très élevées, alors que de nombreuses finales, notamment en relais, n'ont pas encore été disputées.

Même topo en cyclisme sur piste, où le vélodrome rapide en bois sibérien, l'air humide (plus facile à fendre, selon les experts) et les améliorations des vélos toujours plus légers provoquent une flambée de records, depuis que le Royaume-Uni a fait de cette discipline sa chasse gardée en 2012.

Des statistiques décoiffantes très dépendantes de la technologie : la plupart des records en aviron ont été établis lors de la dernière décennie, relevait The Economist (article en anglais). Les améliorations technologiques des bateaux y sont pour beaucoup. Idem en tir à l'arc, où les records (et les médailles) sont la chasse gardée des archers sud-coréens, grâce au solide coup de main apporté par le constructeur automobile Hyundai pour la conception des arcs. En haltérophilie, c'est plus fluctuant, avec les années fastes (10 records en 2004) et celles des vaches maigres (un seul cette année).

Sans parler du serpent de mer du dopage. En athlétisme, depuis 1989, aucune athlète n'a amélioré de record du monde sur 100 m, 200 m, 400 m, saut en longueur, saut en hauteur, lancer du disque et heptathlon, relève le Guardian (article en anglais). Au point que la fédération internationale, l'IAAF, a sérieusement caressé l'idée de faire table rase du passé, en 2017, et de repartir sur une feuille blanche de records. Avant d'y renoncer... Pour le moment. Encore à Tokyo, les seules disciplines avec une marge de progression, le 400 m haies et le triple saut féminins, ont vu leur record tomber cette semaine.

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