Qui va assumer la responsabilité de l'accident de Koh Lanta ?

Gerald Babin, 25 ans, est mort d'une crise cardiaque au Cambodge dès la première épreuve. Anciens candidats et avocats parlent de l'encadrement du jeu au lendemain du drame.

La plage où avait commencé le tournage de \"Koh-Lanta\" en mars 2013, sur l\'île de Koh Rong, au Cambodge.
La plage où avait commencé le tournage de "Koh-Lanta" en mars 2013, sur l'île de Koh Rong, au Cambodge. (FRANCK FIRMIN-GUION / TWITTER)

Gérald Babin n'avait que 25 ans, paraissait en pleine forme et pourtant, il est mort dès la première épreuve du jeu de téléréalité "Koh Lanta" vendredi 22 mars. Au lendemain de l'annonce de son décès, certaines questions restent posées :  toutes les précautions ont bien été prises. Avocats et anciens candidats ont tenté d'y répondre dans différents journaux.

"Les candidats se donnent à fond. A dire vrai, je craignais un peu qu'un jour il n'arrive quelque chose". Tony, 67 ans, sait de quoi il parle dans les colonnes du Parisien. Il a participé au jeu à deux reprises, en 2003 et 2009. Toutefois il se dit surpris que le drame survienne "au tout début du jeu""A ce moment-là, notre santé n'est pas encore altérée par l'accumulation de fatigue, les nuits sans sommeil, la faim, ta tension qui baisse peu à peu...", explique-t-il.

Une équipe médicale "au top" mais des failles

C'est le premier décès dans un jeu de téléréalité français, mais les jumeaux de Koh Lanta à l'étranger en ont déjà essuyé. Ainsi, un bulgare est mort de crise cardiaque aux Philippines et un Pakistanais s'est noyé en Thaïlande.

Pour prévenir ces accidents, les participants disposent d'une équipe médicale "qui est au top" capable d'"opérer en urgence en cas de problème", selon un autre concurrent, Moundir. Il souligne aussi qu'"avant de partir, on subit tous les examens possibles : electrocardiogrammes, tests pour vérifier que vous n'avez pas d'hépatite, le sida..."

Mais, selon un autre article du Parisien, "seuls les candidats âgés de plus de 40 ans passent un test d'effort". Un point que souligne Tony : "J'ai remarqué qu'on ne demande pas de test d'effort pour tout le monde, notamment les jeunes. Le médecin ne m'en a demandé un que la deuxième fois, à 64 ans".

Un contrat de travail examiné à la loupe

Les conséquences juridiques et financières risquent donc d'être lourdes pour la boîte de production de l'émission, à lire le témoignage de l'avocat Jérémie Assous dans le Figaro. Le jeune juriste qui s'est rendu célèbre pour avoir fait requalifier des accords liant le producteur aux candiats de "l'Ile de la tentation" en contrats de travail, estime que "les familles peuvent déjà vérifier si les conditions de travail étaient conformes à la législation en vigueur. Je rappelle qu'en France on n'a pas le droit de travailler plus de huit à dix heures par jour, ni sept jours sur sept. Ce qui est rarement le cas sur Koh-Lanta".

Pour lui, "si un candidat décède durant une émission, l'accident doit être qualifié en accident du travail puisque les participants sont considérés comme salariés". Bref, "je pense que cela peut se terminer par un dédommagement. En termes d'image de marque, c'est une situation assez terrible pour le producteur, qui est responsable mais aussi la chaîne".

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