Ce que l'on sait de la mise en examen de Christian Quesada, champion des "12 Coups de midi"

Cette figure bien connue des téléspectateurs possédait des centaines d'images et vidéos pédopornographiques sur ses ordinateurs. Il risque jusqu'à sept ans de prison.

Christian Quesada, photographié le 23 novembre 2017 à Hauteville-Lompnes (Ain), lors de la sortie de son autobiographie.
Christian Quesada, photographié le 23 novembre 2017 à Hauteville-Lompnes (Ain), lors de la sortie de son autobiographie. (MAXPPP)

Au fil de ses passages télé, Christian Quesada avait amassé la coquette somme de 800 000 euros, dont une partie en cadeaux. Un parcours incroyable qui lui a valu une grande notoriété chez les téléspectateurs. Ce que le public ignorait, c'est que l'ancien candidat de l'émission de TF1 Les 12 Coups de midi avait un passé judiciaire et qu'il possédait des centaines d'images pédopornographiques sur ses ordinateurs.

L'homme de 54 ans a été mis en examen et écroué pour "corruption de mineur" et "détention et diffusion d'images pédopornographiques", mercredi 27 mars. Placé en garde à vue lundi, il a reconnu les faits. Il a été placé en détention provisoire à l'issue de sa mise en examen et risque désormais jusqu'à sept ans de prison ferme.

Que lui est-il reproché ?

Fin 2017, peu après le départ du candidat du jeu, une adolescente aurait dénoncé un homme pour "tentative de corruption de mineur", après une discussion en ligne où ce dernier s'était fait passer pour un mineur. "Il lui demandait de se dévêtir, de lui envoyer des photos dénudées et lui a fait des propositions ouvertement sexuelles", explique le procureur de Bourg-en-Bresse, Christophe Rode. "La difficulté a été de remonter jusqu’à l’auteur de ces messages, de l’identifier. Monsieur Quesada faisait bien sûr cela avec un pseudonyme."

Qu'ont découvert les enquêteurs ?

Les gendarmes sont intervenus pour interpeller Christian Quesada lundi 25 mars, plus d'un an après les faits signalés. Ce délai est lié aux nombreux déplacements du quinquagénaire à l'étranger, selon les informations de RTL. Mais l'affaire n'en reste pas là, puisque les enquêteurs découvrent également sur ses ordinateurs des centaines d'images et de vidéos de mineurs et d'enfants subissant des viols et agressions sexuelles "qu'il échangeait avec d'autres internautes", précise le procureur de la République de Bourg-en-Bresse, Christophe Rode.

Christian Quesada est alors placé en garde à vue, durant laquelle il avoue les faits. Lors de l'interrogatoire, il explique "que c’est une source de satisfaction et de plaisir pour lui que de regarder ce genre d’images. Ce qui ne veut pas dire qu’il passe à l’acte", explique une source proche du dossier à LCI. "Il se rend compte de la gravité des faits mais explique avoir seulement consulté ces images et n'avoir jamais commis d'agression sexuelle", précise pour sa part le procureur. "Il était effondré, résigné même à un moment, mais il va rester combatif", a souligné son avocate, Mélanie Savournin, auprès du Parisien.

Avait-il des antécédents ?

Oui. Christian Quesada a déjà eu maille à partir avec la justice. Il y a une dizaine d'années, il a déjà été impliqué dans des "affaires concernant des mineurs", selon les informations du Parisien, confirmées par le procureur de la République de Bourg-en-Bresse à franceinfo.

Selon ce dernier, Christian Quesada avait été condamné pour des faits d'"exhibition sexuelle" et de "détention d'images pédopornographiques" en 2002 et 2009 en région parisienne. Des peines d'emprisonnement avec sursis avaient été prononcées à son encontre.

Quelles sont les conséquences immédiates de cette mise en examen ?

Au RSA avant sa participation au jeu de TF1, ce père célibataire de deux enfants, dont la vie a radicalement changé après ses nombreuses victoires, a publié son autobiographie, Le Maître de midi, en 2017 pour raconter son parcours. Mais après les révélations sur son cas, la maison d'édition J'ai Lu, qui a publié son autobiographie en poche, a décidé de retirer son livre de la vente, selon une information de BFMTV confirmée à franceinfo. "C'est une décision raisonnée et raisonnable", a commenté J'ai Lu, qui appartient à Flammarion.

Le présentateur des 12 Coups de midi, Jean-Luc Reichmann, a vivement réagi à l'annonce de cette information. "Je suis ce matin sous le choc et je ne peux qu’exprimer mon sentiment d’horreur, de dégoût et de colère", a-t-il notamment écrit sur Instagram. L'animateur a également fait part de son respect à la brigade des mineurs et à "toutes les personnes qui travaillent à combattre ces prédateurs qui peuvent, de près ou de loin, nous côtoyer".