L'incendie de Notre-Dame ne modifie en rien l'état de l'opinion des Français, selon un sondage

Après le report des annonces d'Emmanuel Macron, les Français restent largement favorables à la baisse de l'impôt sur le revenu et à la réindexation des retraites sur l'inflation.

Emmanuel Macron et Brigitte Macron sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 15 octobre 2019.
Emmanuel Macron et Brigitte Macron sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 15 octobre 2019. (MAXPPP)

Il n'y aura pas d'avant et d'après Notre-Dame de Paris en ce qui concerne les attentes des Français au terme du grand débat national : l'incendie de la cathédrale ne modifie en rien leur exigence à ce sujet .

Six Français sur dix pensent que le chef de l'État a eu raison de différer ses annonces. C'est ce que révèle le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 18 avril, après les révélations par la presse des mesures que devait annoncer le président de la République aux Français lundi, mais qui ont été repoussées après l'incendie.

Sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro. 
Sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro.  (STÉPHANIE BERLU)

77 % approuvent la baisse de l'impôt sur le revenu

Quatre des six mesures révélées remportent l'adhésion de six à huit sondés sur dix. Trois annonces sont particulièrement plébiscitées par les trois-quarts des personnes interrogées. La baisse d’impôt pour les personnes payant les premières tranches de l’impôt sur le revenu est approuvée par 77% des Français. 74% d'entre eux sont d'accord avec la réindexation sur l’inflation des retraites inférieures à 2 000 euros. Ces deux mesures rejoignent les préoccupations des Français recensées dans les enquêtes d'Odoxa-Dentsu Consulting. La suspension des fermetures d’écoles et d’hôpitaux jusqu’à la fin du quinquennat réjouit elle 74% des sondés.

6 Français sur 10 sont pour l'instauration partielle du RIC

Le président de la république devait également annoncer l’instauration partielle du Référendum d'initiative citoyenne (RIC), uniquement sur les sujets locaux, ainsi que l’allègement des conditions de mise en œuvre du référendum d'initiative partagée. Cette mesure est globalement bien perçue, mais moins massivement que les trois autres. Elle répond aux attentes de six Français sur dix (59%).

Les deux autres annonces, suppression de l'ENA et non remise en cause de la suppression de l'ISF, ne sont pas perçues comme étant essentielles. Seuls 37% des Français estiment que la suppression de l'ENA correspond à leurs attentes à l'issue du grand débat. Le maintien de la suppression de l'ISF est quant à lui fortement contesté par les personnes interrogées. 76% d'entre elles estiment qu'elle ne correspond pas à leurs attentes. Dans les précédentes enquêtes Odoxa-Dentsu Consulting sur les attentes des Français à l’égard du grand débat, revenir sur la suppression de l’ISF figurait en 5e position des attentes.

Les Français ne veulent pas travailler plus

Pour financer ces mesures, Emmanuel Macron et le gouvernement envisagent de faire travailler plus les Français. Là, le désaccord est profond. Trois personnes interrogées sur quatre sont opposées à la suppression d'un ou deux jours fériés (78%) ou au report de l'âge légal de départ à la retraite (70%).

En revanche, l'idée de revenir sur les 35 heures hebdomadaires laisse les Français très partagés. 50% d'entre eux y sont favorables.

Ces annonces, qui devaient clore le grand débat national, devaient être faites lundi 15 avril. Mais le chef de l'État les a reportées en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris. Selon notre enquête, pour six Français sur dix (61%), Emmanuel Macron a eu raison de différer sa prise de parole. Ce sont les proches de LREM qui sont le plus en accord avec le président. 93% d'entre eux l'approuvent. A l'inverse, ils sont 59% du côté de La France insoumise et 52% pour le Rassemblement national à estimer que le chef de l'Etat n'aurait pas dû repousser ses annonces.

Plus de la moitié souhaitent une trêve des "gilets jaunes"

Par ailleurs plus de la moitié des sondés, 54%, souhaitent que les "gilets jaunes" fassent une trêve et ne manifestent pas le samedi 20 avril. Cette proportion n'a pas évoluée depuis l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi. Dans l'enquête du 21 février, les Français étaient déjà 55% à demander aux "gilets jaunes" d’arrêter leur mouvement.

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 17 et 18 avril 2019, sur un échantillon de 1 003 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.