Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis : avant la semaine des prix littéraires, les pronostics sont ouverts

Les journalistes interrogés sont partagés. Ils sont aussi nombreux à prévoir l'attribution du Goncourt à Amélie Nothomb qu'à Jean-Paul Dubois.

L\'écrivain Jean Paul Dubois, en 2011
L'écrivain Jean Paul Dubois, en 2011 (ULF ANDERSEN / ULF ANDERSEN)

La semaine qui vient est la plus attendue et la plus redoutée des éditeurs. A partir du lundi 4 et jusqu'au vendredi 8 novembre, les jurys des prix Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis choisiront les lauréats des prix littéraires d'automne.

L'heure de la consécration va-t-elle sonner pour la romancière belge Amélie Nothomb, présente (et seule femme) dans le dernier carré de la sélection du Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone ? La réponse sera donnée lundi 4 novembre autour de 13H00 au restaurant Drouant à Paris quand Didier Decoin, secrétaire général de l'académie Goncourt, donnera le nom de l'auteur qui recevra, 100 ans après Marcel Proust, le prix.

Goncourt : Nothomb ou Dubois ?

Quatre auteurs sont en lice pour succéder à Nicolas Mathieu. Les finalistes du Goncourt sont Jean-Luc Coatalem, 60 ans, pour La part du fils (Stock), Jean-Paul Dubois, 69 ans, pour Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (L'Olivier), Amélie Nothomb, 53 ans, pour Soif (Albin Michel) et Olivier Rolin, 72 ans, pour Extérieur monde (Gallimard).

Comme chaque année, le magazine professionnel Livres Hebdo a interrogé 16 journalistes littéraires, dont celui de l'AFP, pour recueillir leur pronostic. Les journalistes sont partagés. Ils sont aussi nombreux à prévoir l'attribution du prix à Amélie Nothomb qu'à Jean-Paul Dubois. Une seule journaliste a avancé le nom de Jean-Luc Coatalem, également finaliste du Renaudot. A la question, qui mériterait le Goncourt ? les journalistes mettent en avant Jean-Paul Dubois devant Olivier Rolin.

Si Amélie Nothomb décrochait le Goncourt ce serait un événement. Depuis une trentaine d'années, la romancière belge est une locomotive de l'édition. Chacun des ses livres est un best-seller. Soif où la romancière se met dans la peau de Jésus juste avant sa crucifixion s'est déjà écoulé à 146.000 exemplaires.

Les surprises du Renaudot

Cinq auteurs dont la jeune primo-romancière Victoria Mas (Le bal des folles, Albin Michel) sont en lice pour le Renaudot. On trouve aussi l'écrivain franco-djiboutien Abdourahman Ali Waberi (Pourquoi tu danses quand tu marches?, JC Lattès). Outre Jean-Luc Coatalem, les autres finalistes sont Emma Becker (La maison, Flammarion) et Jean-Noël Orengo (Les jungles rouges, Grasset).

On restera prudent en se souvenant qu'en 2018 le jury du Renaudot où figurent notamment les iconoclastes Patrick Besson et Frédéric Beigbeder avait choisi Valérie Manteau pour Le sillon (Le Tripode), une romancière qui ne figurait pas dans la liste de ses finalistes.

C'est le 4 novembre que le président du jury Christian Giudicelli annoncera son lauréat. Le Renaudot doit également décerner un prix dans la catégorie essai.

Le très chic Femina

Le jury exclusivement féminin du prix Femina se réunira mardi 5 novembre dans un salon du Cercle de l'Union interallié. Six auteurs dont deux femmes sont en lice pour succéder à Philippe Lançon couronné en 2018 pour Le lambeau (Gallimard).

Les finalistes du Femina sont Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville d'Avray, Arléa), Michael Ferrier (Scrabble, Mercure de France), Luc Lang (La tentation, Stock), Sylvain Prudhomme (Par les routes, Gallimard), Alexis Ragougneau (Opus 77, Viviane Hamy) et Monica Sabolo (Eden, Gallimard).

Le Femina doit également décerner un prix pour un roman étranger et pour un essai.

Le Médicis et ses qualités littéraires affirmées

Le Médicis fera connaître son choix vendredi 8 novembre au restaurant La Méditerranée, place de l'Odéon. Huit auteurs sont en lice pour ce prix réputé pour couronner des oeuvres aux qualités littéraires affirmées. Le jury avait ainsi récompensé en 2018 le subversif Pierre Guyotat pour Idiotie (Grasset).

Les finalistes sont Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur, P.O.L), Brigitte Giraud (Jour de courage, Flammarion), Claudie Hunzinger (Les grands cerfs, Grasset), le jeune primo-romancier Victor Jestin (La chaleur, Flammarion), le finaliste du Femina Luc Lang, le primo-romancier Guillaume Lavenant (Protocole gouvernante, Rivages), Vincent Message (Cora dans la spirale, Seuil) et Christine Montalbetti (Mon ancêtre Poisson, P.O.L).

Le Médicis remettra également un prix pour un roman étranger et un prix pour un essai.