Trois choses à savoir sur Sorare, cette start-up française du secteur de la tech qui a réussi une levée de fonds record

L'entreprise, fondée en 2018, a développé un jeu d'échange de cartes numériques de joueurs de football, basé sur la technologie de la blockchain.

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France Télévisions
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Une capture écran du site de Sorare, le 22 septembre 2021. (SORARE)

C'est un record pour le secteur de la tech tricolore. La start-up Sorare, qui a créé un jeu en ligne d'échange de vignettes de joueurs de football, a annoncé mardi 21 septembre avoir levé 680 millions de dollars (580 millions d'euros). Qui sont ses fondateurs ? Comment est-elle parvenue à séduire les investisseurs ? Franceinfo vous en dit plus sur cette toute jeune "licorne".

1Une jeune entreprise promise à une croissance rapide

L'entreprise parisienne a été fondée en 2018 par Nicolas Julia et Adrien Montfort, deux salariés de la start-up Stratumn, qui a développé un processus basé sur la blockchain (une technologie qui permet de garder la trace des échanges effectués entre ses utilisateurs) permettant d'assurer la sécurité des échanges entre entreprises, ou au sein d'une même entreprise, rapportent Les Echos. Une expérience fondamentale, puisque les deux salariés vont réutiliser la blockchain avec Sorare. 

La start-up compte aujourd'hui 30 salariés, mais espère atteindre 200 salariés dès l'année prochaine. "Notre ambition est de créer le premier groupe au monde de divertissement dans l'univers du sport", a déclaré à l'AFP Nicolas Julia. La société cherche aussi à se positionner durablement aux Etats-Unis, où les marques de sports sont des actifs de grande valeur.

Sorare est rentable, et vise un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros en 2021, selon le quotidien économique. "Quand on voit la vitesse à laquelle Sorare se déploie, la manière dont il signe des partenariats avec de grands clubs pour utiliser l'image des joueurs... Il démontre une vitesse exceptionnelle de croissance et donc on a un leader européen" en vue, a estimé mardi sur franceinfo Guillaume Bregeras, chef du service "start-up" aux Echos.

2Un jeu innovant et addictif

Imaginez un croisement entre les albums Panini, les paris en ligne et les jeux vidéo Football Manager. Les utilisateurs du jeu de Sorare peuvent acheter et vendre des images numériques représentant des joueurs de foot, via un système d'enchères. La valeur des cartes dépend des performances des joueurs lors de matchs réels, mais aussi du nombre de cartes similaires en vente (il existe des cartes payantes uniques, et d'autres produites par 10, 100 ou 1 000). 

Les cartes sont des jetons non-fongibles (non-fungible token ou NFT, en anglais), c'est-à-dire des objets uniques. Un peu comme si vous possédiez un tableau dans la vie réelle. Comme les objets numériques peuvent être facilement dupliqués, la technologie de la blockchain permet d'authenthifier que vous êtes le possesseur de telle ou telle carte, comme un certificat d'authenticité le prouverait pour un tableau. 

Ces cartes sont vendues aux enchères par Sorare toutes les minutes : c'est comme ça que l'entreprise réalise ses gains (une partie des bénéfices des ventes allant également aux clubs auxquels appartiennent les joueurs des cartes vendues). Le record est détenu par une carte unique de Cristiano Ronaldo qui s'est vendue 280 000 dollars (238 644 euros). Il existe aussi une place de marché où les joueurs peuvent revendre et acheter leurs cartes entre eux. A noter que le site permet aux nouveaux utilisateurs de découvrir le jeu avec des cartes gratuites illimitées.

Une fois qu'un joueur possède des cartes, il peut les utiliser pour composer une équipe, comme dans n'importe quel jeu de "fantasy football". Si, sur le site, les montants sont indiqués en euros, les échanges monétaires sur Sorare se font en Ether, une cryptomonnaie. Il est donc impératif de posséder un portefeuille en cryptomonnaies pour pouvoir retirer ses gains.

3Un succès chez les investisseurs

L'entreprise revendique plus de 250 000 joueurs actifs, dont entre 30 000 et 40 000 possèdant une carte de joueur payante. Parmi ses ambassadeurs et actionnaires, on retrouve des stars du foot comme Gerard Piqué ou Antoine Griezmann.

Mais le jeu est surtout un succès chez les investisseurs : en étant valorisée 4,3 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros), Sorare revendique déjà la première place des "licornes" françaises (des sociétés non cotées en Bourse valant plus d'un milliard d'euros). Et les 680 millions d'euros récemment levés constituent un record pour la French Tech. Ce dernier était détenu jusqu'à maintenant par Contentsquare (analyse du comportement des internautes), avec une levée de 408 millions d'euros en mai dernier.

Comment expliquer ce succès ? "Sorare se positionne au croisement de deux secteurs très stimulants : les objets digitaux à collectionner et les 'fantasy sports' [jeux de sport virtuels]", justifie auprès de l'AFP Marcelo Claure, directeur général de SoftBank, qui a mené cette levée de fonds.

"La tech, de manière générale, est un domaine et un secteur sur lequel les investisseurs misent beaucoup. (...) Le gros avantage, c'est que Sorare est un peu le premier [de son secteur] à rentrer sur le marché" des NFT, avance aussi Guillaume Bregeras, chef du service "start-up" aux Echos.

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