"Ce festival est devenu initiatique" : avant la 25e édition, les organisateurs de Solidays partagés entre succès populaire et doutes face à l'avenir

Pour le festival parisien, l'année 2022 a été celle de tous les records. Alors que s'ouvre ce vendredi la 25e édition, les organisateurs pensent déjà à l'an prochain. Entre un contexte difficile pour les festivals, l'inflation et les Jeux Olympiques de Paris, l'avenir n'est jamais assuré.
Article rédigé par Yann Bertrand, franceinfo
Radio France
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Le destival Solidays à l'hippodrome de Longchamp en juin 2019. (DENIS TRASFI / MAXPPP)

C'est l'un des festivals incontournables pour les fans de musique d'Île-de-France et d'ailleurs. Coup d'envoi ce vendredi après-midi pour la 25ème édition de Solidays à l'Hippodrome de Longchamp à Paris. À l'affiche notamment cette année : Angèle, Juliette Armanet, SCH, ou Zaho De Sagazan.

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Ce festival associatif et militant, accueille toujours un public très jeune, de plus en plus mobilisé. Et si la lutte contre le Sida a été à l'origine de la fondation du festival par Solidarité Sida, les causes défendues sont aujourd'hui bien plus larges.

2022, une année difficile

Plus de décennies après les débuts, le fondateur Luc Barruet est toujours aussi motivé. Il a créé ce festival peu après la fin de ses études. Et malgré l'expérience acquise durant toutes ces années, il se remet encore de l'édition 2022, plébiscitée par le public, mais proprement éreintante : "2022 a été une année très difficile à organiser, peut-être la plus difficile. On est sortis de cette édition fatigués, donc il fallait relancer la machine et puis d'un seul coup, on se dit que ce sont les 25 ans qui arrivent. Comment on va faire aussi bien, voire mieux ?".

Le festival n'a pas été épargné par la crise du Covid-19 et les réflexions sur l'avenir. L'affiche, elle, reste grand public et actuelle, entre chanson, hip-hop et électro. Bigflo & Oli, Josman, Anetha, Mr. Oizo ou la superstar colombienne du reggaeton J. Balvin, en exclusivité française.

Un festival initiatique

Festival solidaire, Solidays a fait de plusieurs causes son ADN. Des défis du changement climatique à la lutte contre toutes les inégalités, avec des dizaines d'associations accompagnées et aidées tout au long de l'année. Et le public sait très bien ce qu'il vient y trouver : "On a une pression aujourd'hui qui est encore plus grande que la cause que l'on porte. C'est que ce festival est devenu initiatique. Ça nous dépasse. Il y a des jeunes de 10 ou 12 ans qui ne sont jamais venus et qui parlent de Solidays avec des trémolos dans la voix pour dire que c'est super et important. Ça nous confère des responsabilités encore plus fortes", glisse le fondateur du festival.

"On est là pour rappeler un certain nombre de choses, pour faire la promotion de valeurs. On défend le commun et le vivre-ensemble à une heure où ils sont sérieusement challengés."

Luc Barruet

à franceinfo

En 2022, le record de fréquentation a été battu avec presque 250 000 festivaliers. Mais l'avenir n'est jamais assuré : "Je suis très inquiet par rapport à 2024 parce que les Jeux olympiques posent de nombreuses difficultés. On sait qu'on va manquer de personnel, de matériel et d'argent. Il va falloir être créatif et on va devoir trouver de nouveaux soutiens", conclut Luc Barruet.

Jusqu'à présent, Solidays a toujours réussi à revenir, mais le contexte des festivals, entre inflation et saison prochaine bousculée par les Jeux olympiques, incite à beaucoup de prudence, malgré la fête.

Solidays a 25 ans : le reportage de Yann Bertrand

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