Fermeture des salles de spectacle : "C'est l'exception culturelle à l'envers", dénonce l’acteur Charles Berling, qui se joint à un recours en justice

L'acteur et patron de théâtre a assuré sur franceinfo qu’un recours en référé-liberté allait être déposé devant le Conseil d’Etat pour demander la réouverture au plus vite des salles de spectacles, théâtres et musées.

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Charles Berling au festival du Film de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), en octobre 2018. (FRÉDÉRIC FLEUROT / FRANCE-BLEU PAYS BASQUE)

Après les annonces de Jean Castex jeudi 10 décembre contre le Covid-19, les salles de spectacle et les lieux culturels demeurent fermées au moins jusqu’au 7 janvier prochain. Un coup de massue pour les professionnels de la culture qui espéraient rouvrir dès le 15 décembre. Invité sur franceinfo samedi 12 décembre, Charles Berling, acteur et directeur de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté à Toulon, a assuré qu’un recours en référé-liberté allait être déposé devant le Conseil d’Etat pour faire plier le gouvernement. "On arrête d'être dans la supplication et maintenant, on réclame justice, explique-t-il. C’est l'exception culturelle à l'envers. Tout reste ouvert : les grandes surfaces, les supermarchés, les transports et évidemment les lieux de culte, sauf nous." 

franceinfo : Un recours en référé-liberté va être déposé pour contester cette décision du gouvernement, quelles sont vos motivations ?

Charles Berling : Je précise que ce n'est pas moi qui dépose un référé-liberté en mon nom. Cela passe par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) [plusieurs organismes professionnels, comme la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), le Syndicat national des scènes publiques (SNSP), le Syndicat des cirques et compagnies de création (SCC), Actrices et acteurs de France associés (AAFA), participent à cette action en justice avec le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac)]. On a un profond sentiment d'injustice. Tout à coup, c’est l'exception culturelle à l'envers. Tout reste ouvert : les grandes surfaces, les supermarchés, les transports et évidemment les lieux de culte, sauf nous. On a donc le sentiment d'une iniquité totale, d'autant plus que le secteur est déjà dans une grande fragilité. Ça fait beaucoup de dégâts, ce stop and go. C'est épouvantable, ça casse les liens avec le public, ça provoque des tsunamis économiques terribles à l'heure où, en plus, l'industrie culturelle se bat contre des superpuissances comme les GAFA. Les institutions culturelles qu'on représente, ce sont des lieux de convivialité où l'on peut justement ne pas être simplement sur son canapé, devant un écran.

Un référé-liberté est une procédure d'urgence, la justice doit s'exprimer sous deux jours en théorie. Vous espérez un changement si rapide ?

Bien sûr, c’est ça l’idée. C'est de demander au Conseil d'Etat d'arbitrer une décision administrative que l'on trouve profondément injuste et qui enfonce la filière culturelle dans une crise qui peut être très dévastatrice.

Selon vous, l'accès à la culture, au spectacle vivant, c'est une liberté fondamentale pour les Français ?

Oui, c'est là-dessus que peuvent s'asseoir les véritables libertés, et on ne se résoudra pas à avoir seulement des tuyaux américains qui déversent les mêmes musiques et les mêmes contenus pour tout le monde. Donc oui, ces lieux-là, ce maillage-là, ce réseau français est remarquable parce que, justement, il fabrique la démocratie.

La nouvelle échéance qui vous est donnée, c'est le 7 janvier. Mais ce n'est pas une date de réouverture, a précisé Roselyne Bachelot, ministre de la Culture. C'est une clause de revoyure. Dont vous n'êtes toujours sûr de rien...

Voilà, les professionnels sont au-delà de l'accablement, parce qu’une réouverture ça se prépare, on doit faire de la publicité, on doit prévenir le public, on doit organiser des artistes. Bref, c'est très complexe. Franchement, je ne sais pas ce qui va se passer. En tout cas, on arrête d'être dans la supplication et maintenant, on réclame justice.

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