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Tour de France femmes 2022 : "Fière" de cette première édition, Marion Rousse espère que les sponsors seront au rendez-vous l'an prochain

La directrice du Tour de France Femmes se projette déjà sur les prochaines éditions, et souhaite que la boucle féminine s'allonge dans le temps, à condition que les sponsors suivent. 

Article rédigé par France Info
Radio France
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Marion Rousse, directrice du Tour de France femmes, lors d'une séance photo le 20 mai 2022. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

"Je suis très fière du boulot réalisé", témoigne Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes, qui s'achève ce dimanche à l'issue de la 8ème et dernière étape entre Lure et La Super Planche des Belles Filles (123,3 km), dans les Vosges.

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Elle dresse un bilan positif de cette première édition, marquée par des "cyclistes qui ont offert un beau spectacle chaque jour" et "un public présent et nombreux aux bords des routes". Même si "il y aura certainement quelques petites choses à changer l'an prochain", Marion Rousse espère surtout que ce Tour va permettre aux sponsors de "mettre de l'argent" dans le cyclisme féminin, dont le système financier "reste fragile".

franceinfo : C'est un sans-faute pour cette première édition ?

Marion Rousse : Un sans-faute, peut-être pas. Je suis perfectionniste et je pense qu'on peut toujours faire mieux. C'est une année n°1 donc il y aura certainement quelques petites choses à changer l'an prochain mais je suis très fière du boulot réalisé, des cyclistes qui nous ont offert un beau spectacle chaque jour, avec un public présent et nombreux aux bords des routes.

"C'était un peu l'inconnu pour nous mais les médias ont joué le jeu et les audiences étaient là. Je ne peux qu'être heureuse en tant que directrice du Tour de France Femmes ce matin."

Marion Rousse

à franceinfo

Est-ce que le cyclisme était un milieu d'hommes jusqu'à présent ?

La question du cyclisme féminin se posait depuis un moment déjà. Mais notre Tour arrive au bon moment, parce que le cyclisme féminin avait besoin de se structurer, financièrement parlant, sportivement parlant. J'étais moi-même cycliste professionnelle mais je n'avais de professionnel que le mot parce qu'il fallait que j'aille travailler pour avoir un salaire et me nourrir. Depuis l'UCI, l'Union cycliste internationale, a mis un salaire minimum en place pour les équipes. Les équipes se sont déclinées au féminin mais il nous fallait cette caisse de résonnance qu'est le Tour de France pour faire rentrer le cyclisme féminin dans le quotidien des gens.

Le Tour de France Femmes aura lieu chaque année ?

Rendez-vous l'année prochaine déjà, et chaque année, à la même date juste après le Tour des hommes. Ce sera une quatrième semaine de Tour, parce que c'est un vrai Tour de France.

Quand le Tour Femmes cessera-t-il d'être un mini Tour de France, plus court dans la durée ?

On ne s'interdit rien. C'est un objectif qu'on a de rallonger cette course, mais pour l'instant le format de 8 jours convient à tout le monde car même si le cyclisme féminin évolue, le système économique reste fragile. Là où les hommes sont 30 à pouvoir être rémunérés, les filles sont 10 ou 11, par équipes.

Si vous mettez une course de trois semaines, il va falloir être plus solide, non pas physiquement parce qu'elles sont capables de le faire, mais financièrement. Je pense que notre course va permettre à des sponsors de s'intéresser au cyclisme féminin et de mettre de l'argent dans notre sport. Là, ce sera tout le système économique du cyclisme féminin qui va en bénéficier.

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