Tour de France 2022 : Tadej Pogacar, premier coup de force sur les pavés

Le double tenant du titre a frappé un grand coup sur les pavés du Nord, lors de la 5e étape, en prenant du temps à tous ses concurrents.

Article rédigé par
De notre envoyé spécial - Théo Gicquel
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Tadej Pogacar, seul sur les pavés du Nord à l'occasion de la 5e étape du Tour de France 2022, le 6 juillet 2022. (MARCO BERTORELLO / AFP)

On imaginait la formation Jumbo-Visma du maillot jaune Wout van Aert, ou celle d'Ineos Grenadiers, avec Dylan van Baarle, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix dans ses rangs, bien mieux armée pour dompter les pavés du Nord face à Tadej Pogacar. Il n'en a rien été. C'est même l'inverse qui s'est produit, mercredi 6 juillet, lors de la 5e étape du Tour de France.

Le prodige slovène est bien le grand bénéficiaire d'une étape qui s'est décantée dans les 50 derniers kilomètres, comme le souhaitait l'organisateur en plaçant les 11 secteurs pavés dans la dernière partie. Si l'écart final avec Jonas Vingegaard et la plupart des favoris est minime (13 secondes), celui avec Primoz Roglic, encore malchanceux, s'avère considérable (+2'08). "C'était une très bonne journée, j'avais de bonnes sensations aujourd'hui. Je me sentais bien sur les pavés. J'ai essayé de travailler avec intelligence", a réagi Pogacar à notre micro à l'arrivée.

Nouveau terrain de domination

S'il a réussi à sauver son maillot jaune pour une poignée de secondes, Wout van Aert sent irrésistiblement le souffle du lutin de Komenda se rapprocher. Surtout, ce dernier confirme que malgré son frêle gabarit, il n'a rien à envier aux meilleurs flahutes du peloton.

Après avoir renversé l'édition 2020 sur un contre-la-montre, assommé le Tour en solitaire en montagne en 2021, il a cette fois secoué la Grande Boucle sur les pavés. Pogacar avale les épreuves qui s'offrent à lui avec une facilité déconcertante. "Ce n'est peut-être pas ma spécialité mais j'ai réussi à tirer mon épingle du jeu. J'aime bien les pavés mais, en même temps, 11 secteurs c'est déjà bien. Plus que cela, ça aurait été difficile", soufflait-il, satisfait, à l'arrivée.

Le résumé de l'étape 5
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Comme à son habitude, "Pogi" a fait parler une science de la course souvent recalée au second rang derrière ses exploits physiques. Pourtant, le Slovène brille autant par sa capacité à sentir la course qu'à la dominer. "Il a fait du cyclo-cross quand il était jeune. Il a de l'habileté, il est capable de dompter son vélo", rappelle son manager Mauro Gianetti.

Pour préparer cette étape, il a d'ailleurs été le seul favori du Tour cette année à s'essayer aux courses pavées, lors du Tour des Flandres en avril. Résultat : une quatrième place et une confiance au zénith, qui tranchait mercredi avec Primoz Roglic, qui a goûté au bitume, Jonas Vingegaard, perdu dans ses changements de vélo, ou Geraint Thomas, souvent relégué en fond de groupe.

Pogacar, très souvent en tête de groupe, a aplati les pavés, au point de finalement partir seul avec Jasper Stuyven. "Bien sûr, on s'attendait à ce qu'il puisse faire une très belle course. Il a bien pu rentrer dans les secteurs pavés, toujours en très bonne position, et ça l'a aidé à rester loin des pépins. Il a fait une super étape", continue son manager.

Une victoire psychologique

La poignée de secondes récoltée sur le groupe de favoris apparaît finalement secondaire face à la victoire psychologique de Pogacar. Le coup de massue est double : il sort le mieux placé face à des équipes bien mieux armées pour la première semaine, et pique dès la première occasion. "Cela me donne de la confiance et un bonus de motivation", expliquait-il sobrement à l'arrivée, maillot blanc de meilleur jeune sur les épaules. Dans le paddock après la ligne, la mine déconfite de la formation Jumbo-Visma tranchait avec la satisfaction contenue d'UAE Emirates.

A son aise sur les pavés du Nord, le tenant du titre Tadej Pogacar a fait forte impression sur la route d'Arenberg. Avant les premiers tests en montagne, le Slovène prend un avantage psychologique certain sur les prétendants à la victoire finale.

Devant le bus de l'équipe, Mauro Gianetti a lui préféré jouer la carte de la prudence, alors que la montagne n'a pas encore commencé. "On savait que ce serait une première semaine compliquée, il y a des équipes beaucoup mieux bâties. Je crois qu'on s'en est vraiment très bien sorti, mais le Tour est très long encore. C'est une satisfaction mais il faut rester très vigilant, attentif et surtout très concentré", conclut l'ancien coureur suisse. S'il reste aussi concentré par la suite que mercredi sur le petit enfer du Nord, Tadej Pogacar risque de décourager un à un tous ses adversaires.

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