Tour de France 2021 : Wout van Aert signe une victoire de prestige en solitaire sur l'étape du Mont Ventoux, Tadej Pogacar toujours en jaune

Le Belge de la Jumbo-Visma signe la quatrième victoire de sa carrière sur la Grande Boucle. Le maillot jaune a montré pour la première fois des limites.

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Wout van Aert lève les bras sur la ligne à Malaucène, le 7 juillet 2021. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Wout van Aert n'est pas un coureur comme les autres. Deuxième au terme du sprint massif de Valence la veille derrière Mark Cavendish, le Belge a signé un succès de prestige, mercredi 7 juillet, à l'occasion de la 11e étape du Tour de France 2021, devant le Français Kenny Elissonde et Bauke Mollema.

Le coureur de la Jumbo-Visma, plus polyvalent que tout le monde, a lâché Julian Alaphippe et ses compagnons d'échappée dans la deuxième ascension du mythique Mont Ventoux pour empocher la quatrième victoire de sa carrière sur la Grande Boucle. De son côté, le maillot jaune Tadej Pogacar, a un peu flanché, sans céder. Il compte désormais plus de cinq minutes d'avance au général sur son nouveau dauphin, Rigoberto Uran (EF Education-Nippo).

Le décès de Tom Simpson en 1967, la souffrance apparente sur le visage d'Eddy Merckx en 1970, le footing improbable de Christopher Froome en 2016... à chaque fois l'ascension du Ventoux réserve au peloton une certaine dramaturgie digne des plus grands thrillers du 7e art et prête à fendre le cœur de n'importe quel amoureux de vélo. Et jusqu'ici, même les scénaristes les plus fous n'avaient eu le courage d'intégrer deux lignes du "Mont Chauve" dans la même partition.

Thierry Gouvenou, le directeur de la course, et ses acolytes d'ASO, l'ont fait pour cette 108e édition. Et du spectacle, on en a eu, comme souvent d'ailleurs depuis le grand départ de Bretagne il y a presque deux semaines. Après avoir vu Julian Alaphilippe animer une grande partie de la course, van Aert s'est offert une superbe victoire en solitaire.

Le champion de Belgique a réalisé un grand numéro et il remporte une étape de gala. Dans le groupe des favoris, Pogacar bat Uran, Carapaz et Vingegaard au sprint.

Gaudu, une journée en enfer

Il faut dire qu'Alphilippe est l'un des plus fidèles dynamiteurs du peloton. Au kilomètre 50, le leader de la Deceuninck–Quick Step a lancé l’échappée du jour en compagnie de Dan Martin (Israël Start up Nation), Anthony Perez (Cofidis), et Pierre Rolland (B&B Hôtels P/B KTM). Quatre hommes qui ont finalement été rejoints (km 100) par un groupe de contre mené par Wout van Aert (Jumbo-Visma) et Bauke Mollema (Trek-Segafredo) au pied de la première ascension du Mont Ventoux, grimpée par son versant le plus long mais le moins pentu (22 kilomètres à 5,1% de moyenne).

Une montée harassante de près d’une heure et qui a fait beaucoup de dégâts ici et là. David Gaudu en a fait les frais dès les premiers hectomètres. Le leader breton de la Groupama-FDJ (qui a terminé à 25 minutes), visiblement malade, n’a pas pu suivre le rythme du peloton maillot jaune, mené par les Ineos Grenadiers. Devant, Alaphilippe a accéléré et fait exploser l'échappée, réduite de seize à huit coureurs.

Julian Alaphilippe n'a aucun regret sur cette 11e étape qu'il a animée dès les premiers kilomètres.

Van Aert, le récital

Van Aert, Mollema, Perez, Julien Bernard (Trek-Segafredo), Kenny Elissonde (Trek-Segafredo), Xandro Meurisse (Alpecin-Fenix), Luke Durbridge (BikeExchange) et évidemment Alaphilippe se lançaient ainsi dans une nouvelle course, celle de la gagne et du prestige. Une aventure à laquelle Pierre Rolland, piégé quand "Alaf" a placé sa banderille, n’a pas réussi à prendre part alors qu’il était revenu à 25 secondes de la tête avant de passer le sommet du Ventoux. La descente lui a en effet été fatale, et le double vainqueur d’étape sur la Grande Boucle a finalement dû se résoudre à se relever à 50 kilomètres de Malaucène, alors que le peloton pointait encore à plus de 4'30".

Au moment d'aborder la deuxième ascension du Mont Ventoux, par son versant le plus exigeant (15,7km à 8,8%), tout restait à faire, autant pour la victoire d'étape, que pour les grandes manœuvres entre cadors du classement général. Et dès les premières pentes raides, l'écrémage était lancé, et les cartes ont été rebattues. Si Kenny Elissonde a voulu se faire la malle rapidement, c'est surtout Wout van Aert qui a placé l'offensive de trop pour ses compagnons d'échappée, à 14 kilomètres du sommet.

Que ce soit Mollema ou Alaphilippe, qui payait probablement les efforts de la journée, aucun n'a réussi à prendre la roue du Belge. Le "sprinteur-grimpeur-puncheur" de la Jumbo-Visma s'est ainsi lancé dans un effort solitaire comme il les affectionne alors qu'il restait 11 kilomètres d'ascension et 22 kilomètres de descente. Une broutille pour le vainqueur de Milan-San Remo 2020 qui a offert un nouveau récital pour aller chercher une quatrième victoire d'étape en carrière sur le Tour de France.

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Vingegaard, la lueur d'espoir

Derrière, un autre oiseau rare est sorti de son nid. Rare, parce qu'on attendait surtout un Richard Caparaz (Ineos Grenadiers) voire même un Rigoberto Uran (EF Education Nippo) dans les rudes pentes du Mont Chauve. Mais c'est bien le maillot blanc, Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma), qui s'est illustré, et de fort belle manière. En tout cas, il est et restera à jamais le premier à avoir décramponné, à la pédale, le prodige slovène, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) sur cette édition.

Il a même compté pas moins de 45 secondes de retard sur le surprenant grimpeur de la Jumbo-Visma. La descente vers l'arrivée a finalement permis au maillot jaune de revenir dans les basques du jeune Danois, en compagnie d'Uran et Caparaz. Au général, le Slovène possède désormais plus de cinq minutes d'avance sur Uran après la défaillance de Ben O'Connor (AG2R Citroën, 5e à 5'58'').

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Mais ce premier signe de faiblesse du leader, jusqu'ici insolent de facilité, pourrait donner des idées à certains. Surtout à Vingegaard, nouvelle lueur d'espoir dans cette Grande Boucle qui, rappelons-le, est loin d'être terminée.

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