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Tour de France 2021 : le peloton craint pour sa sécurité après les nombreuses chutes en fin de 3e étape

Alors que les chutes massives ou individuelles se multiplient, les coureurs commencent à élever la voix à propos du tracé et des conditions de sécurité sur le Tour de France. 

Article rédigé par Hortense Leblanc, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Jack Haig (assis) a été contraint à l'abandon après une chute en fin de troisième étape, lundi 28 juin 2021. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Y a-t-il un coureur du Tour de France qui ne soit pas encore tombé après seulement trois étapes dans cette édition 2021 ? Depuis le départ de Brest, la Grande Boucle connaît une avalanche de chutes, qui n'épargne pas les favoris, comme Primoz Roglic, lundi 28 juin. Parcours étroit, imprudence de spectateurs, oreillettes... les coureurs se sentent en danger et élèvent la voix. 

Pour ceux qui rallient l'arrivée sans encombre, le passage de la ligne est un soulagement, comme pour Vincenzo Nibali (Trek-Segafredo) : "Je suis content d'avoir survécu à cette étape, parce que c'était vraiment, vraiment fou". Le champion du monde Julian Alaphilippe s'est aussi dit "content d'arriver en un seul morceau" à Pontivy, alors qu'il était proche de la chute à l'arrivée : "J'ai vu Sagan tomber avec Ewan, on était à 70 km/h donc j'ai dû les éviter".

Un final en questions 

Quelques minutes après être descendu de son vélo, le poisson-pilote d'Arnaud Démare à la Groupama-FDJ, Jacopo Guarnieri, s'est fendu d'un tweet rageur, dont on se passera de traduction : "Fuck it". Comme l'Italien et son manager Marc Madiot, d'autres membres du peloton sont en colère.

"Celui qui a dessiné le final du Tour aujourd'hui devrait essayer de courir avec 180 coureurs sur une route étroite de 5 mètres, les uns à côté des autres", a twitté Andre Greipel. Le sprinteur d'Israel Start-Up Nation a ajouté : "Bien sûr que nous allons jusqu'au bout de l'étape mais les coureurs ont demandé à ce que les temps (pour le classement général) soient pris à 5 kilomètres de l'arrivée, et cela a été refusé". 

L'UCI dans le collimateur 

Un aménagement des règles pourrait-il être une solution ? Pour Guillaume Martin, "il y a peut-être une réflexion à mener sur les parcours et ce genre d'arrivées, ça ne va pas manquer de soulever la polémique. Il y a peut-être trop de coureurs au départ, il faudrait peut-être repasser à 7 par équipe".

Les nouvelles règles instaurées par l'Union cycliste internationale (UCI) en 2021, qui interdisent certaines positions sur le vélo, font encore jaser : "C'est drôle que les positions Supertuck (assise sur le cadre en descente) et sur les avant-bras aient été interdites pour des raisons de sécurité, alors qu'en même temps on a un final comme celui d'aujourd'hui", a ironisé Simon Geschke (Cofidis).

Le coureur de la Trek-Segafredo, Julien Bernard, s'est lui aussi payé les règlements de l'UCI qui ne s'attardent pas assez sur la sécurité des coureurs mais plutôt sur des détails annexes : "J'ai regardé le replay du final d'aujourd'hui et franchement tout le monde avaient des chaussettes à la bonne hauteur donc tout va bien".

Les coureurs qui ne participent pas à l'édition 2021 du Tour sont presque soulagés de ne pas être dans le peloton. Alexis Vuillermoz, vainqueur d'étape en 2015 et blessé, a twitté : "Je crois que ma - future - femme est heureuse de m'avoir à la maison en ce moment, même dépendant". William Bonnet, non retenu par la Groupama-FDJ, a ironisé sur le même réseau social : "Ça fait vraiment envie de retourner sur le Tour".

Vainqueur du Tour de France l'année dernière, Tadej Pogacar (UAE) espère que le peloton retrouvera plus de sérénité dans les prochains jours: "Ces premières étapes ont vraiment été stressantes et nous espérons que ça va bientôt se calmer"

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