Tour de France : comment fonctionnent les contrôles antidopages dans le cyclisme ?

Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar font toujours la course en tête sur la Grande boucle. À tel point que leurs performances interrogent, dans un sport déjà marqué par les scandales de dopage.
Article rédigé par franceinfo, Mathilde Bouquerel
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar lors de la 15e étape du Tour de France. (MARTIN DIVISEK / MAXPPP)

Les contrôles antidopages dans le cyclisme débutent à la fin des années 60, à l'initiative des fédérations cyclistes belges et françaises. À l'époque, la recherche porte sur la présence d'amphétamines, ces stimulants qui effacent la sensation de fatigue. Cette substance provoque notamment la mort du Britanique Tom Simson en pleine ascension du Mont Ventoux, à 2 km de l'arrivée lors du Tour de France 1967, sous l'œil des caméras de télévision. Le drame déclenche alors une vraie prise de conscience.

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L'UCI (Union cycliste internationale) se met à faire des contrôles antidopage officiels. Mais de nouveaux produits apparaissent, comme les stéroïdes dans les années 90, ces hormones de synthèse qui développent les muscles, plus difficiles à détecter que les amphétamines.

L'Agence mondiale antidopage est créée en 1999, juste après le scandale du Tour de France 1998 au cours duquel la totalité des coureurs de l'équipe Festina est exclue pour suspicion de dopage. L'agence contrôle alors tous les sports et ne dépend ni des fédérations sportives, ni des états et permet de standardiser les contrôles. Dans les années 2000, elle passe d'ailleurs des tests urinaires aux tests sanguins, plus précis, puisque les substances sont moins diluées dans le sang. Le dispositif permet de rechercher l'EPO, ce nouveau produit, issu des avancées de la biotechnologie, qui permet de stimuler la production de globules rouges.

Le maillot jaune testé tous les jours

À la fin des années 2000 naît la notion de "passeport biologique" : on ne teste plus seulement les coureurs pendant les compétitions, mais aussi en dehors, trois ou quatre fois dans l'année, en comparant les résultats des analyses d'un test à l'autre. Si les variations sont trop importantes, il y a suspicion de dopage.

Au maximum, un coureur testé positif risque d'être suspendu à vie et de perdre ses titres. En France, depuis 1989, un coureur cycliste testé positif ne risque plus de sanction pénale, mais uniquement une sanction disciplinaire (contrairement aux États-Unis par exemple). Deux ans de suspension, quatre si récidive, et suspension à vie si nouvelle récidive. La sanction est prononcée soit par l'Agence française de lutte contre le dopage, soit par l'UCI (l'Union cycliste internationale). En revanche, vendre ou détenir des produits dopants est pénalement répréhensible.

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Aujourd'hui, sur le Tour de France, le maillot jaune est testé tous les jours, de même que le vainqueur de l'étape à son arrivée. Six coureurs sont également tirés au sort pour être contrôlés quotidiennement.
À cela, s'ajoutent des tests inopinés pendant le Tour et le fameux passeport biologique.

D'après le professeur de biotechnologie Gérard Dine, il est donc aujourd'hui très compliqué de passer au travers des mailles du filet. Selon lui, l'origine des performances de Vingegaard et Pogacar est plutôt à chercher du côté des progrès faits dans l'équipement, la nutrition et l'entraînement des athlètes.

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