Tour de France 2023 : Jai Hindley n’avance plus masqué et pourrait se mêler au duel attendu entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar

L’Australien de l’équipe Bora-Hansgrohe a marqué les esprits en s’imposant sur la première étape de montagne du Tour de France, mercredi, et en s’emparant du maillot jaune.
Article rédigé par Hortense Leblanc - De notre envoyée spéciale sur le Tour de France
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Jai Hindley sur le podium du Tour de France 2023 après la cinquième étape à Laruns. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Il est l’une des grosses cotes pour la victoire finale du Tour de France 2023. Vainqueur du Giro 2022, Jai Hindley fait figure de troisième homme derrière les deux favoris Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, pour viser le podium, voire mieux. Avec sa victoire à Laruns, mercredi 5 juillet, l’Australien a montré qu’il était bien en jambes et s’est emparé du maillot jaune, qu’il compte défendre le plus longtemps possible.

Pour se mettre en évidence et se présenter au public français, Jai Hindley n’a pas perdu de temps. Alors qu’il découvre le Tour de France, l’Australien s’impose dès la cinquième étape. Une victoire pas si surprenante pour celui qui avait terminé deuxième du Giro en 2020, avant de le remporter en 2022. Cette saison, l’Australien a aussi terminé quatrième du Critérium du Dauphiné, à 20 secondes du podium. Mais si son nom ne parle pas encore au grand public du Tour de France, c’est aussi parce que le coureur de la Bora-Hansgrohe, régulièrement bien placé sur les courses à étapes, gagne peu. A Laruns, il ne s’offre "que" son neuvième bouquet, une broutille en comparaison avec Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard.

"La bataille n'est pas seulement entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard"

Entre Pau et Laruns, Jai Hindley n’avait pas prévu de prendre l’échappée, pensant peut-être être marqué par les autres favoris au classement général. Mais l’Australien a réussi à se glisser dans le groupe de tête, en compagnie d’autres bons coureurs et de deux coéquipiers, Emanuel Buchmann et Patrick Konrad. "C’est une course de vélo, et vous devez saisir les opportunités si elles se présentent, et ce jour est arrivé. UAE et Jumbo se jaugeaient et on en a profité", s’est réjoui l’un de ses directeurs sportifs, Enrico Gasparotto, à l’issue de l’étape. "Ce n’était pas une erreur de le laisser partir. Il y a eu beaucoup d’attaques et puis finalement quand l’échappée est partie avec Hindley, on a dû essayer de contrôler, mais on ne peut pas tout faire seuls, a regretté Mauro Gianetti, directeur sportif d’UAE Team Emirates, la formation de Tadej Pogacar. Personne n’a pris les choses en mains, et à la fin Jumbo-Visma a dû aussi réagir, sinon Hindley aurait eu encore plus d’avantage. Si on avait eu un peu plus d’aide, il ne serait peut-être pas si loin au classement maintenant."

L'Australien Jai Hindley revient sur son incroyable coup double lors de cette 5e étape où il l'emporte et décroche le maillot jaune.
Vélo Club : Jai Hindley : "Ce n'était pas vraiment prévu mais je me sentais bien donc j'ai pris l'échappée" L'Australien Jai Hindley revient sur son incroyable coup double lors de cette 5e étape où il l'emporte et décroche le maillot jaune. (franceinfo)

Peut-il alors faire mieux que de jouer le troisième rôle sur ce Tour de France ? "Certains disent que Jai peut être un prétendant au podium, d’autres non. Il a gagné le Giro l’année dernière, et au final il a montré qu’il était en bonne condition, mais nous devons prendre jour après jour", tempère Enrico Gasparotto. Ses concurrents prennent moins de pincettes. "On doit regarder Jai Hindley", a assuré Jonas Vingegaard au micro d’Eurosport à l’arrivée à Laruns. "Hindley a gagné le Giro, donc la bataille n’est pas seulement entre Tadej et Jonas Vingegaard. Nous devons aussi faire attention aux autres concurrents, dont Hindley. C’est un coureur, avec l’avantage qu'il l’a pris, et la façon dont il l’a pris, qui montre qu’il est là pour jouer le classement général".

Le principal intéressé, qui confiait avant le Grand Départ à Bilbao qu’un podium à Paris serait "un rêve", a expliqué avoir voulu "mettre le plus de temps entre (lui) et les leaders", mercredi. Il est désormais le leader, et Enrico Gasparotto espère qu’il conservera sa sérénité avec le maillot jaune sur les épaules : "Son plus gros atout, c’est qu’il est calme et facile à vivre. J’ai passé la moitié de ma carrière avec Vincenzo Nibali, et il était comme ça aussi, c’est ce qui l’a aidé à gagner des Grands Tours". Son équipe va désormais devoir défendre le précieux maillot "ce qui va être très dur, mais nous allons tout donner", promet son coéquipier, Nils Politt.

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