Patinage : Didier Gailhaguet a déposé son recours contre le ministère des Sports pour réclamer des indemnités

L'ancien président de la Fédération française des sports de glace accuse le ministère de l'avoir poussé à démissionner, en plein scandale de violences sexuelles dans le patinage français.

Didier Gailhaguet, lors de son annonce de démission, le 8 février 2020.
Didier Gailhaguet, lors de son annonce de démission, le 8 février 2020. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Didier Gailhaguet a déposé un recours devant le tribunal administratif pour réclamer plus de 300 000 euros d'indemnités au ministère des Sports, qu'il accuse de l'avoir poussé à la démission, a appris franceinfo. Didier Gailhaguet a démissionné de la présidence de la Fédération française des sports de glace le 8 février, en plein scandale de violences sexuelles dans le patinage français. La ministre des Sports avait notamment pointé sa responsabilité dans le retour dans le circuit de l'entraîneur Gilles Beyer, accusé d'agressions sexuelles.

Les avocats de Didier Gailhaguet expliquent avoir déposé ce recours que franceinfo a pu consulter, car "le ministère des Sports refuse de reconnaître sa responsabilité accablante dans l’entreprise de diabolisation publique de Didier Gailhaguet pour en faire le bouc émissaire de cette affaire. Celle-ci était d’autant plus réprouvable qu’elle lui permet opportunément d’échapper à une évaluation transparente de ses propres manquements depuis 20 années consécutivement".

"Un très lourd préjudice d’image"

Didier Gailhaguet réclame 152 550 euros au ministère des Sports, pour préjudice matériel. Cette dernière somme correspond à plus de deux ans de salaires, soit les 27 derniers mois de son mandat qu'il n'a pas pu achever. La défense de Didier Gailhaguet argumente que "le ministère des Sports, au mépris de l’indépendance de la fédération et alors que cela ne relevait pas de ses attributions, a exercé une pression décisive pour obtenir la démission (…) La pression exercée par le ministère s’est concrétisée par une menace de faire perdre l’agrément, véritable 'arme atomique' selon ses propos (...) avant même toute enquête".

L'ancien dirigeant demande également 150 000 euros au titre du préjudice moral. "Les déclarations médiatiques, en dehors de toute conclusions d’enquête, du ministère des Sports, sont à l’origine d’un très lourd préjudice d’image, monsieur Didier Gailhaguet étant présenté comme ayant couvert des violences sexuelles ce qui, qui plus est dans l’époque que nous connaissons, occasionne un préjudice totalement irréversible (…) Cet épisode a brisé sa carrière ainsi que son image dans des conditions qu’il sera parfaitement impossible de corriger", énonce le recours.