Tour de France : "Le cyclisme français, il ne faut pas l'enterrer trop vite", estime Guillaume Martin

Aucun coureur français ne figure dans le Top 10 du Tour de France cette année. Néanmoins, "nous sommes trois Français dans les 20 premiers", se félicite Guillaume Martin, 11e place au classement général.

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Radio France
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Guillaume Martin (Cofidis), lors de la 18e étape du Tour de France, le 17 septembre 2020. (MARCO BERTORELLO / AFP)

C'était dimanche 20 septembre la fin d'un Tour de France bien particulier. Une édition 2020 en pleine pandémie de Covid-19, avec restrictions et mesures barrière tout le long de la course. Guillaume Martin, premier coureur français avec une 11e place au classement général, s'est dit, lundi 21 septembre, "content qu'il ait pu avoir lieu", ce Tour 2020, avec un départ de Nice en zone rouge et une présentation des équipes "à des années-lumière de toute l'effervescence que l'on peut avoir habituellement". Mais "peu à peu, la course a repris ses droits" et une joie bien présente malgré l'absence de spectateurs à l'arrivée, dont le coureur ne s'est presque pas rendu compte : "Si on m'avait dit qu'il y avait autant de spectateurs qu'habituellement, j'y aurais cru". Finalement, le sport a bien repris ses droits dans la tête de Guillaume Martin. "J'ai vraiment oublié le Covid", déclare-t-il.

"Nous sommes trois Français dans les 20 premiers"

Parfois considéré comme "l'intello du Tour" en raison de son master de philosophie et de la pièce de théâtre et du livre qu'il a publiés, Guillaume Martin est cette année célébré pour sa performance sportive. Il est le premier Français du Tour avec sa 11e place au général. Une année peu faste pour la France sans aucun coureur dans le Top 10. Mais "le cyclisme français, il ne faut pas l'enterrer trop vite", affirme Guillaume Martin. "Nous sommes trois Français dans les 20 premiers. Il y a un Français qui a porté le maillot jaune, Julian Alaphilippe. On a eu longtemps eu le maillot à pois", rappelle-t-il.

Cette année est belle et bien celle de la Slovénie avec la victoire du jeune Tadej Pogacar, à seulement 21 ans. Le plus jeune vainqueur depuis plus d'un siècle. Un extraterrestre selon certains, mais pas imbattable pour Guillaume Martin, qui a terminé devant lui lors du Critérium du Dauphiné : "Je me dis que ce n'est pas impossible de le battre, sinon j'arrêterais". Il rappelle également que la même prédiction était faite l'année précédente après la victoire du Colombien Egan Bernal.

On s'était dit à 22 ans qu'il [Egan Bernal] était parti pour dix ans de domination. Finalement, il s'est effondré cette année.

Guillaume Martin

à franceinfo

Cette domination slovène donne du grain à moudre à celles et ceux qui soupçonnent le cyclisme d'être "un sport de dopés". Des commentateurs parmi lesquels figure l'adjoint au maire de Paris, Jacques Boutault, qui a déclaré au sujet de ceux qui suivent le Tour de France qu'ils "restent calés devant leur télé à regarder les exploits de types hyper dopés, qui ne gagnent que parce qu'ils se font changer leur sang dans des cliniques". Une vexation évidente pour Guillaume Martin : "Il y a un total mépris pour les gens qui regardent le Tour avec passion et puis, pour nous, qui travaillons. Le confinement n'a pas été de tout repos pour moi et surtout les mois qui ont suivi le confinement. Se retrouver ramené à ces clichés, ce n'est pas très agréable."

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