Tour de France 2019 : "La volonté, c'est vraiment que tout soit possible", assure le patron du Tour

Le directeur du Tour de France a dévoilé jeudi 25 octobre le parcours 2019, qui partira de Bruxelles. Il développe pour franceinfo les temps forts du prochain Tour de France.

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France.
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. (FABRICE RIGOBERT / RADIO FRANCE)

"La volonté, c'est vraiment que tout soit possible" et de "faire en sorte que le Tour ne puisse pas être trop chloroformé par une seule formation"  : voilà comment le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, résume le parcours de la 106e édition qui s'élancera le 6 juillet 2019 de Bruxelles. Au programme : davantage de cols et de côtes, moins de contre-la-montre et une "prime aux attaquants et aux audacieux", détaille Christian Prudhomme sur franceinfo.

franceinfo : Trente cols et côtes sont au programme du Tour de France 2019, c'est un record. Ce sera donc une édition très montagneuse ?

Christian Prudhomme : Oui, c'est un Tour montagneux. C'est le centenaire du maillot jaune, et ce maillot jaune c'est l'excellence, il nous porte vers le haut. On ne voulait pas forcément davantage de cols et de côtes, mais on voulait monter plus haut. Il y aura donc sept cols à plus de 2 000 mètres, c'est rare dans l'histoire du Tour de France.

>> VIDEO : Christian Prudhomme présente l'étape du col de l'Iseran

Mais ce qui fait augmenter le nombre global de cols, c'est la moyenne montagne. On a retiré par rapport à l'an passé deux étapes de plaine et on a rajouté trois étapes de moyenne montagne, sur des routes souvent plus étroites, sur lesquelles une équipe a souvent plus de difficultés à contrôler la course. On va toujours chercher des choses différentes pour donner davantage d'animation à la course et faire en sorte que le Tour ne puisse pas être trop chloroformé par une seule formation.

Le vainqueur sera donc forcément un grimpeur ?

On ne peut pas gagner le Tour de France si on n'est pas un grimpeur. Mais, très clairement, pour 2019 le message est affiché : c'est fait pour un grimpeur. Avec un élément très important aussi : c'est que dans les cols à plus de 2 000 m, il y a une différence physiologique chez les athlètes. Vous pouvez être le meilleur grimpeur du monde jusqu'à 1 800 ou 1 900 m, mais il peut y avoir un changement au-dessus. On ne sait pas comment ça va réagir. Cela fait partie de l'incertitude qu'on essaie de mettre dans le Tour de France.

Il n'y aura par ailleurs qu'un seul contre-la-montre individuel à Pau le 19 juillet et un seul contre-la-montre par équipes le 7 juillet. Est-ce là aussi une volonté de favoriser plutôt les grimpeurs, traditionnellement moins bons dans cet exercice ?

C'est surtout qu'aujourd'hui peu de différences sont créées en montagne, contrairement au passé, les plus grosses différences sont créées dans les chronos, qui risquent parfois de bloquer la course. La volonté, c'est vraiment que tout soit possible, et que les grimpeurs puissent aller chercher du temps. D'ailleurs, nous allons demander des réunions avec l'Union cycliste internationale (UCI) pour faire en sorte que les bonifications en sommet de cols soient plus importantes et pour faire en sorte qu'il y ait une prime aux attaquants et aux audacieux.