Roland-Garros 2021 : les quatre atouts qui ont fait le sacre de Novak Djokovic

Pas toujours impérial durant la quinzaine, le n°1 mondial a fini par s'imposer grâce à des qualités hors-normes.

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France Télévisions
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Novak Djokovic a remporté un deuxième titre à Roland-Garros dimanche 13 juin. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Novak Djokovic s'est fait très peur, mené deux fois deux sets à zéro dans cette quinzaine face à Lorenzo Musetti en huitièmes de finale, puis face à Stefanos Tsitsipas en finale. Mais il s'en est sorti, comme si souvent lors des ses 19 victoires en Grand Chelem depuis sa première en Australie, en 2008. Le Serbe s'est appuyé sur ses forces pour s'imposer mais aussi pour réussir à ne pas plier. Voici les quatre atouts qui ont forgé le deuxième sacre de "Nole" porte d'Auteuil.

Un retour toujours aussi dévastateur

Lorsque vous demandez à n'importe quel joueur de tennis, professionnel ou amateur, en activité ou retraité, ce qu'il prendrait à Novak Djokovic, vous aurez toujours la même réponse : sa qualité de retour. C'est depuis longtemps la qualité première du Serbe, celle où il n'a aucun équivalent sur le circuit. En finale, Djokovic a encore trouvé des longueurs de balle et des zones invraisemblables face à Tsitsipas. Il a remporté 40% de ses points lorsqu'il a retourné la balle, soit 10% de plus que son adversaire. Un chiffre qui monte à 47% (contre 41%) face à Nadal en demi-finale.

Lorsqu'il a été malmené comme sur les deux premières manches de la finale, lors du troisième set face à Nadal (7-6), ou dans la dernière manche face à Matteo Berrettini, Djokovic a toujours pu rester dans le match en rendant difficile et stressante la mise en jeu de son adversaire. Respecté et craint, le retour de Djokovic a encore été autant une arme de destruction que de dissuasion massive lors de cette quinzaine.

Les meilleurs moments de la finale messieurs Novak Djokovic - Stefanos Tsitsipas

Le revers court-croisé, sa nouvelle arme fatale

Il a fait plier le Roi du court Philippe-Chatrier en demi-finale, il a achevé Stefanos Tsitsipas en finale. Pour contrer les purs terriens que sont Rafael Nadal et le Grec, très mobiles sur le court, et capables de répondre en fond de court sur des dizaines d'échanges, Novak Djokovic a trouvé la parade : jouer très court et très croisé sur la diagonale de revers de ses adversaires, afin d'éviter leur coup droit et les empêcher de s'installer à l'intérieur du court.

L'entreprise a fonctionné a merveille face à Nadal : obligé de s'excentrer pour remettre la balle, le Majorquin a offert le court grand ouvert au Serbe. Le n°1 mondial s'est de nouveau appuyé dessus lors de la quatrième manche en finale, au moment où le Grec commencait à décliner physiquement. Une arme peu utilisée en général sur terre battue, surface qui se prête davantage au lift de fond de court, mais que Djokovic a su ajouter à son éventail de coups. Le Serbe a su une nouvelle fois sortir de ses filières de jeu classiques et casser celles de ses adversaires, signe d'un génie tactique parfois sous-estimé dans l'analyse de son jeu.

Les meilleurs moments du match Rafael Nadal - Novak Djokovic

L'amorti, une variation salvatrice

Il n'en a pas autant usé qu'Hugo Gaston, la révélation de la précédente édition de Roland-Garros. Mais Novak Djokovic a fait de l'amorti une des clés de son deuxième succès à Paris. Si elles n'ont pas toujours été bien senties, elles ont en revanche été souvent touchées à la perfection, comme en atteste ce chiffre : en finale, Djokovic a réalisé 11 amortis gagnants sur les 27 qu'il a tentés, soit 41% de coups gagnants. A l'inverse, Tsitsipas n'en a converti que 14% (3/22).

Surtout, Djokovic a su l'utiliser la majeure partie du temps de façon idoine : en finale, il a souvent obligé Tsitsipas à courir avant que la balle ne meure juste derrière le filet. En demi-finale, il a osé la tenter (et la réussir) sur une balle de set pour Nadal lors de la troisième manche homérique. Signe que le Serbe vouait une confiance hors-norme à ce coup lors de cette quinzaine.

Finale messieurs : l'amorti parfaitement masqué de Djokovic dans le troisième set

Un mental sans équivalent

Il paraissait difficile d'occulter la qualité hors-technique qui définit le plus Novak Djokovic. Impossibles à quantifier par les statistiques, le mental et la hargne font partie intégrante du personnage du Serbe. Combien auraient lâché l'affaire à deux sets à zéro face à Musetti ? Combien auraient jeté l'éponge à deux sets à zéro en finale face à Tsitsipas, avec un public qui n'attendait que de voir une nouvelle tête dépoussiérer la Coupe des Mousquetaires ? "Nole" a encore fait preuve d'une résilience exceptionnelle pour arracher le trophée des mains de ceux qui voulaient le voir tomber.

Novak Djokovic gagne d'abord les matchs dans sa tête. Il les joue, les repasse, jusqu'à ce qu'il gagne. "Une finale comme ça, ça se joue énormément avant le match, d'un côté comme de l'autre. Je me souviendrai toute ma vie de la finale de l'Open d'Australie où Djokovic pulvérise Nadal en 2019, racontait avant le match Patrick Mouratoglou à L'Equipe. J'ai eu la chance de passer devant la salle de fitness au moment où Novak en sortait, un instant avant de rentrer sur le court. J'ai vu un géant sortir de la pièce. Il m'a im-pres-sion-né par sa stature. Il était en mission. J'avais dit à la personne qui m'accompagnait : 'Il va le démonter'", se souvient celui qui entraine Serena Williams depuis 2012, et accompagne aujourd'hui Stefanos Tsitsipas.

Mené deux sets à zéro en finale, avec un langage du corps négatif, un sentiment d'abattement, il paraissait simple de croire qu'il allait céder. Mais chacun des presque 5 000 supporters du Central savait que plus Djokovic est loin, plus il aime revenir. Ça n'a pas manqué, et Tsitsipas s'est fait avoir comme tous les autres. 

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