JO 2022 : Tessa Worley, une porte-drapeau qui a retrouvé la flamme

Championne du monde de slalom géant en 2013 et 2017, Tessa Worley sera porte-drapeau de la délégation française à Pékin avec Kevin Rolland.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Tessa Worley après sa deuxième place au slalom géant de Kranjska Gora, en Slovénie, le 8 janvier 2022. (JURE MAKOVEC / AFP)

Tessa Worley a beau avoir 32 ans, elle n’en adore pas moins le tricot. De là à l’imaginer confectionner elle-même le drapeau tricolore qu’elle brandira, vendredi 4 février, dans le stade olympique de Pékin, au côté de Kevin Rolland, l’autre porte-étendard français ? Quand même pas. Si la militaire a été choisie pour porter haut les couleurs de la France lors de la cérémonie d’ouverture, c’est parce qu’elle le fait depuis plus de 14 ans sur les pistes de slalom géant du monde entier, y compris cette saison. La skieuse du Grand-Bornand est en effet de retour à son meilleur niveau.

L'emblème des Bleues

Au moment d’évoquer Tessa Worley, l’ancien descendeur et pilote Luc Alphand n’y va pas par quatre chemins : "Depuis cinq-six ans au moins, c’est Tessa qui tient la baraque chez les Bleues." Ce compliment n’a rien de rare : lorsque l’on parle de la Franco-australienne, les éloges ne sont jamais bien loin. "C’est une grande championne, si ce n’est la plus grande championne que le ski féminin n’ait jamais eu en France. Il ne faut pas l’oublier", affirme pour sa part Antoine Dénériaz, champion olympique de descente en 2006 à Turin. Finalement, c’est Julien Lizeroux, son compagnon à la ville et ancien grand nom des Bleus, qui en parle avec le plus de pudeur : "C’est une grande compétitrice qui ne lâche rien."

Effectivement, quand on jette un coup d’œil dans le rétro de sa carrière, Tessa Worley n'a pas pour habitude de baisser pavillon, ce qui est plutôt pas mal pour une future porte-drapeau. Révélée avant même d'avoir 20 ans, en 2008, la Française compte aujourd’hui 35 podiums en Coupe du monde, dont 15 victoires. Ajoutez à cela deux titres de championne du monde de slalom géant (2013, 2017), un petit globe de cristal de la discipline (2017), et deux médailles d’or par équipes aux Mondiaux (2011, 2017), ainsi qu’une autre de bronze la saison passée, et vous obtenez l’un des plus beaux palmarès du ski français.

"C’est compliqué de rester 15 ans au top, salue Antoine Dénériaz. Il y a forcément des hauts, des bas, du doute, des blessures. Elle arrive toujours à revenir quand il faut pour aller chercher des médailles et des titres. Le seul truc qui lui manque, c’est un titre olympique." Rendez-vous à Pékin ? Trop tendre à Vancouver en 2010 (16e), blessée à Sotchi en 2014, et septième en 2018 à Pyeongchang, Tessa Worley est à la poursuite de son rêve olympique en slalom géant.

Le slalom géant, mais pas seulement

La porte-drapeau française a toutes les chances de briller sur les pistes chinoises, forte d’un quinzième succès acquis en Coupe du monde en décembre à Lienz (Autriche), qui en a fait la troisième skieuse la plus titrée de l’histoire du slalom géant derrière la Suissesse Vreni Schneider (20 succès) et l’Autrichienne Annemarie Moser-Pröll (16). Elle pourrait même viser un premier podium historique en super-G, au vu de ses dernières sorties (sixième à Cortina d’Ampezzo le 23 janvier, cinquième à Zauchensee le 16 janvier).

Mais c’est surtout dans sa discipline de prédilection que Tessa Worley sera attendue au tournant. Directeur de l’équipe de France féminine de ski alpin, Alberto Senigagliesi ne dit pas autre chose : "On ne peut pas cacher que Tessa part à Pékin pour ramener une médaille."

"Chaque course a son histoire. En 2018, à Pyeongchang, les favorites n’ont pas gagné. C’est toujours difficile de dire qu’on y va pour une médaille, même si c’est l’objectif."

Alberto Senigagliesi, directeur de l’équipe de France féminine de ski alpin

à franceinfo sport

Cependant, l'entraîneur italien tempère : "La priorité : c’est de faire du très bon ski, de faire la meilleure course possible. Si ce jour-là trois filles sont meilleures qu’elle, qu’elle aura tout donné, on n’aura pas de regrets". Pour autant, cette saison, peu nombreuses sont celles qui peuvent se dire supérieures à Tessa Worley. Après une période de creux, à la suite son titre mondial de 2017, et des blessures, la Française a, comme toujours, remonté la pente. Médaillée de bronze aux Mondiaux 2021, elle a retrouvé son ski depuis décembre, enchaînant les podiums (dernièrement à Kronplatz), sans compter sa victoire à Lienz.

"Tout va bien"

“Les dernières années, Tessa a eu quelques problèmes physiques qui l’ont empêchée d’avoir une bonne préparation et d’avoir de la continuité pour travailler comme il faut tout l’hiver. Cette année, après des petits problèmes en début de saison, tout va bien : elle a trouvé de la continuité, de la confiance. Le moral est au rendez-vous, les séances lui vont bien. Elle a fait des résultats qui lui ont redonné confiance en elle. Le travail paye", se réjouit Alberto Senigagliesi.

Quel est son secret pour durer ? "Elle adore gagner et elle adore skier", répond simplement Alberto Senigagliesi. Mais surtout, elle n’a pas perdu la flamme, au contraire. Pour son directeur, la skieuse a fait de son expérience une force : "Elle sait maintenant bien se gérer, se préparer physiquement. Les coachs travaillent avec elle depuis quatre ans, donc ils la connaissent des mieux en mieux, on sait quand ralentir pour faire de la qualité plus que de la quantité."

Avant de peut-être voir le drapeau français flotter au-dessus d'elle sur un podium olympique, Tessa Worley aura déjà l’honneur de le brandir à Pékin. Une immense récompense à la hauteur de sa carrière.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Ski alpin

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.