France-Argentine : cinq choses à savoir sur l'affrontement entre les Bleus et les Pumas

Le XV de France débute sa tournée d'automne en recevant l'Argentine samedi au Stade de France. 

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Guido Petti Pagadizabal plaque Antoine Dupont lors du match de poule entre l'Argentine et la France en coupe du monde 2019, le 21 septembre à Tokyo.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Disons-le tout de suite, les France-Argentine figurent rarement dans les anthologies du rugby. Les affrontements entre ces latins des deux hémisphères sentent plus le soufre que la rose. Longtemps, les Gauchos ont même été l'une des bêtes noires du rugby tricolore qui butait avec une extrême méticulosité sur le non-jeu proposé par ces Argentins durs au mal. Samedi 6 novembre au Stade de France (21h en direct sur France 2 et france.tv), et pour le premier match de la Coupe d'automne des nations, il ne faudra pas s'attendre à autre chose de la part des hommes entraînés par Mario Ledesma. Du labeur et de la sueur. Ceux de Fabien Galthié connaissent la musique mais ils semblent posséder cette fois suffisamment de classe et de confiance pour mener la danse. Voici les cinq choses à savoir sur ce tango endiablé. 

Des Pumas aux crocs élimés ?

Jean-Baptiste Lafond et son fameux sens de la formule l'a dit à Rugbyrama : "Les Argentins arrivent cuits et en tongs". L'ancien arrière-ailier des Bleus résume, assez crûment, un sentiment partagé par beaucoup : les Pumas débarquent à Saint-Denis en bout de course. Le calendrier international n'a fait aucun cadeau aux Ciel et Blanc qui ont enchaîné Rugby Championship 2020, suivi de la saison européenne - de nombreux internationaux qui jouent en Top 14 -, tests matchs de juillet 2021 et Rugby Championship 2021, conclu par six défaites en autant de matchs. Rincés, essorés, les Pumas sont-ils devenus pour autant des chatons inoffensifs ? 

Ce serait mal connaître l'animal. Un peu comme ce journaliste qui, un jour lointain, avait décrété que le félin représenté sur le maillot des Argentins était un puma alors qu'il s'agissait d'un jaguar. Voilà pour la petite histoire. La grande, elle, se souvient que l'Argentine a souvent griffé les Bleus. La pire blessure remonte bien sûr à 2007 quand les Sud-Américains avaient doublement battu les Tricolores lors de la Coupe du monde en France, d'abord lors du match d'ouverture, puis pour celui de la troisième place. Si le Coq a, depuis, redressé la tête, il continue régulièrement de perdre des plumes face au félidé. 

Ntamack-Jalibert, joyaux rivaux associés

Habituellement concurrents au poste d'ouvreur, Romain Ntamack et Matthieu Jalibert vont pouvoir unir leurs forces, le premier glissant à un poste de centre. Un peu à l'instar d'un Beauden Barrett chez les All Blacks, le Toulousain cède sa place à un pur numéro 10 et recule d'un cran sur le terrain où ses qualités de lecture et de percussion pourraient tout aussi bien s'épanouir. Reste que le pari est osé pour l'alchimiste Galthié, surtout face à des Argentins qui vont forcément tester les rouages de cette colonne vertébrale expérimentale. Au crédit des Bleus, ces derniers ont eu quinze jours à Marcoussis pour mettre de l'huile quand les Pumas n'ont qu'une semaine de préparation dans les pattes... 

Dupont, des gâlons en plus

En l'absence de Charles Ollivon, l'habituel et indiscutable capitaine mais sur le flanc à cause d'une blessure au genou, l'encadrement avait le choix entre Fickou, Jelonch, Marchand, Alldritt et Dupont pour reprendre le flambeau. Et c'est presque tout naturellement qu'il a désigné le dernier nommé. "Ce n’est pas forcément quelqu'un qui parle beaucoup, observe Brice Dulin en conférence de presse. Mais au vu de ses attitudes, de sa façon d’être sur les entraînements, il est très sérieux, c'est indiscutable. Sa manière d’emmener le groupe au naturel l’emportera, donc ce sera peut-être plus facile pour lui d’être lui-même, sans forcer les choses". 

Déjà présenté comme l'un des meilleurs joueurs de la planète, Antoine Dupont transforme tout ce qu'il touche en or avec un naturel désarmant, sans jamais sembler forcer les choses. Le Midas bleu en fera-t-il de même avec le brassard de capitaine ? 

Argentine, où est ta magie ?

Si les Pumas ont rarement été reconnus pour la brillance de leur jeu, ils ont toujours couvé quelques pépites capables, sur un éclair de génie, de faire basculer un match (toute coïncidence avec le football et Lionel Messi est purement fortuite). Or, depuis quelques années, la source s'est tarie et il n'y a plus "El Mago" (le magicien) Juan Martin Hernandez ou "Le petit Napoléon" Augustin Pichot pour hérisser les poils. 

Mais, à défaut d'y trouver des créateurs de génie, le Top 14 continue de puiser allègrement dans la pampa argentine pour fertiliser ses champs grâce à des joueurs au profil de laboureurs. Ils seront ainsi huit samedi soir au Stade de France pour affronter leurs habituels coéquipiers en clubs au coup d'envoi : le pilier Francisco Gomez Kodela (Lyon), les deuxièmes lignes Guido Petti (Bordeaux-Bègles) et Tomas Lavanini (Clermont), les troisièmes lignes Marcos Kremer (Stade Français) et Facundo Isa (Toulon), le demi de mêlée Tomas Cubelli, le centre Jeronimo de la Fuente (Perpignan) et l’ailier Bautista Delguy (Perpignan). Facundo Bosch (La Rochelle), Lucas Paulos (Brive) et Nicolas Sanchez (Stade Français) débuteront, eux, sur le banc.

Jaminet et Flament, la bleusaille sort des rangs

Avec une moyenne d'âge de 25 ans pour 17 sélections, les Bleus portent bien leur nom. Parmi les nouveaux, l'ovni Thibaud Flament, passé entre autre par la Belgique, l'Asie, l'Angleterre et... l'Argentine, sera particulièrement scruté. "Il a toujours été habité par cette flamme", décryptait son sélectionneur en conférence de presse avec une pointe de sentimentalisme : "Il s'endormait tous les soirs avec le poster de l'équipe de France accroché à son plafond et son dernier regard allait au maillot tricolore." L'attente, et la pression, seront les mêmes pour Melvyn Jaminet, très convaincant lors de la tournée estivale en Australie, et qui, à 22 ans, devra faire ses preuves dans un double emploi crucial d'arrière-buteur. 

Une grande performance de ces deux joueurs pourrait leur ouvrir le sas contre la Georgie le 14 novembre, voire la voie royale contre la Nouvelle-Zélande, une semaine plus tard. Et à deux ans de la Coupe du monde en France. Mais si la fougue de la jeunesse est appréciable, les Bleus pourraient, aussi, avoir besoin du renfort de l'expérience. Notamment pour conclure leur match, un domaine où ils ont souvent pêché dans un passé récent. C'est dans cette optique que Fabien Galtié a musclé son banc, chargé jusqu'à la gueule de "finishers" et autres "impact players", Grégory Alldritt en tête. Pour que, cette fois, le XV de France ne reste pas sur sa fin. 

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