"Ce sport va être de plus en plus populaire" : le seul Français qui joue au Japon raconte comment est perçue la Coupe du monde de rugby

Alors que la Coupe du monde de rugby s'ouvre vendredi au Japon, le seul Français qui évolue dans le championnat nippon raconte comment ce sport est perçu là-bas. 

Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby. 
Nicolas Kraska est le seul Français à jouer dans le championnat japonais de rugby.  (JÉRÔME VAL / FRANCEINFO)

Pour la première fois, la Coupe du monde de rugby va se dérouler ailleurs que sur le sol d’une nation traditionnelle de ce sport. La compétition s'ouvre vendredi 20 septembre au Japon où ce sport n'est pas majeur, à la différence du baseball et du football. Malgré tout, les stades devraient être pleins et 500 000 visiteurs étrangers sont attendus. 

Parmi les spectateurs, il y aura Nicolas Kraska. Un Français qui a choisi de venir jouer au pays du soleil levant il y a quatre ans après un passage au Racing, à Albi et à Cognac. C'est le seul Français à avoir fait le choix de jouer au Japon en club où il évolue Blue Sharks de Shizimu dans la banlieue de Tokyo. 

Des clubs très particuliers 

Au Japon, les clubs sont la propriété de multinationales, comme Panasonic, Yamaha ou encore les Toshiba Brave Lupus, l’équipe dans laquelle joue Nicolas Kraska. Première conséquence de cette structure : les joueurs sont des salariés de l’entreprise et ne sont pas des rugbymen professionnels. "Au sein de l’entreprise, il y a une division rugby, explique le Français. Leurs joueurs travaillent dans cette société et sont détachés au rugby après le boulot ou à 100% quand la saison commence", détaille-t-il. 

Lors de la pré-saison, ils travaillent de 8h45 à 17h30 et après on s’entraîne de 18 heures à 21 heures, lundi, mardi, jeudi et vendredi.  Le mercredi, ils travaillent toute la journée. Ce rythme joue beaucoup sur la récupérationNicolas Kraskaà franceinfo

Un sport peu suivi par les Japonais 

Autre point faible du rugby au Japon : le manque d'engouement populaire. Les matches de Top League, le championnat élite, se jouent dans des stades à moitié vides, bien loin de l’effervescence autour du baseball et du foot. "J'ai joué dans des stades à moitié vides ou remplis à un tiers, raconte Nicolas Kraska. Il y a une affluence entre 6 000 et 8 000 personnes mais dans un stade de 25 000 places, ça fait un peu vide".

Cependant, le Français a aussi connu de belles affluences parfois. "J’ai joué ma première finale en 2015 devant 26 000 personnes. Il y a un fort contraste entre les matches de phases finales ou des derbys et la phase régulière", raconte-t-il. Selon lui, les choses pourraient évoluer dans les années à venir. "La fédération veut mettre en place en 2021 un véritable championnat professionnel avec 12 équipes qui représenteront 12 villes. Avec cette réforme, le rugby japonais va être de plus en plus populaire".   

Une manière de jouer différente 

Cette saison, Nicolas Kraska évolue à Shimizu au Nord de Yokohama en 2e division. Même si le rugby japonais a des limites, c’est un jeu très plaisant, selon lui. "La plus grande différence avec ce que j’ai connu en TOP 14 ou en PRO D2, c’est la vitesse de jeu et de déplacement. Ça joue beaucoup à la main. En revanche, en termes d’impact, c’est beaucoup moins fort qu’en France", conclut-il. 

Avec cette coupe du monde, l’arrivée de stars étrangères et la perspective d’un championnat entièrement professionnel dans deux ans, le rugby japonais a de beaux jours devant lui.

Le reportage de Jérôme Val au Japon
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