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"Ce n'est pas un sport violent, c'est un sport d'évitement" : des clubs amateurs tentent de redorer le blason du rugby

Après une série d'affaires qui ont entaché la réputation du rugby français, les clubs amateurs, confrontés à une baisse du nombre de licenciés, tentent de restaurer la réputation de la discipline et de séduire les jeunes.

Article rédigé par
Fanny Lechevestrier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'AS Mâcon à l'entraînement, jeudi 1er février 2018. (FANNY LECHEVESTRIER / FRANCEINFO)

Pour son premier match dans le Tournoi des six nations 2018, le XV de France, affronte l'Irlande, samedi 3 février, et tentera de redorer le blason tricolore. Affaire Altrad-Laporte, démêlées autour du licenciement de Guy Novès, l'ex-sélectionneur de l'équipe de France, ou encore agressions sexuelles, le rugby est jugé de plus en plus violent. Avec, en sus, un désintérêt des amateurs pour la discipline, qui compte de moins en moins de licenciés. Loin de l'équipe de France, des clubs amateurs tentent d'inverser la tendance comme à l'AS Mâcon en Bourgogne. 

"Jamais sans mon ballon"

Là, sur le terrain d'entraînement, les jeunes de l'AS Mâcon participent à un atelier de passes avec des balles de tennis pour travailler l'agilité. D'autres, plus loin, cherchent à améliorer leur rapidité de déplacement, toujours la balle à la main. "Jamais sans mon ballon", voilà la politique du club. Cela peut paraître évident quand on joue au rugby, et pourtant... "Dans la plupart des clubs, on achète davantage plus facilement des boudins et des boucliers que des ballons", déplore Jordan Roux, responsable sportif en charge des jeunes à l'AS Mâcon depuis juillet 2017.

La première chose qu'il a faite en arrivant a ainsi été d'acheter des ballons pour les 180 gamins du club âgés de 5 à 18 ans. Il a ensuite choisi de travailler leur technique plutôt que les percussions et les chocs. "Quand on regarde le football et le handball, ils ont tous un ballon pour pratiquer. Nous, c'est un point que l'on met derrière, regrette-t-il. Aussi, il faut tout mettre pour le jeu, tout pour l'évitement. C'est ce que nous mettons en place et c'est primordial : développer le joueur dans son intégralité, via l'athlétisme, la lutte, le judo, pour lui donner toutes les billes pour réussir."

Pas un sport violent mais un sport d'évitement

Depuis deux ans, le nombre de licenciés en rugby est à la baisse en France. À l'AS Mâcon, l'objectif de Jordan Roux est donc clair : le rugby doit, de nouveau, faire rêver les enfants. Redonner envie passe par le jeu mais aussi par réinvestir les écoles de la région pour présenter le projet. "Le rugby n'est pas un sport violent, c'est un sport d'évitement, explique Rémy Trichard, en charge de la relation avec les écoles au sein de l'AS Mâcon. C'est ce qu'il faut essayer de leur inculquer pour changer cette vision négative que tout le monde a de notre sport."

"Ce n'est pas un sport violent, c'est un sport d'évitement" : des clubs amateurs tentent de redorer le blason du rugby - reportage de Fanny Lechevestrier
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Mais là aussi, les images d'un championnat, marqué par de plus en plus de KO, a fait des dégâts : enfants, parents et enseignants ont en tête les images associées au haut niveau. Avec son lot de violences, de bagarres. Alors, forcément, les réticences s'installent. Changer les mentalités n'est pas évident : les jeunes veulent reproduire ce qu'ils voient à la télévision. Quand on leur demande ce qui leur plaît dans le rugby, la réponse fuse et elle est quasiment toujours la même : "le physique", "aller au contact". Dans ce panel, Fred, 13 ans, fait encore figure d'exception : "C'est un sport où il faut réfléchir, considère l'adolescent. Le but ce n'est pas forcément d'aller au contact puisqu'il faut réussir à marquer. Cela suppose d'aller dans les espaces, passer dans les trous."

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