Affaire Altrad : la garde à vue de Bernard Laporte n'est pas "justifiée", le dossier est "creux", estime son avocat

L'actuel président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, a été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur ses liens avec le groupe Altrad. Son avocat dénonce une procédure irrégulière. 

Le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte et Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault Racing à l\'Altrad stadium de Montpellier en février 2017. 
Le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte et Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault Racing à l'Altrad stadium de Montpellier en février 2017.  (FRANCK PENNANT / AFP)

"On ne sait même pas ce qui peut justifier une garde à vue", a réagi sur franceinfo Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, l'avocat du président de la Fédération française de rugby (FFR) Bernard Laporte, placé en garde à vue mardi 22 septembre à Paris, dans l'enquête sur sur ses liens avec le groupe Altrad. Me Jean-Pierre Versini-Campinchi a annoncé son intention "d'attaquer" cette garde à vue, estimant qu'"aucune des conditions de la loi ne sont remplies".

"C'est toujours cette envie de montrer, lorsque vous tombez sur des personnes notoires ou illustres, qu'ils ne sont pas les chefs et que la justice doit passer", a-t-il dénoncé.

Selon l'avocat, la garde à vue de son client peut "durer d'autant plus longtemps que les dossiers sont, j'allais dire vides, disons creux". "On multiplie les questions… Tout cela fait partie de la chronique d'un interrogatoire annoncé (...) depuis des perquisitions qui ont été opérées en février 2018", a-t-il souligné.

Des magistrats "hors la vie civile"

"Nous sommes deux ans et demi plus tard et le procureur de la République chargé du dossier n'a rien trouvé de mieux dans son calendrier que de fixer cette date 10 jours avant l'élection nationale, qui intervient le 3 octobre, au sein de la fédération française", a poursuivi Me Versini-Campinchi. Bernard Laporte brigue un second mandat à la tête de la FFR.

"Le problème avec certains de nos magistrats c'est qu'ils sont hors la vie civile. Ils ont fixé une procédure, ils ont fixé un calendrier, on leur dit ça ne va pas, mais ils ne changent pas. Le procureur a décidé que son calendrier c'était son calendrier", a déploré l'avocat de Bernard Laporte.

Le patron du rugby français est notamment soupçonné d'avoir favorisé le Montpellier Hérault Racing (MHR), en intervenant auprès de la commission d'appel de la FFR pour faire diminuer des sanctions contre le club, fin juin 2017. "Un tissu de mensonges", d'après son avocat.