Pourquoi Lance Armstrong ne fait pas appel

Le coureur a préféré jeter l'éponge face aux éléments accablants dont dispose l'Agence américaine antidopage. Mais la bataille médiatique n'est pas terminée. 

Lance Armstrong pendant une conférence de presse de Livestrong, sa Fondation contre le cancer, en mars 2011. 
Lance Armstrong pendant une conférence de presse de Livestrong, sa Fondation contre le cancer, en mars 2011.  (MANDEL NGAN / AFP)

SPORTS - Lance Armstrong a attendu le dernier moment pour faire connaître sa décision : il ne fera pas appel. Peu avant l’heure fatidique, il adresse un tweet à ses 3,6 millions d’abonnées et les invite à se rendre sur son site, où une longue explication est ligne

Plutôt que de laisser l’Agence américaine antidopage (Usada) se charger d’annoncer les sanctions, Lance Armstrong préfère qu’on le lise, lui, et ses arguments. Le coureur annonce qu’il ne fera pas appel, qu’il en a "assez" et qu’il ne s'est jamais dopé. Voici pourquoi il préfère jeter l'éponge, et ne plus contester les accusations portées à son encontre :

1Parce que l'Agence américaine antidopage est obstinée

Lance Armstrong donne rapidement le ton, démentant l'existence de preuves qui établirait son dopage. "La seule preuve matérielle, ce sont les centaines de contrôles que j’ai passé avec brio. Je me suis rendu disponible 24h/24 dans le monde entier. Pendant les compétitions. En-dehors des compétitions. Sang. Urine. J’ai fourni tout ce qu’ils demandaient. Quel est le but de tous ces contrôles si à la fin, ils ne servent à rien ?" 

Puis il s'en prend directement au directeur de l'Agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart, qu'il accuse d'acharnement depuis plusieurs mois. "Je sais qui a gagné sept Tours de France, mes équipiers et mes adversaires aussi. (...) Personne ne peut changer ça. surtout pas Travis Tygart.Mais l'Usada est sûr de son fait. L'Agence dispose de preuves solides : des échantillons sanguins du coureur de 2009 et 2010 et des témoignages accablants de ses anciens équipiers. 

Le 20 août, Lance Armstrong voulait obtenir la fin des poursuites de l'agence, mais la Cour fédérale d'Austin (Texas), a débouté sa plainte. Aussitôt, l'Usada s'est félicitée de la décision, dans un communiqué

2Parce qu'il veut ménager l'image de sa fondation

L'ancien coureur évoque rapidement sa fondation contre le cancer, Livestrong : "Je vais me consacrer au travail que j’ai débuté avant de remporter le moindre titre du Tour de France. Servir les gens et les familles touchés par le cancer, surtout dans les communautés défavorisées." Comme le rappelle l’ancien coureur, la fondation "va célébrer quinze années au service des survivants du cancer et aura bientôt permis de lever 500 millions de dollars de fonds".

Autant de moyens qui dépendent de mécènes et de bailleurs de fond. En s'abstenant de faire appel, Lance Armstrong peut déplacer les accusations du terrain juridique au terrain médiatique. Et engager une bataille de l'image, qu'il manie à merveille, pour défendre les intérêts de sa fondation. A terme, le feuilleton judiciaire risquait d'en menacer le financement, explique le journaliste Pierre Ballester, contacté par FTVi.

3Parce qu'il veut éviter une nouvelle procédure

En renonçant à faire appel, Lance Armstrong risque de perdre ses titres, du moins officiellement. Mais comme le rappelle Pierre Ballester, l'ancien coureur est secondé par "une armée d'avocats", qui ont pu lui suggérer d'éviter un face-à-face qui aurait écorné son image.

Au grand regret du président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), John Fahey, qui s'exprime sur le site de la radio australienne ABC, le vendredi 24 août. Selon lui, la lumière ne sera jamais complètement faite : "J'aurais aimé que les accusations, les insinuations, les rumeurs qui courent depuis des années soient examinées par un tribunal public dans le cadre d'une vraie procédure, quelle qu'en soit l'issue, pour que le monde entier connaisse les faits".