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Camille Muffat, athlète discrète et enfant prodige de la natation

La nageuse, championne olympique et toute jeune retraitée du sport, est morte lundi, dans un crash d'hélicoptère en Argentine, alors qu’elle participait au tournage de l'émission de télé-réalité "Dropped" de TF1.

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France Télévisions
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Camille Muffat, après sa victoire au 400 m nage libre, aux Jeux olympiques de Londres (Royaume-Uni), le 29 juillet 2012.  (TOBY MELVILLE / REUTERS)

Couronnée par l'or olympique en 2012, Camille Muffat a été l'une des plus grandes championnes de l'histoire de la natation française. Elle est morte lundi 9 mars, à 25 ans, dans un crash d'hélicoptère en Argentine, alors qu’elle participait au tournage de l'émission de télé-réalité "Dropped" de TF1. 

"Je suis très timide, je n'ai jamais aimé être mise en avant", confiait-elle en 2012 avant les JO de Londres. Cette championne discrète avait pourtant créé la stupéfaction en juin 2014, en annonçant sa retraite sportive à l'âge de 24 ans seulement, lassée par les longues heures d'entraînement dans les bassins.

Et c'est aussi un coup d'éclat tonitruant qui l'avait révélée. Spécialiste du 4 nages à ses débuts, elle frappe un grand coup en 2005, alors qu'elle n'a que 15 ans, en battant la star incontestée des Bleus, Laure Manaudou. Une aubaine qui deviendra un fardeau pendant deux ans.

Une timide qui s'amusait de l'image froide qu'elle renvoyait

"Je n'étais pas du tout prête à ça. Du fait que c'était Laure, tous les médias se sont emballés. C'était difficile d'être comparée tout le temps à elle. On la montait contre moi, j'avais trois ans de moins, je me disais qu'un jour elle allait m'insulter !" avait-elle raconté en 2012. En 2010, Camille Muffat fait le choix de se mettre au crawl et là, tout s'emballe. En 2012, aux Jeux olympiques de Londres, elle remporte le 400 m libre, l'argent sur 200 m libre et le bronze sur le relais 4x200 m libre. Les médailles affluent, la confiance grandit, mais le tempérament reste le même. Cette timide s'amusait d'ailleurs de l'image froide qu'elle renvoyait.

 

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"C'est vrai que je peux faire peur. C'est ce qu'on me dit, ce n'est pas ce que je veux : le fait de ne pas être forcément démonstrative, être assez fermée et paraître froide quand je suis concentrée… Et d'être aussi un peu imposante. Mais j'en joue parfois aussi !" assurait-elle.

"J'ai une vie bien plus normale que la plupart des gens"

Quand on lui demandait à quoi ressemblait sa vie, elle répondait : "Rien de bien intéressant." "J'ai une vie bien plus normale que la plupart des gens, glissait-elle dans un sourire. Je suis très gamine, j'adore mon chat, j'en suis gaga. Le week-end, j'aime faire les magasins, aller au resto avec mon copain, aller voir mes parents le dimanche, voir mon frère et ma sœur, mes grands-parents… Et j'aime faire des puzzles. Ouais et alors ?"

 

Camille Muffat célèbre son titre olympique au 400 m nage libre, le 29 juillet 2012, aux Jeux olympiques de Londres (Royaume-Uni).  (GABRIEL BOUYS / AFP)

Son histoire avec la natation a commencé à Nice. C'est là que Camille Muffat est née, a grandi et a découvert ce sport à l'âge de 7 ans. Durant toute sa carrière, elle n'a jamais quitté l'Olympique Nice Natation et celui qui l'a prise sous son aile alors qu'elle avait 15 ans, Fabrice Pellerin. Elle avait cependant avoué l'an passé qu'un différend avec Pellerin avait été l'un des éléments déclencheurs de sa retraite.

Au plus haut niveau, sa taille (1,83 m) a été un atout. Elle n'a pourtant pas été facile à assumer à l'adolescence. "Ce n'est pas facile d'être grande quand tu es au collège, que tu fais deux têtes de plus que tout le monde", racontait-elle. Après sa retraite, elle avait dit vouloir profiter de sa vie de couple avec son compagnon, un ancien nageur passé au golf. En avait-elle pour autant fini avec la natation ? "Il ne faut jamais dire jamais", répondait la jeune femme.

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