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Judo : "J'ai le sentiment de faire des choses incroyables", réagit Clarisse Agbégnénou après son nouveau titre de championne du monde

Sixième titre de championne du monde de judo pour Clarisse Agbégnénou. La judokate qui revient de blessure ne s'attendait pas à ce parcours sans faute, dix mois seulement après sa maternité.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Sixème titre de championne du monde pour la judokate Clarisse Agbégnénou aux championnats du monde de Judo à Doha le 10 mai 2023 (KARIM JAAFAR / AFP)

"J'ai des ailes, là, je suis très contente", a réagi mercredi 9 mai sur franceinfo Clarisse Agbégnénou après avoir décroché un sixième titre de championne du monde de judo à Doha, dans la catégorie des -63 kg. "Je ne m'attendais tellement pas à une journée pareille", a-t-elle assuré, dix mois après avoir accouché de sa petite fille. "En me regardant, je me suis dit 'whaou, je m'impressionne'", a-t-elle confié, assumant d'avoir "le sentiment de faire des choses incroyables".

>>> Mondiaux de judo 2023 : Clarisse Agbégnénou sacrée pour la sixième fois de sa carrière chez les -63 kg

franceinfo : Vous avez décroché votre sixième titre de championne du monde. Comment ça va ?

Clarisse Agbégnénou : Je suis fatiguée mais ça va très, très bien. Je ne m'attendais tellement pas à une journée pareille. J'ai des ailes, là. Je suis très contente. Je pense que quand je vais retrouver Athéna [ndlr : sa fille de dix mois], je vais bien être fatiguée. Je l'ai tellement abandonnée aujourd'hui, la pauvre. Je vais pouvoir lui mettre la médaille autour du cou.

Ce sans-faute que vous avez réalisé tout au long de la journée, comment l'expliquez-vous ?

Je sais qu'il nous manquait encore pas mal d'entraînement. Je ne pensais pas venir ici et gagner une médaille d'or. Je savais que je pouvais accrocher une médaille mais l'or me paraîssait un peu osé. Je me suis dit ''reste concentrée, prends le temps'', et plus j'avançais dans cette journée, plus je me disais ''ah, je peux vraiment l'avoir, cette médaille d'or''. Le combat final était dur car je sais que mon adversaire voulait aussi cette médaille. Elle était bien énervée, elle n'a rien lâché.

Moins d'un an après la naissance de votre fille, qui est à vos côtés, c'est votre grand retour, et quel retour ! Vous emmenez d'ailleurs votre enfant jusqu'en salle d'échauffement ?

C'est mon ''petit koala''. Je ne peux que remercier la fédération internationale de m'avoir octroyé ce droit d'avoir ma petite fille auprès de moi, que j'allaite toujours à la demande. Je suis contente de montrer que des choses ne sont pas faciles mais possibles. Le corps d'une femme est exceptionnel, je tiens à le dire. J'ai envie de dire : "Les femmes, donnez-vous les moyens".

Votre reprise n'a pas été de tout repos, avec notamment une blessure au genou. Quel souvenir en gardez-vous ?

Cela a été très dur et ça l'est toujours. C'est vrai que les débuts, après la grossesse, on sent qu'on a un corps qui a totalement changé. Je ne suis plus la même femme que lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021. Il faut apprendre à travailler avec, à répondre à ces besoins. Là, ça commence à revenir et je ne vais pas lâcher.

Avez-vous le sentiment d'ouvrir la porte aux autres ?

J'ai le sentiment de faire des choses incroyables. En me regardant, je me suis dit 'Whaou, je m'impressionne". J'essaye de me dédoubler en me disant ''Je ne sais pas qui tu es, Clarisse, mais tu es''. S'il faut que je sois une messagère pour dire aux petites filles et aux petits garçons pour montrer qu'il y a des choses qui peuvent être faites quand on y croit fort, alors je prends le lead.

Au cours de ces derniers mois, il y aussi eu le conflit avec la fédération française sur l'histoire du kimono. C'est oublié ?

Je ne dirais pas que c'est oublié. Je ne suis pas une revancharde mais ça a été très dur. Ce fut des moments où je me suis dit "Si vous ne croyez pas en moi, laissez-moi juste faire ce que j'ai envie". Ce n'est pas oublié car ça m'a vraiment blessé. Cependant, j'ai prouvé que quand on me laisse un peu tranquille, ça peut le faire.

Et maintenant ? Quel est le programme pour la préparation des Jeux de Paris ?

D'abord, je vais avoir besoin d'un peu de repos. Derrière, je vais continuer à m'entraîner d'arrache-pied. Il y a des choses qui me manquent un peu. Ce sera un long chemin pour arriver au bout du tunnel.

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