Brésil : à un an des JO, les eaux de Rio sont trop polluées pour accueillir des athlètes

C'est le résultat d'une enquête menée par Associated Press, qui a effectué des analyses dans les trois sites où sont prévues les épreuves nautiques.

Des oiseaux se nourrissent parmis les déchets de la plage de Bica, sur la baie de Guanabara de Rio (Brésil), le 25 mars 2015.
Des oiseaux se nourrissent parmis les déchets de la plage de Bica, sur la baie de Guanabara de Rio (Brésil), le 25 mars 2015. (RICARDO MORAES / REUTERS)

Dans à peine plus d'un an, 10 000 athlètes de 205 pays se presseront à Rio pour les Jeux olympiques d'été. Parmi eux, 1 400 participeront à des épreuves nautiques, qu'il s'agisse de nage en eau libre sur la plage de Copacabana, de canoë sur le lac Rodrigo de Freitas, ou de voile aux abords de la Marina da Gloria. Sans compter les nombreux touristes attirés par l'événement qui souhaiteront sûrement profiter des plages de la ville.

Mais selon les résultats d'une enquête d'Associated Press (AP) publiée par le Guardian (en anglais) jeudi 30 juillet, les eaux de Rio sont bien trop polluées pour s'y baigner ou y effectuer des sports aquatiques en toute sécurité. 

"La majorité des eaux usées ne sont pas traitées"

L'agence de presse a analysé de la qualité de l'eau sur quatre sites de la ville. Les trois premiers, cités plus haut, accueilleront les épreuves nautiques. Le dernier, la plage d'Ipanema, est prisée des touristes. Le résultat est accablant : "Les athlètes sont à peu près sûrs d'entrer en contact avec des virus provoquant des maladies, et qui sont, dans certains cas, présents dans une quantité 1,7 million de fois supérieure à celle qui serait considérée comme dangereuse sur une plage du sud de la Californie", écrit l'agence.

Pour AP, ces résultats sont la conséquence d'un système de traitement des eaux quasi-inexistant. "La majorité des eaux usées ne sont pas traitées. Les déchets passent de fossés en plein air à des cours d'eau qui alimentent directement les sites olympiques nautiques", peut-on lire dans cet article. On y trouve donc des traces de virus capables de provoquer des diarrhées sévères, et des vomissements, mais aussi "des maladies plus graves touchant le cœur ou le cerveau", indique AP.

99% de chances d'être exposé

Et le risque de contamination est élevé. Selon une spécialiste américaine qui a pu consulter les données recueillies par AP, "les athlètes ont 99% de chances d'être exposés à ces virus s'ils ingèrent une quantité d'eau équivalente à trois cuillères à café". Et de préciser, tout de même, que cela n'entraînera pas forcément des maladies, chaque système immunitaire étant différent. 

Comment expliquer alors que le Comité international olympique (CIO) juge que la qualité de l'eau de la ville est acceptable ? La réponse réside dans le fait que les tests officiels menés jusqu'ici ne concernaient que les bactéries contenues dans l'eau, et pas les virus. Interrogé après avoir consulté les résultats de l'enquête d'AP, un responsable du CIO a indiqué que l'organisation ne comptait pas modifier ses tests.

"Je ne vois pas comment ils pourraient résoudre ce problème"

"L'Organisation mondiale de la santé ainsi que d'autres organismes nous ont assuré qu'il n'existait pas de risques significatifs pour la santé des athlètes, a-t-il expliqué en marge d'une réunion du CIO en Malaisie. Il y aura toujours des gens pour réclamer des tests supplémentaires, mais nous avons décidé de suivre les avis des experts sur la manière de contrôler la qualité de l'eau de façon efficace."

En attendant, un biologiste interrogé par AP livre ses conseils aux athlètes, un rien dépité. "Si je devais participer aux JO de Rio, je me rendrais sur place en avance pour m'exposer à l'eau et ainsi adapter mon système immunitaire aux virus qu'on y trouve, explique-t-il. Parce que je ne vois pas comment ils pourraient résoudre ce problème de traitement des eaux."