Cet article date de plus d'un an.

Corruption de mineur : les autorités du handball français appellent Bruno Martini à démissionner

L'ancien gardien de but de l'équipe des "Barjots", 52 ans, a été interpellé lundi à Paris, visé par une enquête pour "corruption de mineur" et "enregistrement d'images pédopornographiques".
Article rédigé par France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Bruno Martini en 2018. (JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP)

Cet article a été publié avant le communiqué de la Ligue national de handball, publié mercredi en fin d'après-midi, indiquant que Bruno Martini a démissionné de son poste de président de la LNH.


Alors que Bruno Martini a été condamné à une peine d'un an de prison avec sursis pour "corruption de mineur" et "enregistrement d'images pédopornographiques", la Fédération française de handball l'appelle "à démissionner de l'ensemble de ses mandats au sein de la famille du handball", et notamment de son poste de président de la Ligue nationale de handball le temps de l'enquête, annonce la FFH dans un communiqué de presse, que s'est procurée la Direction des Sports de Radio France. La Fédération met en avant la gravité des faits reprochés, mais aussi le devoir " d'exemplarité" qui incombe aux fonctions dirigeantes. 

>>   Le président de la Ligue nationale de handball poursuivi pour "corruption de mineurs" et "enregistrement d'images pédopornographiques"

Bruno Martini, placé en garde à vue lundi, fait l'objet d 'une plainte d'un adolescent de 13 ans depuis l'été 2020 comme l'a révélé ce mercredi franceinfo. Ce garçon avait expliqué à la police avoir échangé des selfies et vidéos à caractère sexuel avec un certain " Daddy" sur le réseau social Snapchat. En garde à vue, l'ancien gardien des Bleus a reconnu avoir approché le jeune garçon et expliqué avoir eu plusieurs contacts intimes en ligne avec de jeunes adultes ces dernières années. 

"La probable et souhaitable démission de Bruno Martini"

La Fédération française de handball assure avoir " pris connaissance aujourd’hui, avec stupéfaction, des faits extrêmement graves reprochés à Bruno Martini (...) et qui n’ont pas leur place dans le sport". Elle affirme avoir pleinement confiance en la Ligue nationale de handball et en ses instances " pour agir et tirer les conséquences qui s'imposent sur sa gouvernance".

Le président de la FFH, Philippe Bana " réunira dans les meilleurs délais le bureau directeur de la Fédération quant aux suites à donner à cette situation grave tant sur le plan pénal, sur le plan de la discipline fédérale que sur le plan humain". " Dans la droite ligne de sa politique de tolérance zéro qu’elle prône sur le sujet depuis plusieurs années, la FFHandball réaffirme sa détermination à lutter contre toutes formes de violence et entend rappeler qu’elle condamne sévèrement de tels faits, lorsqu’ils sont établis et quelle que soit la personne mise en cause", ajoute-t-elle dans son communiqué. 

Dans un autre communiqué, ce mercredi, le Comité Directeur de la Ligue nationale de handball a indiqué se réunir "en urgence en milieu de journée dans l’attente de la démission de son président, Bruno Martini." Évoquant des " faits d’une extrême gravité", la Ligue dit étudier les conséquences de cette affaire judiciaire, les dirigeants de la LNH disent " attendre la probable et souhaitable démission de Bruno Martini, sachant qu’une éventuelle condamnation conduirait de droit à une impossibilité d’exercice de la fonction", peut-on lire.

Avant d'indiquer que " Si tel n’était pas le cas dans les plus brefs délais, ils sont prêts collectivement à rendre leur mandat pour entraîner l’organisation de nouvelles élections et la fin des fonctions du président." Une assemblée générale élective a déjà été programmée le 7 mars " comme le prévoient les statuts de l'institution", précise le communiqué.

Un peu plus tôt dans la journée, la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra s'est dit " profondément choquée par ces informations dont la justice s'est saisie " dans un tweet. 



"J'ai pleinement confiance dans le fait qu'elles prendront toutes les décisions qui s’imposent, tant sur le plan des sanctions disciplinaires que sur le futur de la gouvernance", a par ailleurs ajouté Amélie Oudéa-Castéra, qui a également tenu à s'adresser à la victime présumée et à sa famille pour qui elle a " une pensée très émue."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.