Handball : pourquoi le PSG, auteur d'une saison immaculée en championnat, n'y arrive toujours pas en Ligue des champions

En finissant la saison par une 30e victoire en autant de matchs, le PSG Handball a remporté son huitième titre de champion de France, mercredi.

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L'arrière droit du PSG Handball Nedim Remili lors d'un match de Ligue des champions contre le FC Barcelone Handball, à Paris, le 9 décembre 2021. (MAXPPP)

Ils ont maintenu le suspense jusqu'à la dernière journée. Pas sur le titre de champion de France, conquis à cinq journées de la fin, mais sur leur nombre de victoires. En s'imposant contre Créteil (38-33) lors de la dernière journée de Starligue, mercredi 8 juin, le PSG Handball a réussi ce qu'aucun club français n'avait réalisé auparavant : 30 victoires en autant de matchs de championnat disputés sur une saison. Cette performance inédite ne fait pas oublier le palmarès parisien, encore et toujours vierge de tout titre européen. Franceinfo: sport se penche sur les raisons de cette incohérence.

Depuis dix ans, le club règne presque sans partage sur le championnat de France. A son palmarès, neuf titres, dont huit consécutifs. L'hégémonie fait suite à la prise de pouvoir de Qatar Sports Investments en 2012, dans la foulée du rachat du PSG côté football. En un an, l'ex-Paris Handball est passé de la 12e place au titre. Dunkerque a été le seul à pouvoir lui arracher sa couronne en 2014.

"Ça se joue à pas grand-chose"

Cette saison, les statistiques sans appel : 11 points d'avance sur leur dauphin nantais, une moyenne de plus de 36 buts par match, et une série de 33 victoires consécutives toujours en cours. "Même si c'est logique vu leur budget et leur effectif, dans une saison, il y a toujours un moment où on est fatigué, où il y a des blessés, souligne Denis Lathoud, ancien arrière gauche de l'équipe de France, à franceinfo: sport. C'est donc une sacrée performance." 

Dès lors, le PSG connaît-il le même destin au foot comme au handball, avec un plafond de verre en Ligue des champions ? Pas vraiment : le club parisien a en effet réussi à atteindre le Final Four, dernier carré de la compétition européenne, "à cinq reprises lors des sept dernières éditions, avec une finale en 2017", rappelle Jérôme Fernandez, ancien capitaine de l'équipe de France.

L'élimination en quarts de finale cette saison face au THW Kiel, champion d'Allemagne en titre, ne résulte que d'un petit but de différence au match retour. "C'est cruel. Ça se joue à pas grand-chose", déplore le double champion olympique.

Une déception, mais pas une gifle pour les hommes de Raúl González. "La marge de manœuvre en handball est très faible. Toutes ces équipes se valent. C'est l'histoire d'un arrêt, un pénalty raté... C'est un alignement des planètes qui permet d'aller chercher le titre", synthétise Denis Lathoud.

Un Final Four qui change la donne ?

Le format en vigueur depuis 2009 pour déterminer le vainqueur de la Ligue des champions y est aussi pour quelque chose. Les quatre clubs demi-finalistes se retrouvent à Cologne (Allemagne) pour disputer les derniers matchs de la compétition en un week-end.  Il n'y a donc pas de confrontation aller-retour, et les affiches sont tirées au sort quelques semaines avant l'échéance. De quoi remettre de l'enjeu entre les prétendants à la couronne européenne et offrir un boulevard aux challengers.

"Souvent c'est l'outsider qui gagne. Kielce [vainqueur en 2016] et le Vardar Skopje [en 2017] n'étaient pas favoris", souligne Denis Lathoud. Pour l'ancien champion du monde 1995, ces clubs "n'ont rien à perdre, ils jouent libérés contrairement aux autres qui ont la pression".

C'est ce dernier paramètre que les Parisiens "n'ont pas encore réussi à gérer. Le PSG aurait déjà dû gagner, ça c'est une certitude avec les moyens financiers qu'ils ont, même s'il font une saison exceptionnelle sur le plan national."

"Paris ne part pas favori" l'an prochain

Impossible pour le PSG de viser moins que le titre. Le Final Four ne suffit plus. "C'est l'objectif minimum. Quand ils n'y sont pas, c'est un échec", rappelle Denis Lathoud. Le club va encaisser dans les prochaines semaines les départs de mastodontes de l'effectif : Mikkel Hansen, Nedim Remili et Vincent Gérard plient bagages, respectivement en direction du Danemark, de la Pologne et de Saint-Raphaël.

Les rêves parisiens de Ligue des champions sont-ils dès lors fragilisés ? "Pour le championnat, je ne suis pas inquiet, mais au niveau européen, ce sera aussi dur que cette année. Le club ne se renforce pas par rapport à ses concurrents. Paris ne part pas favori, prédit Jérôme Fernandez. Retrouver une position d’outsider, est-ce que ça peut les aider à aller chercher le titre ?" Réponse en juin 2023.

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