Traité de "pute", Zidane veut faire payer Christophe Alévêque

Lors d'une audience qui a eu lieu aujourd'hui, les avocats du footballeur ont demandé 75 000 euros de dommages-intérêts à l'humoriste, qui l'avait traité de "panneau publicitaire" et de "pute" en janvier 2011.

Zinedine Zidane assiste au match entre le Dinamo de Zagreb et le Real de Madrid, en Croatie, le 14 septembre 2011.
Zinedine Zidane assiste au match entre le Dinamo de Zagreb et le Real de Madrid, en Croatie, le 14 septembre 2011. (AFP)

"J'ai la liberté qu'a toujours eue le bouffon qui était le seul à pouvoir s'attaquer au roi." Le "bouffon", c'est l'humoriste Christophe Alévêque. Dans le rôle du "roi", Zinedine Zidane, icône du foot et personnalité parmi les plus admirées de France. Lors d'une audience au tribunal de Paris jeudi 2 février, les avocats de "Zizou" ont demandé 75 000 euros de dommages-intérêts à l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier. Dans un entretien au magazine Sport Mag en janvier 2011, il avait qualifié le footballeur de "panneau publicitaire à trois neurones". "Cet homme est une pute", avait-il poursuivi.

Le parquet a jugé ces phrases injurieuses. A la barre, Christophe Alévêque les a assumées, défendant la liberté d'expression. Il a justifié ses attaques contre Zidane par le fait qu'il avait notamment été payé par le Qatar en 2010 pour contribuer à obtenir l'organisation du Mondial 2022 dans ce pays, une décision très controversée.

Le substitut du procureur n'a pas requis de peine précise. En revanche, elle a souligné que les propos avaient été tenus dans le cadre d'un entretien avec un média et non dans un spectacle humoristique, où l'expression est juridiquement plus libre. Par ailleurs, a-t-elle dit, "je ne crois pas que la vulgarité élève le débat". Zinedine Zidane, 39 ans, était absent à l'audience. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 22 mars.