Ligue des champions : Wendie Renard, une exigence jusque dans les "petits détails" pour nourrir une faim insatiable de trophées

La Lyonnaise pourrait remporter, samedi, contre Barcelone, sa neuvième Ligue des champions.
Article rédigé par Cindy Jaury
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 4 min
La Lyonnaise Wendie Renard lors de la demi-finale retour de Ligue des champions contre le PSG au Parc des Princes, le 28 avril 2024. (Pauline Figuet / SPP/Sipa USA/SI)

Il fallait la voir, trophée en main, célébrer ce 17e championnat remporté, comme si c’était le premier. "On ne s’en lasse jamais", souriait-elle en zone mixte après le match. En finale des playoffs contre le Paris Saint-Germain, vendredi 17 mai, Wendie Renard, 33 ans, a ajouté un nouveau titre à son palmarès déjà bien garni. Dix-sept auxquels s’ajoutent dix Coupes de France et huit Ligue des champions, avant une possible neuvième, samedi 25 mai à l'issue de la finale face au FC Barcelone, à Bilbao. Mais rien n’entache son envie d’empiler toujours plus de trophées. "Quand on en gagne un, c’est comme quand on commence à manger, racontait-elle. Des fois, on n’a pas faim, et puis on commence à goûter et on se dit que c’est bon. On a envie de finir l’assiette."

Il y a des signes qui ne trompent pas. Son ancien entraîneur à l’Olympique lyonnais (2010-2014), Patrice Lair, se souvient d’ailleurs les avoir remarqués assez vite en observant la joueuse un soir de Ligue des champions, deux ans avant sa prise de fonction. Les Lyonnaises croisent alors la route de l’Umea IK, club suédois. "Elle avait fait une petite erreur contre Marta, souligne-t-il. On sentait déjà un potentiel énorme et une grosse motivation. Et il y avait cette erreur qui l’avait, je dirais, peut-être un peu vexée, on l’avait bien ressenti un peu après."

Une ambition illustrée par son professionnalisme

Elle tire son inspiration de son amour du ballon rond. Son ancienne coéquipière à Lyon et chez les Bleues, Corine Petit, en a été témoin. "J’adorais jouer, mais je ne regardais pas 50 matchs par semaine comme peut le faire Wendie. Elle vit par le foot et pour le foot. Tous ces petits détails, ça fait peut-être quelque chose en plus." Les petits détails, ceux de la "préparation invisible", insiste Corine Petit, sa façon de s’attarder sur sa nutrition ou son sommeil, par exemple. 

"Elle est comme ça depuis toute petite, elle a forcément des hobbies et sa famille est importante pour elle, mais elle fait attention à tout pour être dans les meilleures conditions pour bien récupérer physiquement. C’est aussi ça qui fait sa force."

Corine Petit, ancienne joueuse de l'Olympique lyonnais

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"C’est sûrement l’une des plus grandes professionnelles que j’ai pu connaître, aussi bien en dehors que sur le terrain", acquiesce son ancien entraîneur. Un constat partagé par ses adversaires – comme Julie Peruzzetto, qui a longtemps porté le maillot de Toulouse et Saint-Etienne en D1. "Elle a beaucoup d’exigence, de rigueur", rappelle l’ancienne joueuse offensive, qui s’est souvent retrouvée avec Wendie Renard au marquage.

Renverser le jeu pendant les temps faibles

Julie Peruzzetto se souvient aussi d’une capitaine respectée, qui mobilise son équipe sur le terrain. "Là où elle est très forte, et ce qu’elle cultive, c’est sa force mentale. Elle est capable, quand on est sur un moment faible pour l’équipe, de faire pencher les choses par cette puissance mentale qu’elle dégage. Elle va toucher une, deux ou trois joueuses qui vont être capables d’aller marquer." Aux yeux de Corine Petit, Wendie Renard possède "une parole importante et des mots souvent très justes", en club ou en sélection.

C'est l’une des raisons pour lesquelles Patrice Lair n’a pas hésité très longtemps au moment de désigner une nouvelle capitaine après l’arrêt de Sonia Bompastor (en 2013), actuelle coach de cet Olympique lyonnais. "Quand j’ai mis Wendie capitaine, Philippe Bergeroo, qui était sélectionneur de l’équipe de France, m’a appelé et m’a demandé qui est-ce que je mettrais comme capitaine chez les Bleues, se remémore Patrice Lair. Je lui ai dit : 'C’est tout trouvé, il faut mettre Wendie. C’est elle qui va emmener l’équipe vers les succès.'" 

"L’ADN de Lyon"

Julie Peruzzetto le résume ainsi : "Pour moi, elle représente l’ADN de Lyon : la grinta, cette culture de la gagne." Une philosophie insufflée à tout un collectif, qui se mélange avec la propre ambition de la joueuse. "C’est tellement du bonheur de gagner… On sait ce que c’est de se tourner après une finale perdue et regarder les autres avec le feu d’artifice et la Coupe qui se lève, évoque Corine Petit. Quand on a vécu les deux… on veut aller chercher plus, toujours."

Cette force de caractère, Wendie Renard a réussi à la conserver dans les moments plus complexes. Les défaites en sélection, les blessures – la Lyonnaise a été écartée des terrains pendant trois mois en ce début d’année, ratant ainsi le Final Four (carré final) de la Ligue des nations – ou sa perte temporaire du brassard en équipe de France sous le mandat de Corinne Diacre.

Wendie Renard et Corinne Diacre, alors sélectionneuse des Bleues, le 28 juin 2019 au Parc des Princes. (FRANCK FIFE / AFP)

Dans ces moments-là, elle peut compter sur ses proches. "Elle a perdu son père jeune [elle avait 8 ans], elle est venue en métropole [de Martinique] pour faire une carrière… Je pense qu’elle ne veut pas que tout ça s’arrête, rappelle Patrice Lair. Elle a ces ressources mentales, avec ses proches et les gens qui l’entourent. Elle retrouve cette force parce qu’elle sait d’où elle vient et elle ne veut rien lâcher. Elle mérite tout ce qui lui arrive, elle est allée le chercher." Dans sa ligne de mire, il y a forcément cette nouvelle Ligue des champions à remporter contre Barcelone. Et, puis dans la foulée, la possibilité d’un titre olympique, dès cet été à la maison, avec les Bleues.

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