Ce que l'on sait de l'arrestation de sept responsables de la Fifa pour corruption présumée

Le "New York Times" révèle que les interpellations ont eu lieu, mercredi matin, à Zurich, alors que les dirigeants de la Fédération internationale de football se réunissaient pour leur congrès annuel. 

Un van de la police suisse devant l\'hôtel zurichois (Suisse) où ont été arrêtés des responsables de la Fifa, le 27 mai 2015.
Un van de la police suisse devant l'hôtel zurichois (Suisse) où ont été arrêtés des responsables de la Fifa, le 27 mai 2015. (ARND WIEGMANN / REUTERS)

Sept responsables de la Fédération internationale de football (Fifa) ont été arrêtés, tôt mercredi 27 mai, alors qu'ils devaient se réunir pour leur congrès annuel à Zurich (Suisse). L'information, révélée par le New York Times (en anglais), a été confirmée par la Suisse et les Etats-Unis. La justice américaine réclame leur extradition pour des faits de corruption présumée. La Suisse a profité de ces arrestations pour officialiser, un peu plus tard dans la matinée, l'ouverture d'une enquête, en mars, sur l'attribution des Coupes du monde 2018 (Russie) et 2022 (Qatar).

Francetv info revient sur cette vague d'arrestations sans précédent dans l'univers feutré du football international.

Que s'est-il passé ?

Les arrestations se sont faites dans le calme. Les policiers suisses se sont présentés à l'accueil du Baur Au Lac Hotel de Zurich, tôt, mercredi. Après avoir relevé les numéros de chambre des six personnes concernées, ils sont montés les arrêter, raconte un journaliste du New York Times.

Les responsables interpellés ont quitté l'hôtel par une porte secondaire. Ils n'étaient pas menottés et ont pu emporter une valise. Les employés de l'hôtel ont tenté de les mettre à l'abri des regards avec des draps, comme le montrent ces images de l'agence AP.

AP

Un septième a été arrêté un peu plus tard dans la matinée, dans des circonstances non précisées, indique le ministère de la Justice suisse.

Qui sont les personnes arrêtées ?

Le ministère de la Justice suisse indique que sept "fonctionnaires du football" ont été arrêtés "à la demande des autorités américaines". Jeffrey Webb, vice-président du comité exécutif, représentant des Iles Caïmans et président de la Concacaf, la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, figure parmi les interpellés.

Le président de la Concacaf, Jeffrey Webb (à droite), à côté du président de la Fifa, Sepp Blatter (à gauche), le 16 avril 2015, aux Bahamas.
Le président de la Concacaf, Jeffrey Webb (à droite), à côté du président de la Fifa, Sepp Blatter (à gauche), le 16 avril 2015, aux Bahamas. (DAVID LEAH / MEXSPORT / AFP)

On retrouve également l'Uruguayen Eugenio Figueredo, lui aussi vice-président du comité exécutif. L'actuel président de la Fifa, Sepp Blatter, qui doit être réélu vendredi pour un cinquième mandat, n'est pas concerné par cette vague d'interpellations.

Que leur reproche-t-on ?

Les accusations portent sur des faits de corruption présumée commis sur les vingt dernières années, essentiellement au sein de la Concacaf, l'une des six fédérations régionales de la Fifa. Au total, 14 personnes, dont des Américains et des Sud-Américains travaillant dans le marketing sportif, sont mises en examen dans cette affaire, selon le communiqué du ministère de la Justice américain.

Selon le ministère de la Justice suisse, des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif auraient versé des pots-de-vin à des délégués Fifa en échange de "droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud". Le montant de ces dessous-de-tables se chiffre en millions d'euros.

Pourquoi l'enquête est-elle menée par la justice américaine ?

Selon la demande d'arrestation américaine, citée par le ministère de la Justice suisse, les négociations autour de ces pots-de-vin "auraient été conclues aux Etats-Unis, où ont également eu lieu les préparatifs". Des paiements auraient aussi transité par des banques américaines. Autant d'éléments qui expliquent la mobilisation de la justice américaine dans cette affaire.

Selon le Wall Street Journal (en anglais), cette opération est l'aboutissement d'une enquête entamée il y a des années par le FBI. Les policiers américains ont reçu un coup de pouce décisif en 2011, lorsqu'un Américain membre du comité exécutif, Charles Chuck Blazer, a accepté de collaborer avec eux. Sous la menace d'une enquête pour évasion fiscale, l'homme, qui a quitté la Fifa en 2013 après des accusations de corruption, a enregistré plusieurs conversations avec d'autres cadres de la fédération.

Après l'annonce des arrestations, un porte-parole de la Fifa a indiqué que cette dernière cherchait "à clarifier" la situation. "Nous ne ferons pas de commentaire à cette étape", a déclaré la porte-parole.