Soupçons de matchs truqués : le club de foot de Nîmes rétrogradé de Ligue 2 en National

Le Nîmes Olympique, au cœur de cette affaire, sera rétrogradé à l'issue de la saison.

Des supporters du Nîmes Olympique le 22 novembre 2014 dans les rues de Nîmes (Gard).
Des supporters du Nîmes Olympique le 22 novembre 2014 dans les rues de Nîmes (Gard). (PASCAL GUYOT / AFP)

Le club de Nîmes, au centre des soupçons dans l'affaire des matchs présumés truqués en Ligue 2, sera rétrogradé en National à l'issue de la saison, annonce la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), mardi 17 mars. La décision a été prise après deux jours de réunion pour instruire l'affaire. Au total, des dizaines d'auditions ont été menées.

"Je suis abasourdi. C'est anormal (...). On va se battre jusqu'au bout et faire appel", a déclaré le président du club Christian Perdrier, lors d'une conférence de presse.

Quels sont les faits reprochés ?

Alors que Nîmes était à la lutte pour son maintien en Ligue 2, à la fin de saison passée, quatre rencontres auraient fait l'objet de tentative de corruption, selon le président de la commission, Sébastien Deneux : CA Bastia-Nîmes, Dijon-Nîmes, Caen-Nîmes (qui était au centre de l'affaire) et Créteil-Nîmes. "Aucun de ces quatre matchs ne peut être considéré comme arrangé ou truqué", précise ce dernier. Mais il estime que le seul fait d'avoir tenté de les arranger mérite sanction.

Le match Caen-Nîmes du 13 mai 2014 retient notamment l'attention des enquêteurs. Le résultat (1-1) avait contenté les deux équipes, puisque Caen était ensuite monté en Ligue 1 tandis que Nîmes assurait son maintien. Selon des écoutes téléphoniques citées par Le Canard enchaîné, le président de Nîmes à l'époque, Jean-Marc Conrad, avait "fait déposer à la porte du vestiaire 24 cartons de 12 bouteilles de vin" après le match.

Quelles sont les sanctions individuelles ?

L'actionnaire principal d'alors, Serge Kasparian, a été sanctionné par la commission de la LFP de dix ans d'interdiction de licence, tandis que l'ancien président Jean-Marc Conrad est interdit de fonction officielle pendant sept ans. Mohamed Regragui, l'ancien coach mental, a écopé d'un an d'interdiction de toute fonction officielle, dont six mois avec sursis.

Franck Toutoundjian et Michel Moulin, soupçonnés d'avoir servi d'intermédiaires, ont respectivement été sanctionnés de deux ans d'interdiction de toute fonction officielle et d'un an d'interdiction de licence.

Enfin, Kaddour "Pilou" Mokeddel, directeur commercial, de la sécurité et de la communication de Caen, écope de deux mois d'interdiction de toute fonction officielle. En revanche, aucune sanction n'a été prononcée contre Jean-François Fortin, président de Caen aujourd'hui interdit d'exercer.

Les poursuites sont-elles seulement sportives ?

Non. Une procédure pénale est ouverte, parallèlement à la justice sportive. Six personnes ont été mises en examen, dont le président de Caen Jean-François Fortin et son ex-homologue de Nîmes, Jean-Marc Conrad.