Football : entre la CAN et le Covid, les clubs européens au bord de la crise de nerfs

De nombreux clubs sont touchés par des foyers de Covid-19 en ce début d'année. Le début de la CAN dimanche n'arrange pas vraiment les choses.

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France Télévisions
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Liverpool sera orphelin de ses stars Sadio Mané et Mohamed Salah pendant un mois. (RUI VIEIRA / POOL)

Pour les clubs de football européen, janvier rime avec dangers. Ils n'échappent pas au variant Omicron, responsable de multiples mises à l'isolement au retour des fêtes. Dix-huit matchs de Premier League ont ainsi été reportés, 80 joueurs sont positifs en Serie A, et certains cadors comme le Bayern Munich déplorent d'importants foyers épidémiques.


Ce nouveau bond des contaminations survient dans une période déjà tendue du calendrier. Il s'ajoute en effet aux nombreux départs de joueurs pour la Coupe d'Afrique des nations, qui débute dimanche au Cameroun. La lanterne rouge de Ligue 1, Saint-Etienne, a ainsi vu partir cinq joueurs importants, dont Wahbi Khazri (Tunisie) et Denis Bouanga (Gabon), ses deux meilleurs buteurs. D'autres clubs ont eu le bonheur de voir certains joueurs renoncer à la compétition. A Lens, le Malien Cheick Doucouré et l'Ivoirien Seko Fofana sont restés par "choix personnels", dixit le club sang et or.

Wahbi Khazri et Denis Bouanga manqueront cruellement à l'ASSE en janvier. (R?MY PERRIN / MAXPPP)

En Angleterre, Liverpool est particulièrement handicapé avec les absences de ses stars africaines Mohamed Salah (Egypte) et Sadio Mané (Sénégal). Mais tous ne jouent pas le jeu : des clubs, pourtant contraints de libérer leurs joueurs, sont allés au bras de fer avec les sélections. C'est le cas de Watford, 17e de Premier League. Le club s'est vu reprocher par la Fédération sénégalaise de tenter de "bloquer" son ailier sénégalais Ismaïla Sarr, finalement libéré. L'attaquant nigérian Emmanuel Dennis a lui été retenu par Watford, le club expliquant que les "Super Eagles" ne l'avaient pas convoqué "à temps".

"Nous n'avons pas encore appris à vivre avec le Covid"


En Espagne, Alavés (16e de Liga) subit de plein fouet l'effet conjugué de la CAN et de la pandémie. Ses deux gardiens professionnels, Fernando Pacheco et Antonio Sivera, sont positifs au Covid-19 et le portier de l'équipe réserve, Jesus Owono, a été appelé par la Guinée équatoriale. A Bologne (10 en Serie A), l'inquiétude est aussi de mise. "C'est une situation difficile. Avec les cas de Covid, les blessés et la CAN, il manque douze joueurs", a résumé l'entraîneur Sinisa Mihajlovic, avant de plaisanter : 

"Il faut voir le bon côté : je suis devenu l'entraîneur le mieux payé au monde, j'entraîne une équipe réserve en gagnant beaucoup d'argent !"

Sinisa Mihajlovic, entraîneur de Bologne (Serie A)

en conférence de presse


Face à cette situation, Bologne comme d'autres écuries (Bordeaux, Lorient, Bayern Munich, Liverpool cette semaine...) n'ont pas d'autre choix que de demander le report de leurs rencontres. Certains clubs, de leur côté, pestent contre le protocole médical. "Nous n'avons pas encore appris à vivre avec le Covid, a récemment pointé l'entraîneur de l'Eintracht Francfort Oliver Glasner. Imposer 14 jours de quarantaine à des gens qui n'ont aucun symptôme : là, on pourrait améliorer les choses".

Une situation non sans conséquences pour le mercato d'hiver

En France, la Ligue a intégré ces interrogations en raccourcissant la durée d'isolement des joueurs vaccinés, passée de dix à sept jours, voire cinq en cas de nouveau test négatif. Mais les clubs français risquent bientôt de devoir faire face au passe vaccinal obligatoire. La mesure, actuellement débattue au Parlement, pourrait, dès le 15 janvier, priver de compétition les joueurs les plus réticents face au vaccin.

"Cela va être une approche à avoir avec eux. J'ai commencé à leur en parler. S'ils veulent jouer au football en compétition, ils n'auront pas le choix. Est-ce qu'ils se vaccineront à contre-coeur ? Certainement"

Thierry Delmeule, médecin des Girondins de Bordeaux

AFP

L'état vaccinal des footballeurs risque même de devenir un critère important lors du marché des transferts, ouvert tout au long du mois de janvier. "Cela aura son influence, indubitablement, avait assuré mi-décembre Jürgen Klopp, l'entraîneur de Liverpool. Si un joueur n'est pas vacciné du tout, il est une menace constante pour nous tous."


Le mercato s'annonce aussi perturbé par le risque de contaminations. Les clubs laisseront-ils partir des joueurs en manque de jeu mais potentiellement utiles en cas de cluster ? "Les clubs ont du mal à laisser leurs joueurs, parce que le spectre du Covid plane sur ces clubs, aussi, a constaté Pascal Dupraz, nouvel entraîneur de Saint-Etienne. Il faut nous armer de patience."

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