Ligue 1 : quatre raisons qui font que le PSG n'est pas encore champion

En battant l'OM (2-3) au stade Vélodrome, dimanche soir, le club de la capitale a pris cinq points d'avance sur un de ses concurrents directs à sept journées de la fin du championnat de France.

Les Parisiens Marco Verratti (à gauche) et Zlatan Ibrahimovic après la victoire du PSG face à l\'Olympique de Marseille (2-3), dimanche 5 avril, au stade Vélodrome.
Les Parisiens Marco Verratti (à gauche) et Zlatan Ibrahimovic après la victoire du PSG face à l'Olympique de Marseille (2-3), dimanche 5 avril, au stade Vélodrome. (BORIS HORVAT / AFP)

Un résultat capital ? En l'emportant au stade Vélodrome face à l'Olympique de Marseille, dimanche 5 avril, en clôture de la 31e journée de Ligue 1, le Paris Saint-Germain a fait un grand pas vers le titre de champion de France. Un résultat d'autant plus positif que le club de la capitale était mené à la mi-temps, et risquait d'être dépassé par ses deux principaux concurrents, Marseille et Lyon.

En tête de le Ligue 1 avec un point d'avance sur les Gones, cinq sur Marseille et aucun match contre une équipe du top 6 en vue, le PSG a-t-il définitivement posé ses griffes sur son troisième trophée de champion de France d'affilée ? Pas si vite : passage en revue des points pour lesquels la machine parisienne pourrait encore s'enrayer, à sept journées de la fin de la saison.

Lyon et Monaco restent dans la course

"Si on joue chaque journée comme ce soir, on sera là jusqu'à la fin", veut croire le meneur de jeu marseillais, Dimitri Payet. Il n'empêche : l'OM aura bien du mal à rattraper un retard de cinq points en sept journées. Si Paris lui a peut-être donné le coup de grâce, dimanche soir, Marseille était déjà un rival de moins en moins sérieux. Leader à la mi-saison, l'OM n'est que 12e au classement des matchs retour, avec un bilan très moyen de 4 victoires, 4 nuls et 4 défaites. Sur cette période, les Phocéens ont pris huit points de moins que les Parisiens.

En revanche, les autres rivaux du PSG tiennent le rythme. Sur cette même période, Lyon a pris 22 points (contre 24 pour Paris), et ne compte qu'un petit point de retard sur le leader. Et Monaco parvient aussi à maintenir la cadence. Si l'ASM gagne son match en retard (qu'il joue mardi contre Montpellier), il reviendrait à la 3e place à égalité avec l'OM. Surtout, le club de la Principauté semble dans une meilleure dynamique pour profiter d'un éventuel faux pas du binôme de tête. Paris a donc encore de sérieux concurrents.

La dernière fois que le championnat a été aussi disputé, ça s'est mal terminé pour le PSG

Si Paris est double champion de France en titre, on ignore comment le club de la capitale gérera (ou pas) le sprint final. Les deux dernières saisons, les Parisiens étaient, en effet, à l'abri de toute concurrence. L'an dernier, après 31 journées, le PSG comptait déjà 13 points d'avance sur le deuxième, Monaco. En 2013, il devançait l'OM de 7 points.

Pour voir le PSG pris dans une course au titre aussi serrée, il faut remonter à la saison 2011-2012, qui rappelle de mauvais souvenirs aux supporters parisiens. Fraîchement racheté par les Qataris, le club comptait 3 points de retard sur Montpellier après 31 journées, et n'était jamais parvenu à combler son retard sur le champion surprise, en dépit d'un bon parcours dans les sept dernières journées (16 points pris sur 21 possibles).

La fin de saison des Parisiens s'annonce chargée

"Gagner quatre titres [cette saison] ? J'y crois." Le président parisien Nasser Al-Khelaïfi est optimiste, mais cette ambition de jouer toutes les compétitions à fond pourrait faire perdre le championnat de France au PSG. Alors qu'il reste 7 matchs à disputer à l'OM et l'OL d'ici à la fin de la saison (au moins 9 pour Monaco, encore engagé en quart de finale de Ligue des champions), Paris jouera dans le même temps au moins 11 rencontres, entre la demi-finale de la Coupe de France face à Saint-Etienne, mercredi, la finale de la Coupe de la Ligue contre Bastia, samedi, et la double confrontation contre le FC Barcelone en quarts de finale de la Ligue des champions.

Soit deux matchs par semaine jusqu'au début du mois de mai. Un programme qui pourrait même monter à 15 matchs, si Paris va au bout dans toutes les compétitions. Et ce alors que le PSG est déjà l'équipe française qui a joué le plus de matchs cette saison.

Les Parisiens peuvent se rassurer en se disant qu'ils ne joueront plus aucune équipe du top 6 en Ligue 1 d'ici à la fin de la saison. Soit un calendrier légèrement plus abordable que Lyon (qui reçoit notamment Saint-Etienne et Bordeaux), Monaco (qui se déplace à Marseille), et surtout l'OM (qui se déplace à Bordeaux et Lille avant d'accueillir les Monégasques).

L'effectif est au bout du rouleau et en fin de cycle

Ce rythme soutenu commence à peser sur les organismes parisiens, qui jouent à fond quatre compétitions depuis plusieurs saisons, et ont, pour la plupart, passé l'été à disputer la Coupe du monde. Dimanche, David Luiz et Thiago Motta sont sortis sur blessure, rejoignant Lucas à l'infirmerie. Les absences de ces trois joueurs majeurs de l'équipe, couplées à l'enchaînement des matchs à enjeu, forceront Laurent Blanc à faire tourner son effectif face aux petites équipes de L1. Des quatre clubs qui peuvent encore prétendre décrocher le titre de champion de France, Le Parisien note que Paris est celui qui compte le plus petit nombre de joueurs de champs.

Tout cela dans un climat général d'incertitude. Le leader de l'équipe, Zlatan Ibrahimovic, enchaîne les performances en demi-teinte, et est soupçonné par un journal suédois de préparer un départ aux Etats-UnisLibération évoquait même, il y a quelques semaines, un grand ménage dans l'effectif à l'intersaison. Certains joueurs pourraient donc avoir la tête ailleurs. Mais la capacité parisienne à retourner le match face à Marseille en seconde période – après avoir fait de même contre Chelsea – montre que le PSG en a encore sous les crampons.