Ligue Europa : Moumbagna, Henrique, Lopez... Les trois héros inattendus de la qualification de l'OM

Tandis que Pierre-Emerick Aubameyang a, pour une fois, été muet, ce sont trois mal-aimés qui ont envoyé l'OM en demi-finale de Ligue Europa, jeudi, face au Benfica.
Article rédigé par Adrien Hémard-Dohain - Envoyé spécial à Marseille
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 5 min
Luis Henrique, Pau Lopez et Faris Moumbagna lors d'OM-Benfica, le 18 avril 2024, à Marseille. (AFP)

A la veille du quart de finale retour de Ligue Europa face au Benfica, Jean-Louis Gasset avait prévenu : Pierre-Emerick Aubameyang ne peut pas tout faire à l'OM. "Pierre marque souvent, mais les autres ont le rôle de nous aider le plus tôt possible. Que ce soit Moumbagna, Ndiaye... Il faut que des gens prennent le relais et qu'on n'ait pas toujours le même joueur pour nous sortir de l'ornière". Des paroles qui ont été entendues par les joueurs, avec des héros inattendus lors de ce quart de finale retour victorieux, qui ont fait oublier les absences de poids (Clauss, Merlin, Rongier...).

Il le fallait car, pour une fois, Pierre-Emerick Aubameyang (10 buts en 10 matchs de C3) a laissé son costume de héros en signant une passe décisive pour Faris Moumbagna. Auteur du tir au but vainqueur, le Brésilien Luis Henrique restera lui aussi dans les cœurs phocéens, tout comme Pau Lopez, infranchissable dans le jeu, puis acteur majeur de la séance de tirs au but.

Faris Moumbagna : un but pour se relancer

Quand Faris Moumbagna a retiré son chasuble pour entrer sur la pelouse, à l'heure de jeu, c'est peu dire que le Vélodrome n'était pas franchement emballé. "En deuxième période, il fallait prendre des risques pour marquer", a justifié Jean-Louis Gasset après la rencontre, sans que cela ne soit nécessaire car, entre temps, les événements avaient donné raison à l'entraîneur phocéen. A la pointe de l'attaque, Faris Moumbagna a fait basculer ce quart de finale retour.

Arrivé cet hiver à l'OM en provenance de Bodo Glimt (Norvège), le Camerounais est l'antithèse de Pierre-Emerick Aubameyang : un point de fixation difficile à bouger, poison dans les duels dont la puissance fait des ravages et ouvre des brèches pour ses coéquipiers. Cet abattage physique l'excuse parfois pour son manque d'efficacité, lui qui n'avait jusque là inscrit que deux buts en 11 matchs avec l'OM.

Faris Moumbagna célèbre son but face au Benfica en Ligue Europa, le 18 avril 2024. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

En ouvrant le score en fin de match, et donc en envoyant les siens en prolongations, Faris Moumbagna a choisi le meilleur moment pour améliorer son ratio. Fort d'une côte de sympathie inversement proportionnelle à celle de son prédécesseur – le Portugais Vitinha, expédié en prêt au Genoa en janvier – le Camerounais a rappelé qu'il était plus qu'un déménageur en glissant subtilement de la tête le ballon entre les jambes d'Anatoliy Troubine. Son troisième but de la saison, dont les Phocéens se souviendront longtemps.

Luis Henrique : de banni à héros

Lui aussi est entré à l'heure de jeu, et lui non plus n'a pas franchement été ovationné par le Vélodrome. Pourtant, Luis Henrique est bien le joueur qui symbolise cette double confrontation entre l'OM et Benfica.

Car, avant d'être l'auteur du tir au but décisif, le Brésilien a livré une nouvelle prestation pleine, après avoir déjà dépanné à l'aller en tant que latéral gauche, puis droit, lui l'ailier de formation.

"Je suis content pour lui, parce que je le trimballe arrière droit, arrière gauche, c'est mon couteau suisse. C'est vrai qu'il est critiqué, mais c'est un bon petit."

Jean-Louis Gasset, entraîneur de l'OM

en conférence de presse

Et dire que Luis Henrique, de retour de prêt du Brésil en janvier, ne devait même pas rester à l'OM. Sans Gennaro Gattuso, l'ailier, si souvent maladroit, n'aurait pas été retenu pour cette deuxième partie de saison. De là à l'imaginer héros d'un quart de finale européen...

"Mercredi, on a fait une série de pénalties à la fin de l'entraînement, j'ai vu ceux qui sont froids dans l'exercice, a précisé Jean-Louis Gasset. Tirer après 120 minutes, c'est compliqué. Quand on a désigné les cinq tireurs, les joueurs en confiance se sont mis en avant, Luis a été dans les cinq premiers à se positionner". Placé quatrième dans la hiérarchie, le Brésilien n'a pas failli. Et peut-être enfin lancé son histoire avec l'OM.

L'infranchissable Pau Lopez

Souvent décrié, notamment pour son manque d'efficacité sur la ligne, Pau Lopez est de ceux que l'on montre vite du doigt à Marseille, dès que le navire tangue. Même si l'Espagnol a souvent été l'un des rares à monter au front, comme l'a rappelé Jean-Louis Gasset : "C'est un des leaders du groupe. Il est dans les 3-4 avec lesquels je parle beaucoup. Il était frustré de ses derniers matchs. Il prenait des buts sur des centres en retrait, il ne pouvait rien faire. Aujourd'hui, il a été décisif, il le mérite."

Exemplaire dans l'attitude, Pau Lopez a sûrement livré sa meilleure prestation sous le maillot phocéen, deux ans et demi après son arrivée. Peu de temps avant l'ouverture du score, il a sauvé l'OM face à Rafa Silva et Angel Di Maria (73e), avant de se dresser à nouveau face à l'Argentin (98e), puis devant Marcos Leonardo (108e).

La suite ? Une séance de tirs au but parfaitement maîtrisée : sur ses quatre plongeons, l'Espagnol a toujours bondi du bon côté, tout en déstabilisant soigneusement ses adversaires. Logiquement, il a fini par sortir la quatrième tentative, signée Antonio Silva. Un arrêt célébré comme un but vainqueur par le Vélodrome.

Une prestation de haut vol qui peut même faire nourrir quelques regrets à l'OM. Les Olympiens restaient sur une séance de tirs au but perdue face au Panathinaïkos, en août. Ce jour-là, Pau Lopez avait été sorti par Marcelino juste avant la séance, remplacé par Ruben Blanco, qui avait encaissé les cinq tirs au but.

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