Gignac, Thauvin... Pourquoi le Mexique attire les joueurs français ?

Le transfert de l'attaquant de l'OM Florian Thauvin aux Tigres de Monterrey, relance l'intérêt autour d'un championnat mexicain souvent méconnu du grand public. 

Article rédigé par
Hugo Lauzy - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Le Français André-Pierre Gignac sera accompagné de Florian Thauvin dès la saison prochaine au Mexique, sous le maillot des Tigres de Monterrey. (JORGE MARTINEZ / 623)

Nouvelle destination pour le champion du monde marseillais Florian Thauvin qui découvrira le championnat mexicain avec les Tigres de Monterrey dès la saison prochaine. À 28 ans et en fin de contrat avec l’Olympique de Marseille, il s’est engagé vendredi 7 mai pour un contrat de cinq ans, dans le club de la Liga MX où il retrouvera l'idole locale André-Pierre Gignac. Opportunité en or ou pari fou pour un joueur en pleine force de l’âge ? Eléments de réponse.

En fin de cycle avec le club phocéen, le choix de partir libre pour un autre championnat européen (Italie, Espagne) était dans toutes les têtes ces derniers mois au sujet de Florian Thauvin. Mais un intérêt venu du Mexique dès la fin mars, est venu tout chambouler dans l’esprit de l’international français. Dribbleur et provocateur sur le terrain, il l’a aussi été dans les coulisses, cette fois-ci pour débarquer chez le dixième actuel du championnat mexicain, et récent finaliste de la dernière Coupe du Monde des clubs face au Bayern Munich.

Gignac, le précurseur

Depuis le début des années 2010, le championnat mexicain ne cesse de monter en puissance et de se structurer sur un modèle différent de la MLS américaine voisine, basé sur la venue de stars en déclin. Pourtant, le premier coup de tonnerre est celui de l'arrivée en 2014 de la star brésilienne Ronaldinho, en fin de course à 35 ans, dans le club de Querétaro. Un flop bien rattrapé un an plus tard par les Tigres, en quête de reconnaissance et d'un coup marketing sur la scène nationale, avec un transfert surprenant à l'époque : celui du buteur marseillais André-Pierre Gignac, alors âgé de 29 ans et même resélectionné par la suite en équipe de France pour l'Euro 2016. 

Six ans après avoir débarqué au Mexique, le bilan est un succès absolu pour Gignac tant sur le terrain qu'en dehors. Déjà considéré comme une légende du football dans le pays avec 149 buts en 260 matchs, il a remporté quatre titres nationaux et une Ligue des Champions continentale. "Un mariage assez évident, car il a ce côté sanguin et latin que demandent les clubs mexicains. Il a le profil "tigre" qui est celui d'un joueur technique, travailleur et qui a la rage. Ici, on ne peut pas trahir le football, sinon il est impossible de réussir", explique Diego Tonatiuh Calmard, journaliste franco-mexicain à Lucarne Opposée et So Foot, qui vit en partie dans ce pays.

D'autres Français comme Andy Delort et Timothée Kolodziejczak - restés respectivement six et onze mois aux Tigres - ou Jérémy Ménez (en une saison et demie à América) n'ont pas eu cette même réussite, faute d'avoir pu s'intégrer sportivement.

Un choix de vie et un challenge sportif excitant

Souvent décrit comme un championnat de seconde zone, le championnat mexicain est dense avec plusieurs clubs historiques (Cruz Azul, América, CF Monterrey...). Un pays avec une culture foot offensive et joueuse, qui selon Diego Tonatiuh Calmard peut profiter au joueur français. "Le Mexique est un des trois meilleurs championnats d'Amérique avec l'Argentine et le Brésil et son niveau vaut largement celui du Portugal ou des Pays-Bas en Europe. Les équipes de haut de tableau pourrait même lutter avec des clubs de Ligue 1 pour une place européenne". 

Autre paramètre à prendre en compte, le côté financier. Les clubs mexicains sont soutenus par de gros investisseurs et entreprises nationales, capables de proposer des salaires attractifs aux meilleurs joueurs sud-américains comme ceux venant d'Europe. Propriétaire des Tigres, la multinationale CEMEX, spécialisée dans le bâtiment et le ciment, en est l'exemple type.

Sans oublier le choix de vie et d'environnement du joueur : "C'est un élément déterminant pour un joueur comme Florian Thauvin. On oublie trop souvent le côté humain d'un footballeur qui semble être formaté pour le plus haut niveau. Mais le fait de vivre quelque chose de nouveau dans un environnement inconnu est très attractif également."

Un pari osé mais relevé par Florian Thauvin, champion du monde en 2018 à un mois de l'Euro. Non sélectionné avec les Bleus depuis juin 2019, sa décision de s'exiler au Mexique pourrait un peu plus l'éloigner des radars de l'équipe de France.

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