Vidéo Finale de Ligue des champions : "Jamais je n'ai vu une telle désorganisation autour du Stade de France, je suis très en colère", déclare Stéphane Troussel

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Le président du département de la Seine-Saint-Denis, invité de franceinfo, réclame une enquête sur la gestion par les autorités de la soirée de la finale de Ligue des champions, samedi 28 mai.

"Jamais je n'ai vu une telle désorganisation autour du Stade de France (…) je suis très en colère", a réagi Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, lundi 30 mai sur franceinfo, après la finale de Ligue des champions marquée par des scènes de violence aux abords du Stade de France à Saint-Denis, samedi 28 mai.

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"Je réclame une enquête rapide, transparente sur ces dysfonctionnements", a-t-il ajouté, pointant du doigt le fait que "ce n'est pas la première fois qu'il y a de grands événements au Stade de France". Il s'agissait en effet de la troisième finale de Ligue des champions organisée dans cette enceinte.

franceinfo : Avez-vous constaté par vous-même une désorganisation ?

Stéphane Roussel : Je n'ai jamais vu une telle désorganisation autour du Stade de France. Ce n'est pas la première fois qu'il y a de grands événements dans cette enceinte car cela fait vingt-quatre ans que le Stade de France existe à Saint-Denis. C'est la troisième finale de la Ligue des champions qui est organisée. Jamais, jamais, je n'ai vu un tel niveau de désorganisation. Je suis très en colère. Je ne veux pas que la Seine-Saint-Denis et ses habitants soient les boucs émissaires de cette désorganisation. Je réclame une enquête rapide, transparente et approfondie sur ces dysfonctionnements et cette désorganisation.

La présence de faux billets est-elle, selon vous, la raison principale de cette désorganisation ?

Les organisateurs découvrent que, dans ce type d'événement, il y a le risque de faux billets ? Enfin, personne ne peut le découvrir puisque, semble-t-il, l'UEFA elle-même n'était pas favorable à l'édition de billets imprimés et privilégiait, justement, l'édition de billets électroniques. Si cette disposition avait été privilégiée, c'est bien qu'il y avait un risque qu'il y ait ces faux billets et donc un afflux de spectateurs et de supporters en nombre considérable. Jamais je n'ai vu autant de spectateurs autour du Stade de France à quelques minutes du coup d'envoi. Quand j'ai réussi à entrer, on avait le sentiment que le stade était déjà plein. Il y avait donc visiblement des gens qui n'avaient rien à faire autour du Stade de France. Par ailleurs, je demande aussi la transparence sur les effectifs de police qui étaient déployés autour du Stade de France. Je voudrais savoir comment ils étaient répartis. Combien y en avait-il aux Champs-Élysées ? Combien y en avait-il à Nation ? Combien autour du Stade de France ? Il nous faut des chiffres précis.

La préfecture de police de Paris, dans son premier rapport, évoque la présence de 300 à 400 jeunes venus des quartiers sensibles. L'avez-vous aussi constaté ?

Je suis en colère ce matin parce que je n'accepte pas que, comme toujours, l'extrême droite se déchaîne contre son objet de haine favori, la Seine-Saint-Denis et ses habitants. Je n'accepterai pas que nous soyons les boucs émissaires. On découvre que dans ces événements il y a quelques centaines d'individus, de voyous venus de toute l'Île-de-France, qui se donnent rendez-vous à l'occasion d'un événement exceptionnel ? Les services de renseignement et la police ne pouvaient-ils pas anticiper ce type de situation ? On voit bien que ce n'est pas ces quelques centaines d'individus qui font le poids par rapport à ces potentiels dizaines de milliers de spectateurs qui n'avaient pas de billets et qui étaient pourtant rassemblés là.

La France est-elle en mesure d'organiser de tels évènements, à un an de la coupe du monde de rugby et à deux ans des Jeux olympiques de Paris ?

En tout état de cause, ce qui s'est passé samedi doit être une alerte très sérieuse. Il faut que ce soit une alerte collective sur l'anticipation, le volume des moyens déployés, en termes de stadiers, de sécurité privée aux abords du stade, de moyens de police, d'organisation des transports, de consommation d'alcool aux abords du stade... ll faut qu'il y ait une analyse précise de ce qui s'est passé. Que la lumière soit faite sur l'ensemble des dysfonctionnements, y compris la manière dont les forces de police sont déployées et la doctrine d'emploi et de maintien de l'ordre public dans notre pays pour que les prochains organisateurs, de la coupe du monde de rugby et des JO, puissent anticiper de manière très sérieuse.

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