PSG et Lyon en demi-finales de la Ligue des champions : "C'est la preuve qu'il n'y a pas que l'équipe nationale qui peut passionner", estime Bernard Tapie

"Il faut dédramatiser et retirer de la pression", selon l'ancien président de l'Olympique de Marseille, Bernard Tapie, qui se souvient d'avoir opté pour cette stratégie lors de la finale de l'OM contre l'AC Milan en 1993.

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Bernard Tapie, le 19 août 2019 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

"C'est la preuve qu'il n'y a pas que l'équipe nationale qui peut passionner", a déclaré sur franceinfo Bernard Tapie, avant les deux demi-finales de Ligue des champions entre Paris et Leipzig mardi 18 août, puis Lyon face au Bayern Munich mercredi. L'ancien président de l'Olympique de Marseille met cependant les deux équipes françaises en garde : il faut "dédramatiser et retirer de la pression", surtout pour les joueurs qui ne sont "pas habitués à vivre ces grands événements".

franceinfo : Comment voyez-vous cette demi-finale entre le PSG et Leipzig ?

Bernard Tapie : Normalement, si on veut tenir compte de la réalité sportive sur le papier, je pense qu'il n'y a pas photo. Leipzig ne fait pas partie des grandes équipes européennes qui, jusqu'à présent, se sont imposées. Donc normalement, le Paris Saint-Germain doit gagner. Maintenant, le football n'est pas une science exacte. De temps en temps, il y a des surprises. Je ne sais pas pourquoi, peut-être pour mettre en condition, beaucoup de gens disent que ça va être accroché. Je n'y crois pas. Je pense vraiment que le PSG est en finale.

Le fait de retrouver deux clubs français en demi-finales de la Ligue des champions, ça vous rend heureux ?

C'est la preuve qu'il n'y a pas que l'équipe nationale qui peut passionner maintenant, car au plus haut niveau, on a des représentants. Après, il y a un danger. Je pense qu'il ne se posera pas avec le PSG, mais il peut se poser avec Lyon. J'ai été le responsable de la première défaite en finale de Ligue des champions [défaite de l'OM face à l'Etoile rouge de Belgrade en 1991]. Je n'avais pas l'habitude, mes joueurs non plus, et j'avais exagérément mis de la pression sur ce match, au point qu'ils étaient plus en déficit à la fois dans leur imaginaire, dans leur potentiel et dans leur talent.

Avec certains joueurs, surtout s'ils ne sont pas habitués à vivre ces grands événements, il faut faire comme on l'a fait pour la deuxième finale, se dire 'eh les mecs, c'est le plus beau jour de notre vie, alors on est heureux d'être là'.

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J'ai même fait venir les femmes qui ont passé la nuit de la finale avec leurs hommes à l'hôtel. C'est vous dire à quel point j'ai voulu tout à fait dédramatiser et retirer de la pression, parce que j'en avais trop mis lors de la première finale contre l'Etoile rouge.

Avec cette victoire de l'OM en 1993, la Ligue des champions a fait partie des plus grands moments de votre vie ?

De ma vie sportive, c'est incontestable. J'en ai eu quand même deux autres, que les gens ont oubliés. Les victoires dans le Tour de France avec Bernard Hinault puis Greg LeMond, etc. Ou le record de l'Atlantique à la voile. Ce sont quand même des moments où j'ai eu beaucoup de bonheur. Mais par contre, il n'y a que le football pour faire partager avec autant de monde ces instants de grâce. Donc ça restera pour moi le moment où j'ai eu l'impression que j'ai rendu le plus grand nombre de gens heureux.

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