Incident raciste dans le métro : les étranges justifications des fans de Chelsea

Les supporters accusés d'avoir empêché un homme noir de monter dans une rame du métro parisien, mercredi, se défendent d'avoir été racistes. Pour eux, la vidéo qui a capturé la scène a été sortie de son contexte.

Capture d\'écran d\'une vidéo montrant les supporters de Chelsea accusés de racisme dans le métro parisien, le 17 février 2015.
Capture d'écran d'une vidéo montrant les supporters de Chelsea accusés de racisme dans le métro parisien, le 17 février 2015. ( YOUTUBE)

Ça n'a pas traîné. Moins de deux jours après l'incident qui s'est déroulé en marge du match PSG-Chelsea dans une station du métro parisien, des médias ont retrouvé quelques supporters des Blues présents quand un usager noir a été violemment empêché de monter dans la rame. Les fans du club britannique chantaient alors : "Nous sommes racistes, nous sommes racistes et on aime ça." La scène a été capturée dans une vidéo. Voici les surprenantes justifications de ces supporters.

1 "Il n'y avait pas assez de place"

Pas question de laisser quelqu'un monter, car la rame de métro était pleine. C'est la première explication livrée par Mitchell McCoy. Ce fan de Chelsea qui se trouvait là a parlé à plusieurs médias. Il a dit à la radio LBC (en anglais) : "Oui, j'étais dans le wagon que l'on voit dans la vidéo. Le wagon était complètement plein, il n'y avait plus de place pour monter." Voilà pourquoi l'usager a été repoussé. A l'agence AP, Mitchell McCoy a répété : "Cet homme a essayé de monter mais plusieurs personnes l’ont repoussé parce qu’il n’y avait pas de place. Les gens disent que c’est parce que la personne est noire, mais ça n’a rien à voir."

2 "Il était agressif"

Mitchell McCoy ne s'arrête pas là. Selon lui, l'homme "était vraiment agressif". Il poursuit : "Il essayait de pousser. Je dirais que c'était de l'autodéfense de le repousser, parce qu'il avait l'air d'être violent."

3 "C'était un supporter du PSG"

Phil, 16 ans, rencontré avec ses amis par le Daily Mail (en anglais) à la gare de Saint Pancras, à Londres, explique que la vidéo est sortie de son contexte. "Nous étions trois wagons plus loin. En gros, de nombreux fans du PSG essayaient de monter dans le métro depuis le quai et c'était l'un d'entre eux", dit-il. Pourtant, sur la vidéo, l'homme ne semble pas porter les couleurs du PSG. "Ce n'est pas que ce mec était noir, personne ne voulait laisser monter un fan du PSG. C'était difficile de voir ce qui se passait, mais tout le monde a commencé à chanter."

4 "Le chant n'a rien à voir avec l'incident"

Enfin, le chant ("Nous sommes racistes, nous sommes racistes, et nous aimons ça") n'aurait rien eu à voir avec l'incident. Pour Phil, "nous chantions la chanson raciste de John Terry. Le chant vise à soutenir John Terry." En 2012, le capitaine des Blues a été condamné par sa fédération à quatre matchs de suspension et 220 000 livres d'amende pour avoir tenu des propos racistes à l'encontre d'un autre joueur.

Mitchell McCoy, un peu hésitant, explique ne pas avoir entendu ces paroles. Puis il explique que "ce n'était pas lié [au fait de ne pas laisser monter l'homme]. La presse essaie de monter quelque chose à partir de rien." Au moment de l'incident, selon le Guardian (en anglais), il a envoyé plusieurs tweets (depuis effacés) dont celui-ci : "Notre capitaine est un raciste, un raciste, un raciste et c'est pour ça que nous l'adorons, l'adorons, l'adorons." 

Un supporter des Blues présent dans le wagon a aussi été reconnu par le journal britannique. Ce jeune homme avait posé, il y a quatre mois, au côté de Nigel Farage, le leader de l'Ukip, le principal parti d'extrême droite outre-Manche.