Le fichage ethnique au PSG aurait été plus étendu qu'annoncé initialement

Un document produit par le quotidien "L'Equipe" montre qu'un fichage ethnique était aussi en vigueur dans la cellule de recrutement Ile-de-France.

Un détail du maillot du Paris Saint-Germain, en 2015. (Photo d\'illustration)
Un détail du maillot du Paris Saint-Germain, en 2015. (Photo d'illustration) (FRANCK FIFE / AFP)

Le fichage ethnique au recrutement du centre de formation du Paris SG était en vigueur, y compris en Ile-de-France. Le quotidien L'Equipe produit, jeudi 15 novembre, un document selon lequel des critères ethniques apparaissent sur des fiches de la cellule Ile-de-France, fragilisant la défense du club.

Cette révélation est embarrassante pour le PSG : ciblé par les révélations des "Football Leaks" la semaine dernière, le club avait plaidé que le fichage ethnique en son sein avait été le fruit d'une "initiative personnelle du responsable" de la "cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France", c'est-à-dire Marc Westerloppe, parti début 2018 à Rennes.

"BC" pour "blanc", "BK" pour "black", "BR" pour "beur", "M" pour "métis" et "AS" pour "asiatique" : c'est la classification – illégale en France – qui a été utilisée sur des fiches d'évaluation de recrues potentielles en région parisienne. La semaine dernière, Le Parisien l'évoquait déjà, mais L'Equipe en apporte la preuve en produisant un document sur son site internet.

"Pas de cas avéré de discrimination", selon l'enquête interne du PSG

"Le document que nous avons pu consulter est un rapport d'activité de mai 2017. Et le fichier informatique est daté de 2002", écrit L'Equipe, qui estime que "cette nomenclature pourrait donc être en vigueur depuis longtemps". Les terminologies diffèrent, rappelle L'Equipe, puisque celle employée par la cellule hors Ile-de-France, révélée la semaine dernière par plusieurs médias européens dont Mediapart et "Envoyé Spécial", faisait état des catégories "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain".

A la suite de ces premières révélations, la Ligue française des droits de l'Homme a porté plainte contre X vendredi pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques".

Jeudi soir, le PSG a communiqué les résultats de son "enquête interne" sur ces révélations. Elle "démontre qu'il n'y a pas eu de cas avéré de discrimination", affirme le club dans un communiqué. "Cette enquête a confirmé la mise en place de fiches avec un critère d'origine durant la période 2013-2017. Ces fiches sont à l'initiative propre du responsable de la cellule Province", indique le club, après une rencontre avec la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. "Malgré leur existence, il n'y a pas eu de processus de discrimination au niveau de l'observation, de l'évaluation et du recrutement de jeunes joueurs."