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Euro 2016 : pourquoi Deschamps risque de devoir se passer de Varane

Victime d'une blessure "très grave" à une cuisse, le défenseur sera absent "au moins deux ou trois semaines", a annoncé, mardi, son club du Real Madrid. Ce qui compromet très fortement la présence du Français pour l'Euro. 

Article rédigé par Simon Gourmellet
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Raphaël Varane, lors du match France-Russie, le 29 mars 2016 au stade de France. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / NURPHOTO / AFP)

La tuile. A 17 jours du début de l'Euro en France, Raphaël Varane, le patron de la défense des Bleus, est annoncé absent pour "au moins deux ou trois semaines". La faute à une lésion aux ischio-jambiers de la cuisse gauche. Le voilà donc forfait pour au moins les deux premiers matchs de poule de la compétition.

Alors Didier Deschamps doit-il tout de même le sélectionner et espérer son retour en pleine forme au cours de la compétition ? Francetv info revient sur les arguments qui peuvent pousser le sélectionneur à faire l'impasse sur un des piliers de son équipe. 

Parce que sa blessure pourrait être plus grave que prévu

Si Zinédine Zidane, son entraîneur au Real Madrid, estime que son joueur est indisponible pour "au moins deux ou trois semaines", dans l'entourage des Bleus et de son club, on se montre moins optimiste. Ce serait, en effet, plutôt quatre semaines d'indisponibilité, selon L'Equipe, "et encore, en restant optimiste", ajoute le quotidien sportif. Dans ce cas, son retour à la compétition n’interviendrait que pour un éventuel huitième de finale, le 25 ou le 26 juin. S'il garde Raphaël Varane, Didier Deschamps devra ensuite se confronter au dur choix de reléguer sur le banc celui qui aura joué le pompier de service lors des premiers matchs.

Parce qu'il y a les jurisprudences Zidane et Viera

Ce qui arrive à Raphaël Varane constitue la principale crainte des sélectionneurs avant une grande compétition : un joueur majeur qui se blesse et ne parvient jamais à revenir. Deux exemples doivent rester dans l'esprit du coach français : Zinédine Zidane en 2002, victime d'une élongation à la cuisse gauche, lors d'un match préparatoire, à deux semaines du début du Mondial en Corée du Sud. Roger Lemerre, sélectionneur à l'époque, ne peut se résoudre à se séparer de la star de l'équipe. Zinédine Zidane joue quand même, sur une jambe, le dernier match des Bleus contre le Danemark, mais ne parvient pas à empêcher l'élimination de la France après une défaite 2-0.

Même galère en 2008 et même feuilleton médiatique autour du choix de Raymond Domenech de garder Patrick Vieira, blessé à quelques jours de l'ouverture de l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche. Là encore, le sélectionneur des Bleus d'alors n'ose pas écarter l'un des artisans du Mondial de 2006. Le milieu de terrain veut s'injecter de l'Actovegin, remède à base de sang de veau, sur les conseils du médecin du Bayern Munich, comme le rappelle Eurosport. Le staff médical des Bleus refuse, et Vieira dénonce "des incohérences" en conférence de presse. Il ne jouera pas un match de cet Euro raté, au cours duquel les Français sont balayés dès le premier tour.

Parce qu'on peut gagner en changeant de charnière

Mais oui, c'est possible ! Les Bleus peuvent suivre l'exemple de l'Allemagne championne du monde en 2014, qui a changé trois fois de charnière centrale durant la compétition. Joachim Löw alternant entre Jérôme Boateng, Mats Hummels et Per Mertesacker.

L'heure n'est plus aux tests ? Certes, mais, déjà privé de Mamadou Sakho, suspendu jusqu'au 28 mai pour infraction au code antidopage, l'arrière-garde bleue, guère fringante sur le terrain depuis deux ans, n'a plus rien à perdre. Cette blessure va obliger le coach à trouver la moins mauvaise des combinaisons lors des derniers matchs de préparation (face au Cameroun le 30 mai et à l'Ecosse le 4 juin). Pour le moment, ce sont les deux gauchers, Eliaquim Mangala et Jérémy Mathieu, qui tiennent la corde pour épauler dans l'axe Laurent Koscielny. Même si ces deux joueurs ne possèdent pas une grosse expérience internationale (sept sélections pour Mangala, cinq pour Mathieu) et qu'ils n'ont jamais été très souverains lors de leurs rares apparitions en bleu, ils jouent tous les deux dans des équipes ayant atteint au moins les quarts de finale de la Ligue des champions. On a vu pire comme CV. 

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