"Avec l'Euro cette année, c'est sûr, je vais rater mon bac..."

Difficile de concilier les grandes compétitions sportives et les épreuves du baccalauréat. Alors que beaucoup de candidats sont actuellement confrontés à ce dilemme, les plus âgés se souviennent de leur expérience en 1984 ou 1998.

Une lycéenne de terminal revise avant le bac. (Photo d\'illustration)
Une lycéenne de terminal revise avant le bac. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

Le bac pendant l'Euro... Quelle mauvaise coïncidence de calendrier ! Surtout quand on est fan de foot et que l'on doit bachoter en même temps. Mercredi 15 juin, l'épreuve de philosophie donnera le coup d'envoi des examens. Et certains ont bien du mal à boucler leurs révisions, tentés par un Espagne-République tchèque ou un Belgique-Italie en lieu et place d'un exercice de maths ou de la réalisation d'une carte de géographie...

Les grandes compétitions internationales organisées en France ont-elles une influence sur les résultats de l'examen ? Difficile de se faire une idée au regard des statistiques du taux de réussite des 35 dernières années. En baisse lors de l'Euro de 1984, en légère hausse l'année du Mondial 98. 

Interrogé par francetv info, le ministère de l'Education nationale ne sait pas expliquer l'effondrement du taux de réussite de la session 1984, année où la France a accueilli et remporté le championnat européen : "Faire un lien avec l'Euro serait un raccourci trop facile." Car, inversement, lors du Mondial 1998, le succès au bac est supérieur de 1,6 point par rapport à l'année précédente. 

Quoi qu'il en soit, lors de chacun de ces événements, se pose une question essentielle pour les lycéens amoureux du ballon rond : comment concilier études et passion du foot ? Car la tentation est grande de suivre la compétition. Souvent, il a fallu définir une stratégie.

"En 1998, j'enregistrais les matchs sur cassette"

Quelques années en arrière, Guillaume se souvient de la période du Mondial 98, alors qu'il était en pleine période d'examen. "La veille de l'épreuve de philo, je n'ai regardé que la première mi-temps alors que le match Allemagne-Etats-Unis était très bon", se souvient le bachelier de Cahors (Lot). Alors il avait trouvé une astuce : "Les rencontres d'après-midi étaient rediffusés la nuit alors je les enregistrais sur cassette pour pouvoir les regarder ensuite." 

Le résultat de son examen est tombé le jour de la demi-finale entre la France et la Croatie, remportée 2 buts à 1 par les Tricolores. A la clé donc, une "double grande fête" pour célébrer la qualification en finale et la mention Assez Bien décrochée. "Finalement, je n'ai raté aucun match des Français."

La même année, à Marseille, Xav a vécu la même situation : "L'épreuve de philo a eu lieu au lendemain de la rencontre Angleterre-Tunisie (2-0) avec les incidents que l'on connaît. Etant fan de foot, les révisions n'ont pas été simples et je n'ai réellement profité de l'événement qu'à partir des demi-finales... Mais j'ai eu mon bac !"

"Ils pouvaient pas mettre l'Euro après le bac ?"

Autre hasard du calendrier, cette année, ce sont les jeunes nés en 1998 qui passent le bac. Sur Twitter, ils sont nombreux, parmi les 695 000 candidats à cette session 2016, à faire part de leur déception de voir les deux événements se télescoper : 

Carole, scolarisée cette année en terminale S près d'Amiens (Somme), a choisi de "suivre les résultats avec une application qui me donne les scores en direct. Je fais des pauses donc je peux me permettre de suivre l'actualité entre deux. J'aurais aimé suivre ça de plus près car j'aime les grands événements sportifs, mais je me rattraperai après le bac".

Mais pour d'autres, la période est beaucoup plus compliquée à vivre. Thomas, 18 ans, ne révise qu'entre les matchs, "sans planning établi". Amoureux du sport et joueur de foot depuis qu'il a 5 ans, il n'a loupé aucune rencontre depuis le lancement de l'Euro, vendredi. "Je m'arrange toujours pour être à l'heure devant mon écran", explique celui qui s'apprête à passer son bac Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable (STI2D) à Valenciennes (Nord).

"Je suis plus stressé pour l'Euro que pour la philo"

"Je suis bien plus tenté de regarder l'Euro, peu importe l'équipe, que de plonger dans mon cahier de philo ou de maths, poursuit Thomas. A vrai dire, je suis plus stressé en pensant à la victoire de la France, la Belgique ou l'Angleterre qu'à l'épreuve qui m'attend mercredi." Quant aux résultats de l'examen, il se veut confiant mais appréhende la réaction de ses parents, "s'ils sont mauvais".

"C'est possible de bien faire les deux", témoigne Julien depuis Annecy (Haute-Savoie), même s'il le reconnaît : "Avoir la tête aux révisions en ce moment, c'est compliqué. Mercredi, je regarderai France-Albanie, même si j'ai une épreuve à 8 heures le lendemain. Mes parents me font confiance."

Difficulté supplémentaire, pendant ce type de période, il est difficile, voire impossible, de passer à côté de l'événement et de faire comme s'il n'existait pas. L'Euro alimente les conversations entre amis. Alors, pour ceux qui n'ont pas la chance de passer le bac pendant une année creuse, sans Coupe du monde ni Euro, une règle d'or : ne pas se laisser abattre. Comme cet internaute, bachelier en 2015, le soulève : "Avoir la forme est aussi important que les révisions !"