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Epreuve de force entre l'AS Monaco et le foot français

A deux doigts de renouer avec la Ligue 1, le club et la Fédération française de foot s'écharpent sur une histoire de gros sous.

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France Télévisions
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Le président de l'AS Monaco, Dmitry Rybolovlev, le 4 mai 2013, à Monaco. (VALERY HACHE / AFP)

Rien ne va plus entre Monaco et le foot français. A deux doigts de renouer avec la Ligue 1, le club et la Fédération française de foot s'écharpent sur une histoire de gros sous : 200 millions d'euros dont on ignore s'ils ont été réclamés par la FFF ou proposé par l'AS Monaco pour régler une vieille histoire de fiscalité. Retour sur cette bataille en 5 actes.

Acte 1 : la LFP exige un siège social en France

Sous la pression de plusieurs clubs, le 21 mars, le Conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP) décide d'obliger toute équipe évoluant dans un championnat professionnel français à posséder son siège en France à compter de juin 2014. La LFP veut faire preuve d'équité fiscale. Monaco grince des dents et estime que cela menacerait directement sa survie, expliquent nos collègues de francetv sport.

Depuis l'après-guerre, un accord spécial lie le club de la principauté à la L1. L'enjeu est d'importance pour Monaco et l'ancien oligarque russe Dmitry Rybolovlev, 119e fortune mondiale selon Forbes, et nouveau propriétaire du club depuis décembre 2011. Il nourrit de grandes ambitions pour son équipe. L'homme d'affaires a racheté le club en décembre 2011 pour en faire à terme un abonné à la Ligue des champions et il rêve d'attirer sous le soleil monégasque des joueurs de renom. A cette fin, la fiscalité avantageuse de la Principauté constitue un élément clé de son dispositif.

Le sujet est aussi éminemment politique puisque le gouvernement du Rocher a déjà apporté son soutien à l'ASM au nom des accords existants entre l'Etat français et son homologue monégasque. 

Acte 2 :  discussions

La tension sembe se dissiper le 18 avril. On annonce des discussions menées par la Fédération française de football (FFF) et la LFP avec Monaco pour trouver un compromis que le ministère des Sports serait ensuite chargé d'inscrire "dans un cadre légal adapté"

Acte 3 : Monaco veut attaquer la FFF en justice 

Mais dimanche 5 mai, le conflit s'envenime. Dans un communiqué, le club monégasque, rapporte une rencontre entre le propriétaire de l'ASM, Dmitry Rybolovlev, et le président de la FFF. "Noël Le Graët, agissant pour le compte de la FFF et de la LFP, aurait réclamé au club monégasque une somme de 200 millions d'euros pour mettre fin au conflit actuel sans avoir à délocaliser son siège en France", écrit le club.

Le club tempête et qualifie cette demande de "totalement inacceptable". Il y voit un "manque de reconnaissance" après avoir "investi depuis longtemps des sommes importantes dans le football français, formé des internationaux français et représenté fièrement le football hexagonal en Coupes d'Europe". Il annonce finalement son intention d'agir en justice pour "réclamer à la LFP l'annulation de la décision du 21 mars ainsi que des dommages et intérêts".

Plus insidieusement, l'affaire jette un froid sur les relations entre la FFF et la LFP. Le 18 avril, la Fédération et la Ligue avaient décidé de mener en commun des discussions pour régler leur différend avec Monaco. Or, selon une source proche du dossier, le président de la FFF aurait agi de manière individuelle, sans avertir la LFP de sa rencontre avec Rybolovlev vendredi. Déjà, le 2 avril, au sujet de la taxe à 75% sur les gros salaires, Noël Le Graët avait semé le trouble en déclarant que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui avait assuré que les clubs professionnels en seraient exonérés. Il avait très vite dû faire marche arrière devant le démenti de Matignon.

Acte 4 : la FFF dit que la proposition venait de Monaco

En face, la FFF réplique dans un communiqué que c'est le club de Monaco et non Noël Le Graët qui aurait proposé le versement de ces 200 millions d'euros.

"Conformément à la décision de son Comité exécutif du 18 avril dernier, la Fédération française de football avait décidé d’organiser une réunion entre la Fédération, la Ligue de football professionnel (LFP) et l’AS Monaco dans la semaine du 20 mai. Des discussions préliminaires avaient été entamées avec des représentants de l’AS Monaco, discussions au cours desquelles le montant de 200 millions d’euros a été avancé par l’AS Monaco, selon un échéancier et des modalités à définir", affirme la FFF. "Afin de préparer cette réunion entre toutes les parties concernées, une rencontre a été organisée vendredi, à la demande du club, entre MM. Le Graët et Rybolovlev », a indiqué la 3F dans un communiqué. Le flou reste total.

 Acte 5 : l'ASM dément

Une affirmation toutefois démentie par Jean-Louis Campora vice-président de Monaco, dans une déclaration transmise à l'AFP. "L'AS Monaco n'a jamais fait de proposition financière ni à la FFF ni a la LFP", a-t-il indiqué.

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