Foot : un maire de Haute-Saône demande à Mbappé, Pavard et Hernandez de refuser la Légion d'honneur

Le maire du village de Loulans-Verchamp demande aux jeunes champions du monde de l'équipe de France de participer au devoir de mémoire en mettant la lumière le sacrifice des jeunes Français tombés au camp d'honneur pendant la guerre de 14-18.

Kylian Mbappé célèbre un but inscrit contre Guingamp en Ligue 1, le 18 août 2018, au stade du Roudourou à Guingamp (Côtes-d\'Armor).
Kylian Mbappé célèbre un but inscrit contre Guingamp en Ligue 1, le 18 août 2018, au stade du Roudourou à Guingamp (Côtes-d'Armor). (FRED TANNEAU / AFP)

La requête peut paraître surprenante. Jean-Paul Prétot, maire de Loulans-Verchamp (Haute-Saône), a écrit une lettre à la Fédération française de football pour demander aux jeunes joueurs de l'équipe de France de refuser la Légion d'honneur, indique L'Est républicain, le 16 août 2018. Le gouvernement souhaite récompenser les champions du monde avec cette distinction dans les prochains mois.

Sur deux pages, l'édile suggère à Kylian Mbappé, Benjamin Pavard et Lucas Hernandez de refuser l'insigne honorifique et de la "dédicacer à tous les héros anonymes qui ont combattu pour notre pays". Il estime qu'un footballeur recevant la Légion d'honneur, au moment où la France s'apprête à commémorer le centenaire de l'armistice de la guerre de 14-18, "paraîtrait presque indécent".

"Cela aurait autant d’impact auprès des jeunes que les commémorations"

Jean-Paul Prétot assure qu'il ne cherche pas "la polémique" et rend hommage à "une grande équipe de footballeurs qui nous ont fait vibrer cet été", mais il en appelle au devoir de mémoire des jeunes champions du monde : "Si un seul d’entre vous acceptait cette démarche avec un petit communiqué, ça aurait autant d’impact auprès des jeunes que les commémorations qui seront organisées le 11 novembre."

Comme le rappelle le maire de cette commune de 460 habitants, au "coup de sifflet final" de la Première Guerre mondiale, la France a pleuré 1,7 million de morts ou disparus. Et  elle a vu quatre millions de blessés "rentrer chez eux traumatisés et bien souvent tombés dans l’oubli".