Mondial 2019 : boissons autorisées dans le public, pauses fraîcheur… Comment la Fifa tente de garder la tête froide face à la canicule

Un dispositif particulier a été mis en place pour limiter les effets de la chaleur sur les joueuses et les spectateurs dans les stades.

La Brésilienne Marta boit de l\'eau, lors du huitième de finale de la Coupe du monde contre la France, le 23 juin 2019, au Havre (Seine-Maritime).
La Brésilienne Marta boit de l'eau, lors du huitième de finale de la Coupe du monde contre la France, le 23 juin 2019, au Havre (Seine-Maritime). (MIRKO KAPPES / FOTO2PRESS / AFP)

C'est l'adversaire surprise des quarts de finale de la Coupe du monde féminine. Avec un mercure qui pourrait atteindre les 40 °C, la canicule fait aussi transpirer à grosses gouttes les responsables de la Fifa, qui n'avaient pas vraiment prévu ça. Branle-bas de combat, donc : pour limiter les effets de la chaleur sur les joueuses et les spectateurs dans les stades, la fédération internationale de football a mis en place plusieurs mesures.

Des pauses fraîcheur pour les joueuses

Première mesure : la pause fraîcheur. Ou cooling break en anglais. En plus de la traditionnelle mi-temps de quinze minutes, les joueuses ont droit pendant le match à deux de ces pauses, de trois minutes chacune. D'abord à la 30e minute, puis à la 75e. Mis en place lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, ce dispositif a pour but d'éviter les malaises liés à la déshydratation. C'est le coordonnateur de la Fifa et le délégué du match qui décident une heure avant le coup d'envoi de mettre en place ou non le cooling break, si la température annoncée est supérieure ou égale à 32 °C. Américaines et Espagnoles ont été les premières de la Coupe du monde féminine à profiter de cette mesure, lundi, lors de leur 8e de finale à Reims (Marne).

Les Françaises devraient également y avoir droit, vendredi soir, contre les Etats-Unis en quart de finale. Le match a lieu sur la pelouse du Parc des Princes, à Paris, où il pourrait faire 40 °C. Des pauses plus informelles peuvent aussi avoir lieu, mais elles sont à l'appréciation de l'arbitre. 

Sage décision, salue Frédéric Schnell, cardiologue au CHU de Rennes, que franceinfo a contacté. Car jouer au football en plein cagnard n'est pas sans risques sur la santé. "Il faut être beaucoup plus vigilant, explique le spécialiste. Les footballeuses vont devoir lutter en permanence contre l'augmentation de la température."

Une partie du sang va davantage servir à vasculariser la peau pour pouvoir évacuer la chaleur. Ce qui signifie qu'il y a moins de sang pour aider à l'effort physique en tant que tel.Frédéric Schnell, cardiologueà franceinfo

En revanche, dans le règlement de la compétition que franceinfo a pu consulter, à aucun moment n'est évoquée la possibilité d'avancer ou de reculer le coup d'envoi d'une rencontre en cas de chaleur trop étouffante. Un bon observateur du foot s'amuse : "Il est certain que ce serait mieux de jouer les matchs de la semaine le matin, mais il y a des impératifs liés à la compétition. Je vois franchement mal la Fifa décider de changer l'horaire alors que tout est retransmis en mondovision. Disons que c'est un peu naïf d'y croire."

Une vigilance accrue du corps médical

Frédéric Schnell se veut rassurant : "A condition de bien s'hydrater, un effort de 90 minutes, même par 38 ou 40 °C, est envisageable pour un athlète de haut niveau." Il nécessite en revanche davantage de vigilance, et c'est une autre consigne passée par la Fifa aux équipes encore en lice. "La santé des joueurs est au cœur de l'attention", martèle la fédération internationale à franceinfo. 

En gros, et même si elles le savent déjà, il est demandé aux équipes médicales de bien surveiller le comportement des joueuses depuis le banc de touche. "Il y a des signaux importants, continue Frédéric Schnell, qui est aussi le cardiologue référent pour la compétition à Rennes. Si une joueuse prend soudainement de moins bonnes décisions avec son ballon, si les déplacements paraissent plus compliqués à effectuer, si une joueuse a tendance à traîner la jambe, à souffler… Il faut commencer à s'alerter."

Le vrai risque, c'est le coup de chaleur, qui peut amener des troubles du comportement ou des hallucinations.Frédéric Schnell, cardiologueà franceinfo

Pour se préparer au mieux au choc face aux Américaines, les Bleues ont donc réaménagé leur planning d'entraînement sur les pelouses de Clairefontaine (Yvelines). Avec des séances plus tôt le matin, plus tard le soir, plutôt qu'en milieu de journée. 

Plus de souplesse avec les spectateurs…

Taquiner le cuir par 40 °C, c'est dur. Mais regarder des gens en train de taquiner le cuir par 40 °C, c'est aussi une certaine idée de l'enfer. Des mesures préventives ont donc été mises en place pour que les spectateurs passent malgré tout un agréable moment dans les stades. A Reims, lundi soir, le public venu assister au 8e de finale entre les Etats-Unis et l'Espagne a par exemple été exceptionnellement autorisé à faire entrer des boissons jusqu'à 600 ml et de la crème solaire à l'intérieur du stade.

Contacté par franceinfo, le Comité d'organisation explique qu'un message est également envoyé à tous les détenteurs de billets pour les sensibiliser aux fortes chaleurs attendues. Il dit ceci : "Pensez à vous hydrater régulièrement et protégez-vous". Dans l'enceinte du stade, les speakers font aussi des annonces au micro pour rappeler les bons réflexes. 

… et avec les bénévoles

Le Comité d'organisation et la Fifa, qui sont en lien permanent avec Météo France, ont aussi décidé d'assouplir les conditions de travail de leur personnel face aux risques dus aux fortes chaleurs. Les organisateurs expliquent à franceinfo avoir prévu "plus de pauses et plus de bouteilles d'eau" pour les bénévoles et les employés. Des "ventilateurs supplémentaires" ont également été disposés "dans les loges, vestiaires et salles de presse".