Match Paris-FC/Lyon interrompu : les Ultras lyonnais "n’auraient jamais dû mettre les pieds" au stade Charléty, pour le président du club parisien

Le président du Paris-FC, Pierre Ferracci, a réclamé ce vendredi sur franceinfo des "sanctions" contre l'Olympique lyonnais, après ces nouveaux incidents. 

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Radio France
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Les débordements lors du match entre Paris-FC et Lyon au stade Charléty, à Paris, le 17 décembre 2021.   (BERTRAND GUAY / AFP)

Le match entre le Paris-FC et Lyon a été définitivement arrêté vendredi 17 décembre, après des incidents. Le président du Paris Football Club assure sur franceinfo que "le groupe des Ultra lyonnais s’est déchaîné" et estime qu’ils n’auraient "jamais dû mettre les pieds" au stade Charléty, à Paris. Pierre Ferracci demande par ailleurs des "sanctions" contre l’Olympique lyonnais et tient pour responsable le dirigeant du club, Jean-Michel Aulas.

franceinfo : Que s'est-il passé de votre point de vue ?

Pierre FerracciD'abord, j'ai vu un stade bien plein pour un beau match, avec une première mi-temps très équilibrée. Et puis, après la mi-temps, soyons clairs, il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus, le groupe des Ultras lyonnais s’est déchaîné. Ces gens-là n'auraient jamais dû mettre les pieds à Charléty, tout simplement. On les connaît, on sait qui ils sont. Un certain nombre d'entre eux est arrivé en retard au stade, ce qui les a sans doute excités davantage. Et visiblement, ni les forces de police ni les responsables de sécurité qu'on avait mis en place n'ont pu endiguer cette violence. Et l'arbitre a décidé avec les délégués d'arrêter le match.

Pour vous, les dirigeants lyonnais ont-ils leur part de responsabilité ?

Il m'arrive de défendre Jean-Michel Aulas. Mais je lui ai dit tout à l'heure que s'il ne règle pas ce problème de supporters violents, son club allait couler et le football français allait en pâtir gravement. Moi, j'en ai marre qu’aujourd'hui, 35 ou 36 clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 pâtissent du comportement de quelques clubs qui ne gèrent pas leurs supporters violents. Moi aussi, j'ai un kop. Il est plus petit, mais quand ils lancent un fumigène qui n'est pas autorisé, on va les voir, et on leur dit très tranquillement que s'ils ne gèrent pas les quelques énergumènes en leur sein, ils vont rester à la porte du stade, tous. C'est ça qu'il faut faire aujourd'hui. Il faut arrêter de se retrancher derrière deux ou trois voyous. Il n’y en a pas deux ou trois. Il y en a plusieurs dizaines et il ne fallait pas qu'ils viennent à Charléty. Ils sont venus pour être violents. Ils ne viennent pas pour voir des matchs de foot.

Dans quel état d’esprit était le président de l’OL lorsque vous lui avez parlé ?

Jean-Michel Aulas m'a semblé un peu moins percutant que d'habitude. J’ai l’impression qu’il était en train de subir les évènements. Je le crois suffisamment intelligent et grand stratège pour reconnaître que le problème est chez lui. Il n'est pas au Paris FC. Le problème, il est chez lui, et il le sait très bien. Donc là, je vais attendre la décision sur le plan sportif que la Fédération va prendre. Nous avons un championnat de Ligue 2 dans lequel nous sommes bien placés aujourd'hui. Nous jouerons mardi contre Amiens et je ne sais pas ce que je vais faire si le match est reporté. Je pense qu'il faut qu'il y ait des sanctions, que le Paris FC n'a aucune raison de subir la moindre sanction. Il faut taper très fort.

Toutes les mesures de sécurité avaient-elles été prises en amont pour éviter les débordements ?

Toutes les mesures de sécurité sont prises. On est dans le football, mais ça devient très violent. Qu'est-ce que vous voulez que fasse un club de Ligue 2, même en mobilisant des moyens de sécurité beaucoup plus importants que d'habitude ? Beaucoup plus important que ceux qu'on avait mobilisés pour le match, il y a deux ans, de barrage contre Lens, il y avait aussi 15 000 personnes dans le stade, dont la moitié de Lensois. Il n'y a pas eu le moindre incident. On m'a même remis un trophée du fair-play, d'ailleurs, parce que j'avais ouvert le parcage visiteur et au-delà des 1 500 supporters qui leur était dû.

Attendez-vous une réaction de la ministre des Sports ?

J'attends quelque chose de la ministre des Sports, du ministre de l'Intérieur, mais j'attends aussi quelque chose de la Ligue et de la Fédération parce que maintenant, il faut arrêter de finasser. Je pense qu'il y a un problème aujourd'hui de gouvernance des instances du football et notamment de la Ligue, parce que les clubs qui s'étripent sur la place publique, ce sont des clubs qui sont aussi administrateurs de la Ligue. Donc quand on est un administrateur, d'une part, on n'a pas le droit, je pense, de s'étriper sur la place publique. Mais on a un peu plus de responsabilités que ceux qui ne sont pas aux commandes. Donc moi je vais demander maintenant que la Ligue prenne ses responsabilités et la refonte de la gouvernance de la Ligue, ce n'est pas simplement de passer les administrateurs de 25 à 17 comme c'est proposé pour le printemps prochain.

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